Un traitement d’immunothérapie d’avant-garde aide à prolonger la vie

11 mars 2019

lifesaving research Le cancer colorectal est le deuxième type de cancer le plus répandu chez les Canadiens, alors qu’environ 26 800 personnes reçoivent un tel diagnostic chaque année. S’ils sont nombreux à y survivre, la triste réalité, c’est que près de 9400 Canadiens mourront d’un cancer colorectal cette année. C’est la raison pour laquelle un nouvel essai clinique génère autant d’espoir et de promesses chez de nombreuses personnes.

Cet essai clinique, mené par le Groupe canadien des essais sur le cancer (GCEC) avec le soutien financier de la Société canadienne du cancer (SCC), a permis de découvrir qu’une nouvelle approche en immunothérapie avait le potentiel de prolonger la vie des personnes atteintes de cancer colorectal chez qui tous les autres traitements ont échoué.

L’essai, le premier à répartition aléatoire au pays, a révélé que l’association de deux médicaments immunothérapeutiques s’avérait efficace chez les personnes dont on croyait le cancer colorectal résistant à ce type d’immunothérapie. Jusqu’à tout récemment, l’immunothérapie était un traitement qui ne fonctionnait que chez 5 à 10 % des personnes atteintes de cancer colorectal dont les tumeurs portaient une signature génétique particulière. L’essai a clairement démontré que l’immunothérapie avait le potentiel de profiter à un nombre beaucoup plus important de personnes que ce que l’on pensait initialement.

Dans le cadre de l’essai, les chercheurs ont étudié l’association de ces médicaments immunothérapeutiques chez des personnes dont le cancer colorectal ne portait pas cette signature génétique, et qui avaient épuisé toutes les options de traitement existantes. Les participants ont été choisis de façon aléatoire afin de recevoir soit la combinaison de médicaments associée à d’autres soins de soutien (tels qu’un traitement pour la gestion de la douleur), soit les soins de soutien uniquement, ce qui constitue la norme actuelle en matière de soins dans les cas de cancer colorectal à un stade avancé résistant aux traitements.

Les chercheurs ont découvert que les personnes qui recevaient l’association des deux médicaments en plus des soins de soutien couraient 35 % moins de risque de mourir, sans pour autant éprouver une baisse de leur qualité de vie résultant du traitement. L’essai a recruté 180 patients provenant de 27 centres répartis partout au Canada. L’une de ces personnes était Lucy Chang, à qui l’on a proposé de participer à l’essai après que son cancer colorectal eut échoué à réagir à toutes les autres options de traitement.

« Depuis les 18 derniers mois, je suis capable de mener une vie beaucoup plus normale tout en contrôlant mon cancer, ce qui est important pour moi et pour ma famille », a expliqué Lucy.

Les deux médicaments utilisés dans le cadre de cet essai, le durvalumab et le tremelimumab, appartiennent à une catégorie de traitement connue sous le nom d’inhibiteurs du point de contrôle immunitaire. Ils agissent en bloquant certaines protéines spécifiques afin que les cellules du système immunitaire puissent attaquer et détruire les cellules cancéreuses. Des études sont en cours afin de mieux comprendre quels sont les patients qui ont le mieux profité de ce traitement. Les résultats doivent par ailleurs être confirmés par des essais à plus grande échelle, avant que cette approche ne puisse devenir la nouvelle norme en matière de traitement.

Chaque année, la SCC investit près de 5 millions de dollars dans les projets de recherche du GCEC, lui permettant ainsi de mener des essais sur le cancer d’une importance capitale, tels que celui-ci. Depuis 1980, grâce aux essais cliniques, des centaines de médicaments ont fait l’objet d’essais pour vérifier s’ils pouvaient sauver des vies, et 80 000 personnes ont reçu des traitements d’avant-garde. Vous pouvez nous aider à sauver plus de vies et à donner espoir à d’innombrables personnes en offrant le cadeau du Soutien au financement des essais cliniques.