Insuffler la vie à la recherche sur le cancer du poumon

01 novembre 2015

Le cancer du poumon tue deux fois plus de Canadiens que les cancers du sein et de la prostate réunis. Il s’agit de la première cause de mortalité par cancer chez les hommes et les femmes au Canada; près de 27 % des décès par cancer sont dus au cancer du poumon.

On estime que 26 600 Canadiens recevront un diagnostic de cancer du poumon en 2015 et que 20 900 mourront d’un cancer du poumon. Le tabagisme en est la principale cause; l’exposition au radon constitue la deuxième cause connue et, selon les estimations, est responsable d’environ 3000 décès par cancer du poumon au Canada chaque année.

Il y a 30 ans, 14 % des Canadiens ayant reçu un diagnostic de cancer du poumon franchissaient le cap des cinq ans de survie. Aujourd’hui, la situation est à peine meilleure, le taux de survie après cinq ans se situant à 17 %. Il nous faut mener plus de recherches afin de pouvoir détecter et traiter le cancer du poumon plus tôt, et même prévenir son apparition.

Financement de la recherche sur le cancer du poumon par l’Institut de recherche de la Société canadienne du cancer (IRSCC)

Grâce à ses donateurs, la Société canadienne du cancer a consacré plus de 2,2 millions de dollars à la recherche sur le cancer du poumon par l’entremise de son Institut de recherche en 2014. Ces fonds ont permis de subventionner 37 chercheurs principaux qui, dans différentes régions canadiennes, étudient les causes biologiques du cancer du poumon et explorent de nouveaux moyens de détecter la maladie, de la traiter et de prévenir son développement.

Le Groupe des essais cliniques de l’INCC, financé par la Société, est le seul groupe canadien à mener une gamme complète d’essais cliniques sur tous les types de cancer. En 2014, 10 essais cliniques sur le cancer du poumon étaient actifs, réunissant quelque 1328 patients de différentes villes canadiennes, notamment : Kelowna, Vancouver, Edmonton, Regina, Saskatoon, Winnipeg, Hamilton, London, Ottawa, Toronto, Thunder Bay, Montréal, Québec, Sherbrooke, St John’s, Saint John et Moncton. En 2014, le Groupe des essais cliniques de l’INCC a fait l’annonce d’un vaste essai  clinique de pointe sur une nouvelle catégorie de médicaments pour le traitement du cancer du poumon non à petites cellules.

« J’ai survécu trois fois au cancer du poumon et je m’implique activement comme bénévole dans le programme de soutien psychosocial de la Société canadienne du cancer. Je suis donc bien placée pour savoir à quel point nous avons besoin d’essais de ce calibre. »
–  Carol Gething, survivante d’un cancer du poumon 

Vingt-cinq établissements canadiens participeront à cet essai international réunissant les États-Unis, la France, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Espagne, les Pays-Bas, la Pologne, la Hongrie, l’Italie, Singapour, la Corée du Sud et Taïwan.

« Pour la toute première fois dans le monde, ce nouveau médicament sera mis à l’essai dans le traitement du cancer du poumon à un stade précoce. »
– Dre Janet Dancey, directrice du Groupe des essais cliniques de l’INCC

Nous marquons des progrès!

Les chercheurs subventionnés par la Société ne cessent d’apporter un nouvel éclairage sur le cancer du poumon et de développer des approches thérapeutiques inédites. En 2014, la Société canadienne du cancer a contribué financièrement à des découvertes scientifiques de premier plan, dont celles-ci :

  • La Dre Rayjean Hung, de l’Hôpital Mount Sinai, a mis au jour de nouveaux facteurs de risque génétiques du cancer du poumon. Ses recherches ont permis d’établir une association entre des variantes des gènes BRCA2 et CHEK2 et le carcinome épidermoïde du poumon chez les sujets d’ascendance européenne, de même qu’entre une variation génétique auparavant observée uniquement chez les populations asiatiques et les adénocarcinomes pulmonaires.
  • Le Dr David Dankort, de l’Université McGill, a découvert que le gène KRAS, dont la mutation est impliquée une fois sur cinq dans les cas d’adénocarcinome du poumon, pourrait éliminer le cancer dans certaines situations. Il s’agit d’une donnée capitale pour le développement de nouveaux traitements contre le cancer.
  • Le Dr Michael Chaiton, de l’Université de Toronto, a fait la démonstration que les fumeurs qui tentent de renoncer à la cigarette ont moins de chances de réussir s’ils sont exposés à la fumée de tabac sur les terrasses. Cette conclusion renforce l’utilité de l’interdiction de fumer dans les espaces publics, destinée au départ à réduire l’exposition à la fumée secondaire.
  • Le Dr Haishan Zeng, de la British Columbia Cancer Agency, a perfectionné l’analyse de l’haleine afin de pouvoir déceler des symptômes de maladie. Par la combinaison de deux technologies, il a créé une méthode d’une plus grande acuité, qui pourrait mener à de nouveaux moyens de détection du cancer à la fois simples et abordables.
  • Le Dr Steve Manske, du Centre Propel pour l’avancement de la santé des populations à l’Université de Waterloo, a découvert que plus de la moitié des jeunes Canadiens utilisateurs de tabac choisissaient des produits aromatisés, apportant ainsi des preuves scientifiques à l’appui de l’interdiction de ces produits dans plusieurs provinces.
  • Le Dr Stuart Peacock, codirecteur du Centre canadien de recherche appliquée en lutte contre le cancer à la British Columbia Cancer Agency, a analysé le rapport coût-efficacité du dépistage du cancer du poumon par la tomodensitométrie (imagerie 3D). Dans le cadre de l’Étude pancanadienne sur la détection précoce du cancer du poumon, ses collègues et lui ont constaté que les coûts rattachés au dépistage des personnes à haut risque et au traitement des nodules cancéreux ainsi découverts étaient moindres que les coûts du traitement de cancers du poumon avancés. Leurs observations mettent en lumière les avantages économiques du dépistage du cancer du poumon auprès des personnes qui courent le plus grand risque.