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La Société canadienne du cancer investit 12 M$ dans la recherche, dont 2,5 M$ pour le cancer du pancréas, particulièrement meurtrier

06 mars 2014

Montréal -

Un gène muté (BRCA), bien connu pour son rôle dans le cancer du sein, est aussi impliqué dans certains cancers du pancréas. C’est sur cette découverte que s’appuie une des 10 nouvelles recherches financées (à hauteur de 12 M$) par la Société canadienne du cancer. Cette étude pourrait déboucher sur le premier traitement personnalisé pour certains cancers du pancréas, l’un des cancers les plus difficiles à traiter.


Caroline Chachai, résidante de Rimouski, est atteinte de ce cancer dont on parle peu. Après son  diagnostic en 2012, cette éducatrice de la petite enfance a subi six mois de chimiothérapie et de la radiothérapie. Mais, comme souvent, le cancer du pancréas a résisté et récidivé en septembre 2013. À 46 ans, elle a choisi d’arrêter les traitements qui ont peu de chances de la sauver, pour en éviter les effets secondaires et profiter pleinement de derniers moments avec son conjoint, et ses grands enfants.

Peu survivent à ce cancer assez rare, mais particulièrement redoutable (en 2013, 1380 cas et 1140 morts au Québec). Seuls 8 % des patients sont encore en vie cinq ans après leur diagnostic (pour l’ensemble des cancers, le taux de survie moyen est de 63 %). « Il est crucial d’investir davantage dans la recherche pour que ces patients bénéficient des progrès faits contre d’autres types de cancer, précise Melody Enguix, responsable des communications scientifiques à la Société canadienne du cancer – Division du Québec. C’est pourquoi nous sommes fiers que deux de nos nouvelles subventions, soit 2,5 M$, aillent à la recherche sur le cancer du pancréas. »

Le Dr Steven Gallinger, chirurgien-oncologue au Réseau universitaire de santé et chercheur dans le domaine du cancer à l’Institut de recherche Lunenfeld-Tanenbaum de l’Hôpital Mount Sinai, a obtenu une nouvelle Subvention pour un impact pour étudier le lien entre les mutations du gène BRCA et le cancer du pancréas. Environ 4 % des patients atteints d’un cancer du pancréas sont porteurs de mutations du gène BRCA, mieux connu pour son lien avec le cancer du sein. Contrairement aux autres patients, ce sous-groupe répond aux traitements.

 « Avec cette recherche, nous accomplissons l’important travail de défrichage pour comprendre les causes de la maladie et peut-être développer un traitement personnalisé pour ce groupe de patients », explique le Dr Gallinger.

Le moment eurêka

Le Dr Gallinger a découvert par hasard que le lien possible entre le cancer du pancréas et le gène BRCA, un moment qu’il décrit comme l’un de ces fameux moments eurêka. Une de ses patientes, porteuse d’une mutation du gène BRCA-2, avait eu un cancer du sein, puis du pancréas. « Il n’y en a que quelques-uns dans une carrière! » C’est ainsi que les médecins ont commencé à rechercher la mutation chez d’autres patients, et constaté qu’elle était présente chez un pourcentage faible, mais non négligeable de patients.

Le Dr Gallinger et ses collègues comptent parmi les rares équipes de recherche au monde qui se penchent sur le lien entre le gène BRCA et le cancer du pancréas. Ils ont déjà montré qu’un cancer du pancréas lié à une mutation du gène BRCA est l’une des formes les plus faciles à traiter de la maladie. Leur nouvelle étude s’appuiera sur cette découverte.

Le Dr Gallinger analysera des échantillons des tumeurs de 300 patients atteints d’un cancer du pancréas pour mieux comprendre le rôle de BRCA dans le cancer du pancréas et proposer de meilleurs traitements aux patients concernés. Pour y arriver, son équipe de recherche va :

  • définir les cas à cibler;
  • déterminer comment repérer ces cas;
  • cerner les raisons pour lesquelles le traitement échoue avec le temps;
  • établir quels traitements, administrés seuls ou en association, sont les plus efficaces.

Parmi les 10 projets (liste complète en anglais) dans lesquels, la SCC va investir il y a également celui du Dr Nahum Sonenberg de l’Université McGill :

Le Dr Sonenberg étudie des médicaments qui ciblent les mécanismes de fabrication des protéines dans les cellules cancéreuses. Il veut évaluer certains des médicaments qui font déjà l’objet d’essais cliniques pour comprendre exactement comment ils agissent, vérifier s’ils peuvent être plus efficaces en combinaison et repérer ceux qui peuvent empêcher la propagation du cancer, une des principales causes de mort par cancer. Il cherche également des biomarqueurs pour aider les médecins à prédire si ces traitements fonctionneront bien pour un patient donné.

La Société canadienne du cancer subventionne les meilleures recherches sur le cancer au Canada grâce à nos généreux donateurs et à notre processus de sélection rigoureux. Nous subventionnons des centaines de chercheurs dans les universités, les hôpitaux et les centres de recherche. Ensemble, nous découvrons de nouvelles façons de sauver plus de vies. Pour plus d'information, visitez cancer.ca ou appelez sans frais notre Service bilingue d'information sur le cancer au 1 888 939-3333 (ATS 1 866 786-3934).

Renseignements :

André Beaulieu

Conseiller principal, Communication

Société canadienne du cancer

Division du Québec

Téléphone : (514) 393-3444