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Détecter le cancer du sein dans une goutte de sang - Une micropuce pour dépister le cancer est l’une des nombreuses innovations financées par les subventions de recherche de la Société canadienne du cancer

19 mars 2013

Montreal, QC -

Une équipe de chercheurs de Montréal a reçu ce matin 190 000 $ de la Société canadienne du cancer pour fabriquer une micropuce capable de détecter le cancer du sein dans une goutte de sang. Cet outil innovant pourrait révolutionner le dépistage en complétant la mammographie, voire même, à long terme, la remplacer.

Les cellules cancéreuses se comportent différemment des cellules normales, si bien que les protéines qu’elles produisent sont très différentes. Certaines de ces protéines se retrouvent dans le sang, d’où l’espoir d’avoir un jour un test sanguin de dépistage efficace. Jusque-là, la technologie n’était pas à la hauteur du défi. « Quand la tumeur est petite, ces protéines sont très diluées dans le sang, explique le Dr David Juncker, à la tête du projet. Il faut un outil extrêmement sensible pour pouvoir repérer tôt un cancer du sein dans le sang. » L’équipe de recherche de l’Université McGill a créé une puce qui permet de détecter simultanément des centaines de protéines. Avec l’aide de collègues américains, ils vont la rendre si sensible qu’une unique protéine sur la puce pourra être repérée.

Grâce à ce nouvel outil, l’équipe veut établir quelle combinaison de protéines serait la meilleure preuve de la présence d’un cancer de sein. Pour cela, ils vont chercher à détecter une centaine de protéines candidates dans le sang de 200 femmes atteintes d’un cancer du sein et de 50 femmes en santé. Grâce à des statistiques pointues, ils sélectionneront une dizaine de protéines dont la combinaison prédit avec le plus de précision un cancer du sein. Ils pourront alors fabriquer une biopuce sur mesure pour détecter cette combinaison.

Peu coûteux, facile à utiliser dans un cabinet médical, un tel outil serait précieux pour compléter, voire peut-être un jour remplacer la mammographie. Il pourrait permettre par exemple de détecter précocement les tumeurs des femmes dont les seins sont denses, pour lesquelles la mammographie fonctionne moins bien. Le cancer du sein est le plus fréquent chez les femmes; une femme sur neuf en sera atteinte au cours de sa vie. La détection précoce de cette maladie est décisive pour sauver le plus de vies possible. Car, uniquement l’an dernier, environ 5100 femmes au Canada et 1350 au Québec sont malheureusement mortes d’un cancer du sein.

Autres projets :

Le cancer colorectal en « Google Street View »

En Ontario, l’équipe du Dr Qiyin Fang de l’Université McMaster a reçu 194 000 $ de la Société canadienne du cancer pour développer et tester une solution novatrice au difficile problème que pose l’exploration des profondeurs du côlon humain pour trouver des signes de cancer. Comme Google Street View, ils cartographient le côlon avec une caméra qui photographie dans toutes les directions pour créer une carte du côlon, en utilisant les vaisseaux sanguins comme points de repère. Cette nouvelle technique d’imagerie rendra bien plus facile la détection et la localisation des anomalies, comme les polypes qui peuvent se cacher dans les replis du côlon, constamment en mouvement.

La détection précoce des polypes est essentielle pour lutter contre ce cancer : une chirurgie permet de les enlever et ainsi d’éviter que certains d’entre eux ne dégénèrent en cancer.

Le cancer colorectal est la deuxième cause de mortalité par cancer chez les hommes et les femmes combinés. On estime que, l’an dernier, 23 300 Canadiens (6200 Québécois) ont reçu un diagnostic de cancer colorectal et que 9200 sont morts de cette maladie (2450 personnes au Québec).

Un hybride de la vitamine D pour contrer la résistance aux médicaments

Une équipe de Montréal reçoit également une subvention de 200 000$ pour tester un nouveau genre de médicament contre le cancer, un hybride qui combine dans une même molécule les portions actives aux propriétés anticancéreuses de deux molécules existantes.

Plusieurs études semblent indiquer que la vitamine D serait utile pour prévenir le cancer. John White, un chercheur de McGill spécialiste de la vitamine D, a eu l’idée de faire un pas supplémentaire et d’en faire un outil pour traiter certains cancers. Toutefois, les cellules cancéreuses s’adaptent vite et deviennent résistantes à la vitamine D. Pour surmonter cette résistance, le chercheur a eu l’idée avec son collègue, le Dr Gleason, de combiner la vitamine D à un autre agent de chimiothérapie dans une molécule hybride. Si cette stratégie novatrice fonctionne, elle pourrait permettre de créer une nouvelle classe de médicaments qui contourne la résistance à la chimiothérapie.

7 M$ accordés par la SCC en Subventions pour l’innovation

Au total, 37 nouvelles Subventions pour l’innovation de la Société canadienne du cancer ont été annoncées aujourd’hui, dont 7 vont à des chercheurs du Québec. Ces subventions, plus de 7 millions de dollars en tout, visent à s’assurer que des idées novatrices qui pourraient révolutionner le cancer soient testées, à l’heure où les comités d’évaluation des subventions se montrent souvent prudents et financent de moins en moins des idées innovantes. Elles soutiennent ainsi des recherches qui pourraient révolutionner notre compréhension du cancer ou générer de toutes nouvelles façons de le prévenir, le détecter précocement ou le traiter.

Depuis 75 ans, la Société canadienne du cancer est avec les Canadiens dans le combat pour la vie. Toutes ces années, nous avons travaillé sans relâche à prévenir le cancer, à financer la recherche et à soutenir les personnes touchées par la maladie. Forts de cette expérience, nous continuons de lutter avec les Canadiens pour changer le cancer à jamais afin qu’ils soient moins nombreux à y faire face et plus nombreux à y survivre. Pour en savoir plus, visitez cancer.ca ou appelez notre Service d'information sur le cancer, au 1 888 939-3333.



Renseignements :

André Beaulieu

Conseiller principal, Communication

Société canadienne du cancer

Division du Québec

Téléphone : (514) 393-3444