La Société canadienne du cancer investit presque 1 M$ au Québec pour aider les adolescents à cesser de fumer

14 novembre 2012

Montréal, QC -

L’équipe de la professeure Jennifer O’Loughlin, chercheuse au Centre de recherche du CHUM (CRCHUM), va recevoir 970 000 $ de la Société canadienne du cancer (SCC) pour une étude de quatre ans qui permettra de mettre sur pied un programme d’arrêt tabagique spécialement conçu pour les adolescents de 12 à 17 ans.

Malgré la diminution récente du tabagisme, 45 000 adolescents québécois du secondaire fument, et chaque année plus de 30 000 s’initient au tabac. Malheureusement, plusieurs deviendront dépendants. Ils augmentent ainsi leur risque de cancer et de maladies cardiovasculaires : un fumeur régulier sur deux meurt des suites de sa consommation de tabac.

Un programme d’arrêt tabagique pour les 12-17 ans permettrait d’intervenir dès les premières cigarettes, avant que la dépendance ne s’installe. Mais les programmes existants sont conçus pour des adultes et ne leur conviennent pas. Les jeunes ne sont pas forcément sensibles aux mêmes arguments que leurs parents. « Les enfants ne fument pas comme des adultes, ajoute la Dre O’Loughlin. Ils fument de façon irrégulière, parfois seulement en soirée, la fin de semaine ou durant l’année scolaire. Certains ont dès le début un coup de foudre pour la cigarette, mais pour d’autres la dépendance s’installe lentement. »

Aussi, l’équipe prévoit que les adolescents seront accompagnés pendant un an par des jeunes de 21 à 25 ans, anciens fumeurs, en complément des conseils reçus de professionnels de la santé. Ils échangeraient par courriels, téléphone ou messages textes. Les chercheurs collaboreront d’ailleurs avec la Division du Québec de la Société canadienne du cancer, qui gère le SMAT (Service de messagerie texte pour arrêter le tabac), une aide par messages textes pour les jeunes de 18 à 24 ans qui veulent arrêter de fumer. « Nous sommes heureux de prendre part à ce projet qui pourrait à terme prévenir de nombreux cancers au Québec, la province où les taux de cancer du poumon sont les plus élevés », souligne Jacinthe Hovington, directrice, Prévention du cancer et promotion de la santé à la SCC, Division du Québec.

La Dre Jennifer O’Loughlin est une experte du tabagisme chez les adolescents. Par le passé, elle a mené NICO, une vaste étude subventionnée par la SCC, qui a permis de suivre une cohorte de près de 1300 jeunes de leur 1re secondaire à leurs 26 ans. NICO a permis de rassembler des données sur ce qui fait qu’un jeune est plus prompt qu’un autre à fumer, à devenir dépendant ou à avoir des difficultés à arrêter. Pour qu’il soit plus efficace, les chercheurs construiront le programme d’arrêt tabagique à partir de ces informations. « C’est le projet de nos rêves, celui qui va permettre de faire aboutir nos recherches passées », se réjouit la Dre O’Loughlin.

Pour que cette recherche ait des retombées concrètes le plus tôt possible, l’équipe de recherche implique différents acteurs de la prévention : des chercheurs, des professionnels de la santé publique, des cliniciens et des décideurs. Elle a établi des relations de longue durée avec des organismes clés au Québec, comme l’Institut de santé publique du Québec (INSPQ) pour qui Michèle Tremblay, co-directrice du projet, travaille et la Société canadienne du cancer.

En plus de la Dre O’Loughlin, deux autres chercheurs canadiens reçoivent des Subventions d'équipes multi-secteurs pour la recherche sur la prévention.

Le travail rend-il malade?

Le Dr Paul Demers (Directeur de l’Occupational Cancer Research Centre, d’Action Cancer Ontario) recevra un million de dollars sur quatre ans pour évaluer pour la première fois l’exposition des Canadiens, au travail, à 44 causes certaines ou présumées du cancer (produits chimiques, amiante, travail à horaires irréguliers, etc.). Son équipe mesurera les conséquences, en nombre de cancers, en vies perdues et en pertes économiques pour les employeurs et le système de santé.

« À la fin de cette étude, explique Paul Demers, nous aurons des données fiables qui permettront ensuite aux dirigeants d’entreprises et aux décideurs politiques de déterminer ce qui doit être modifié, mis en application ou renforcé dans les règlements sur l’exposition professionnelle pour prévenir les cancers liés au milieu de travail. »

Comment réduire les nombreux décès par cancer dans les communautés éloignées?

La Dre Joan Botoroff (UBC, Vancouver) recevra 928 000$ sur quatre ans pour trouver comment les agences de santé doivent collaborer pour réduire les décès par cancer dans les communautés éloignées, au Nord de la Colombie-Britannique. Les taux de tabagisme, d’obésité et de mortalité par cancer y sont les plus élevés de la province.

La recherche en prévention à la SCC

Depuis 1947, la Société canadienne du cancer (SCC) a soutenu des milliers de chercheurs du pays en investissant plus d’un milliard de dollars dans la recherche sur le cancer. Une des cibles prioritaires de la SCC est de diminuer l’incidence du cancer. La recherche peut contribuer à prévenir le cancer, en déterminant ses causes et en trouvant des moyens d’agir pour nous en protéger. Pour ce faire, la SCC offre plusieurs bourses dédiées à la recherche en prévention, comme ces nouvelles Subventions d’équipe en prévention, qui peuvent s’élever à un million de dollars sur quatre ans. Pour en savoir plus sur le cancer et la recherche sur la maladie, veuillez consulter notre site Web à l'adresse cancer.ca.

Renseignements :

Melody Enguix

conseillère en communication scientifique

Téléphone : 514 255-2455