Enfin une loi qui protège les mineurs du bronzage artificiel - La Société canadienne du cancer salue le leadership du ministre Bolduc

15 mai 2012

Montréal, QC -

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La Société canadienne du cancer (SCC) – Division du Québec félicite le ministre de la Santé, Dr Yves Bolduc, pour son leadership ainsi que le gouvernement québécois pour sa volonté d’interdire la vente de services de bronzage aux jeunes de moins de 18 ans. Après la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique, le Québec est la 3e province à légiférer en ce sens.

« Il ne fait pas de doute que le bronzage artificiel est dangereux pour la santé, et ce, à tout âge, mais il était surtout important pour nous de protéger nos jeunes d’une maladie potentiellement mortelle. Les mesures annoncées ce matin contribueront à diminuer le nombre croissant de cancers de la peau », déclare Suzanne Dubois, directrice générale de la Société canadienne du cancer – Division du Québec. Le cancer de la peau est le cancer le plus fréquent au Québec (de 22 000 à 35 000 cas par année selon les sources).

En février dernier, la SCC et ses partenaires, les dermatologues et l’Institut national de santé publique (INSPQ) avaient témoigné devant la Commission de la santé et des services sociaux (CSSS). La SCC avait alors présenté les signatures de 60 000 Québécois recueillies en 2011 et les lettres d’appui de 65 groupes représentant plus de 600 organismes. La CSSS a reconnu depuis la nécessité de légiférer en faveur d’une interdiction de la vente de services de bronzage aux jeunes et a souligné les nombreuses lacunes en termes d’encadrement de cette industrie.

La SCC est également satisfaite que le projet de loi inclue l’obligation d’inscrire la vente de services de bronzages artificiels au registraire des entreprises, l’embauche d’inspecteurs dédiés au projet, ainsi que l’interdiction de toute publicité directe ou indirecte destinée aux mineurs. Plus de 1000 salons de bronzage sont actifs au Québec, et plusieurs se retrouvent dans des endroits insolites : agences de voyage, clubs vidéo, dépanneurs ou buanderies. « Ne pas légiférer n’était plus envisageable et devenait de plus en plus catastrophique pour la santé publique. Nous demandons maintenant que la loi soit adoptée rapidement, et ce, avant le congé estival », ajoute Mme Dubois.

Le printemps marque le retour en force des publicités et des promotions trompeuses des salons de bronzage artificiel dans les publisacs, les journaux des écoles secondaires et les albums de finissants, de même que la distribution de coupons-rabais et l’offre de forfaits de bronzage illimité à bas prix. La SCC estime donc que le dépôt de la Loi sur le bronzage artificiel arrive à un très bon moment.

Cependant, la SCC aurait souhaité que le projet de loi impose un permis payant aux commerçants qui offrent des services de bronzage : « Il est normal que certains services à encadrer doivent se munir de permis. Pensons au permis de vente d’alcool chez nous, ou encore au permis de vente de tabac dans d’autres provinces, précise Mélanie Champagne, coordonnatrice, Questions d’intérêt public, SCC – Division du Québec. La SCC recommande aussi, dans une prochaine étape, d’imposer une taxe de 10 % à l’achat de toute séance de bronzage, comme cela se fait aux États-Unis. Non seulement une telle taxe permettra de financer des campagnes de prévention et la recherche sur le cancer de la peau, mais elle éliminera également toute idée de gratuité d’une séance de bronzage artificiel. »


Faits sur le bronzage artificiel

  • Les trois quarts des cas de mélanome chez les 18-29 ans adeptes du bronzage artificiel sont attribuables à l’usage des lits de bronzage, et l’exposition au bronzage artificiel, avant l’âge de 35 ans, augmente de 75 % le risque de développer un mélanome.
  • Les rayons des lits de bronzage sont de 5 à 15 fois plus forts que le soleil de midi.
  • Près de 250 000 jeunes Québécois de 15 à 29 ans, soit 16 %, utilisent le bronzage artificiel 11 fois l’an en moyenne — 160 000 femmes (22 %) contre 90 000 hommes (11,5 %).
  • L’utilisation des lits de bronzage chez les jeunes filles semble évoluer en fonction de l’âge, car elle fait plus que doubler entre 14 et 15 ans (passant de 7 % à 15 %) et double de nouveau à 17 ans (passant à 35 %).
  • Plus du quart des amateurs de bronzage artificiel sont atteints de tanorexie et deviennent obsédés par le bronzage.
  • Le traitement des cancers de la peau n’est pas « bénin » et simple : chirurgies mutilantes, traitements, douleur, convalescence et changement important des habitudes face au soleil (FPS 60 requis tous les jours, 12 mois par année).

Le gouvernement du Québec interdit la vente de services de bronzage aux mineurs. De 15 à 21 ans, Geneviève a fréquenté les salons de bronzage de trois à quatre fois par semaine. À 24 ans, on lui diagnostique un premier mélanome, puis un second un peu plus tard.

Renseignements :

André Beaulieu

Conseiller principal, Communication

Société canadienne du cancer

Division du Québec

Téléphone : (514) 393-3444