Une étude conclut à une hausse spectaculaire de 74 % du taux de vapotage chez les jeunes au Canada

20 juin 2019

Ottawa -

La Société canadienne du cancer (SCC) appelle les gouvernements à agir de façon immédiate pour mettre un frein à l’augmentation importante et troublante du taux de vapotage chez les jeunes au Canada. Cette augmentation a été révélée dans le cadre d’une nouvelle étude publiée par le British Medical Journal.

Selon les résultats de cette étude, dirigée par le professeur David Hammond, de l’Université de Waterloo, le taux de vapotage chez les jeunes âgés de 16 à 19 ans a fait un bond impressionnant de 74 % de 2017 à 2018, passant de 8,4 % à 14,6 %. L’étude a été menée durant les mois d’août et de septembre 2017, puis de nouveau durant les mêmes mois de 2018.

L’étude contient les toutes premières données à être publiées depuis que les principales compagnies de tabac ont lancé, à grand renfort de publicité, leurs propres marques de cigarettes électroniques au Canada, à la suite de l’adoption, au mois de mai 2018, du projet de loi S-5, qui a permis la légalisation des cigarettes électroniques contenant de la nicotine. Les résultats de l’étude viennent confirmer certaines indications provenant d’un peu partout au Canada, montrant que les écoles secondaires éprouvent de plus en plus de difficulté à lutter contre une hausse rapide du taux de vapotage chez les jeunes.

Les données indiquent que les jeunes qui se servent de cigarettes électroniques contenant de la nicotine peuvent développer une dépendance, et courent un risque élevé de devenir des fumeurs.

L’étude a également permis d’observer que le taux de consommation de la cigarette chez les 16 à 19 ans, durant la même période de 2017 à 2018, a augmenté de 45 %, passant de 10,7 % à 15,5 %. Différents sondages menés avant et pendant l’année 2017 avaient démontré un déclin continu du tabagisme chez les jeunes. Toutefois, ces résultats inquiétants indiquent que la consommation de tabac chez les jeunes pourrait maintenant être à la hausse. 

« Les cigarettes électroniques sont censées s’adresser aux fumeurs adultes qui n’ont pas réussi à cesser de fumer, a expliqué Rob Cunningham, analyste principal des politiques à la Société canadienne du cancer. Mais les résultats de cette nouvelle étude en ce qui concerne les tendances chez les jeunes sont des plus inquiétants. Étant donné les progrès qui ont été accomplis en vue de réduire le tabagisme chez les jeunes, nous devons à tout prix éviter qu’une nouvelle génération d’adolescents développe une dépendance à la nicotine par l’intermédiaire des produits de vapotage. »

La SCC presse ainsi les différentes provinces à augmenter à 21 ans l’âge légal pour pouvoir acheter des produits du tabac ou des produits de vapotage, tout comme 16 états américains l’ont déjà fait. Les provinces devraient en outre interdire la vente de produits de vapotage aromatisés, sauf dans les boutiques spécialisées réservées aux adultes. L’Alberta et la Saskatchewan, les seules provinces ne disposant d’aucune législation en matière de produits de vapotage, devraient immédiatement adopter un ensemble de lois complet. L’Ontario devrait interdire la publicité sur les produits de vapotage dans les dépanneurs et autres détaillants, une mesure qui a déjà été adoptée par sept autres provinces.

La SCC recommande que le gouvernement fédéral agisse rapidement en vue d’adopter une réglementation limitant la publicité sur les produits de vapotage, en s’assurant qu’elle soit au moins aussi restrictive que dans le cas de la publicité sur le cannabis, incluant le cannabis médicinal. Le gouvernement fédéral devrait en outre imposer des restrictions à l’utilisation d’arômes dans les produits de vapotage, en plus de l’adoption de nouvelles dispositions réglementaires.

« Il est évident que les mesures actuellement mises en œuvre pour tenter de prévenir le vapotage chez les jeunes ne fonctionnent pas, a ajouté M. Cunningham. Les gouvernements doivent agir dès maintenant afin de réduire à la fois le vapotage et le tabagisme chez les jeunes. »

Les taux de vapotage et de tabagisme chez les jeunes qui sont mentionnés dans l’étude s’appuient sur une consommation de produits du tabac au cours des 30 derniers jours, ce qui représente la méthode d’évaluation la plus courante en matière de prévalence du tabagisme. Le tabagisme constitue la principale cause évitable de maladie et de mortalité au Canada, tuant près de 45 000 Canadiens chaque année, soit 30 % de tous les décès liés au cancer.

Où qu'ils se trouvent au Canada, les fumeurs peuvent composer le numéro figurant sur le paquet de cigarettes [1 866 JARRETE (1 866 527-7383)] afin de recevoir de l'aide personnalisée et éprouvée pour arrêter de fumer. La Société canadienne du cancer met à la disposition des personnes souhaitant cesser de fumer une ligne téléphonique, la Téléassistance pour fumeurs, pour la Saskatchewan, le Manitoba, l'Ontario, l’Île-du-Prince-Édouard et le Yukon, ainsi que la ligne J'ARRÊTE pour le Québec.

À propos de la Société canadienne du cancer
La Société canadienne du cancer est un organisme bénévole national, à caractère communautaire, dont la mission est l’éradication du cancer et l’amélioration de la qualité de vie des personnes touchées par le cancer. Pour de plus amples renseignements, visitez cancer.ca ou appelez notre Service d’information sur le cancer, un service bilingue et gratuit, au 1 888 939-3333 (ATS : 1 866 786-3934).

Renseignements :
Rob Cunningham
Analyste principal des politiques
Société canadienne du cancer
Téléphone : 613 565-2522, poste 4981