Davantage d’enfants canadiens survivent au cancer

09 avril 2008

Toronto -

Selon les Statistiques canadiennes sur le cancer 2008, davantage d’enfants survivent au cancer. Pour la première fois, le rapport comporte un volet spécial sur les enfants atteints du cancer, et ceci, de la naissance jusqu’à l’âge de 14 ans.

Malgré sa rareté, parmi les enfants canadiens âgés de plus d’un mois, le cancer est la principale cause de décès par maladie, et la deuxième cause après les accidents. Tous les ans, environ 850 enfants canadiens, depuis la naissance jusqu’à l’âge de 14 ans, contractent le cancer et environ 135 d’entre eux en meurent.

Pour tous les cancers pédiatriques combinés, la survie au moins cinq ans après le diagnostic s’élève à 82 %, ce qui représente une hausse de 11 % en 15 ans.

« La survie d’un plus grand nombre d’enfants est une bonne nouvelle », a déclaré Heather Logan, directrice des politiques de lutte contre le cancer à la Société canadienne du cancer. « Cependant, plusieurs survivants risquent un jour d’être atteints d’affections, soit de séquelles, provoquées par le cancer ou par son traitement. L’un des défis de premier plan consiste, au moyen de la recherche, à en apprendre davantage au sujet des séquelles. »

Environ deux tiers des enfants atteints du cancer subiront au moins une séquelle tardive à la suite leur traitement, et une grave complication surviendra chez le tiers d’entre eux. « Ces enfants courent un risque accru d’être touchés par des complications sur le plan de la santé physique et mentale, de même que par un cancer secondaire », a affirmé Paul Grundy, président du C17 Research Network, lequel se consacre entièrement au cancer pédiatrique.

Les séquelles peuvent se manifester des mois, voire des années après la fin du traitement. Les complications hormonales et métaboliques représentent les séquelles les plus fréquentes chez les survivants d’un cancer pédiatrique (par exemple, l’infertilité ou la puberté tardive). Leur capacité de réflexion et de raisonnement peut aussi être affectée, ce qui pourrait entraîner des difficultés d’ordre scolaire. Le dysfonctionnement de certains organes (tels que le cœur, les poumons, l’estomac et les intestins) et un risque accru de contracter un second type de cancer constituent d’autres séquelles possibles.

« En raison des faibles taux de survie observés auparavant chez les enfants atteints du cancer, il était impossible d’étudier les survivants alors qu’ils prenaient de l’âge  », a déclaré Heather Logan. « Étant donné l’évolution des traitements, la recherche doit déterminer les risques que courent les survivants du cancer pédiatrique ainsi que leurs besoins en matière de soutien. »

Les répercussions ultérieures au traitement

Un diagnostic de cancer affecte profondément les enfants et les familles.

« Dès qu’un enfant est atteint du cancer, s’amorce un parcours pénible qui peut entraîner de nombreuses répercussions, lesquelles vont bien au-delà du traitement, a déclaré Paul Grundy. « Les enfants et leur famille peuvent avoir besoin d’un appui émotionnel et physique, de même que de soins de santé soutenus. Une telle situation entraîne aussi des conséquences financières alors que les parents peuvent devoir diminuer leur présence au travail ou cesser de travailler complètement pour veiller sur leur enfant, et ceci, pendant de longues périodes. »

La recherche

La recherche sur le cancer pédiatrique a mené à des progrès considérables et plus particulièrement, à la baisse des taux de mortalité ainsi qu’à la hausse de la survie.

« Les essais cliniques coopératifs menés à l’échelle de l’Amérique du Nord ont grandement contribué à ces avancées », a déclaré Paul Grundy. « La mise en commun des ressources fait en sorte que suffisamment d’enfants participent aux essais pour obtenir des résultats concluants, et ceci, à point nommé. »

Près de 80 % des enfants atteints du cancer participent à un essai clinique ou sont pris en charge conformément à un protocole établi au moyen d’un essai clinique. En Amérique du Nord, les essais cliniques se font en majorité par l’entremise du Children’s Oncology Group (COG). Les 17 centres du cancer pédiatrique répartis dans l’ensemble du Canada appartiennent au COG.

Il y a plusieurs années, les directeurs des 17 centres du cancer pédiatrique ont officiellement fondé le conseil C17, et ce, avec l’appui de la Fondation canadienne Candlelighters du Canada. Le volet recherche du conseil — le C17 Research Network — a permis de subventionner de deux à quatre études pancanadiennes par année.

L’histoire de Terry

Au cours des années 1960, un rétinoblastome, soit une forme rare de cancer de l’œil, a dérobé la vue à Terry Hoddinott. Il s’agit d’une maladie héréditaire transmise du parent à l’enfant.

« Lorsque j’étais enfant, on en savait peu à son sujet, a affirmé Terry. Mais au cours des années 1980, les chercheurs ont commencé à cerner des façons de lutter contre ce cancer. »

Riley, âgé de 11 ans, l’aîné des enfants de Terry, a hérité du gène mutant qui provoque le rétinoblastome. Cependant, grâce au diagnostic précoce et à un traitement intensif, l’un des yeux de Riley a pu être épargné. Quelques années plus tard, Katie, la jeune sœur de Riley, aujourd’hui âgée de huit ans, a reçu le diagnostic avant sa naissance. Elle a rapidement reçu le traitement et elle jouit maintenant de deux yeux en parfaite santé.

« La recherche a contribué à sauver trois yeux sur les quatre de mes enfants », a déclaré Terry, qui assure aujourd’hui le soutien informatique chez Bell Canada, à London, en Ontario.

« La recherche demeure la clé pour l’amélioration du diagnostic et du traitement ainsi que pour entendre davantage d’histoires heureuses comme celle de Terry, a déclaré Heather Logan. En définitive, nous espérons que la recherche répondra à plus de questions quant à la prévention, de sorte que moins d’enfants et de familles se trouveront devant un diagnostic de cancer. »

Les faits saillants sur le cancer pédiatrique

  • Depuis 1985, une diminution spectaculaire des taux de mortalité attribuable au cancer pédiatrique a été observée (passant d’environ 40 à 20 enfants par million*).
  • Les taux d’incidence du cancer pédiatrique sont demeurés relativement stables depuis 1985.
  • Le diagnostic précis et le traitement efficace constituent les meilleures armes dans la lutte contre le cancer pédiatrique.
  • On en sait peu sur les causes des cancers pédiatriques; ce qui limite les possibilités de prévention.

Faits saillants des Statistiques canadiennes sur le cancer 2008 :

  • Cette année, environ 166 400 Canadiens recevront un diagnostic de cancer et quelque 73 800 mourront des suites de cette maladie.
  • Le taux de survie relative à cinq ans pour tous les cancers combinés s’élève à 62 % (en excluant le Québec).
  • Le cancer du poumon demeure la principale cause des décès reliés au cancer, et ceci, tant chez les hommes que chez les femmes.
  • Près de 40 % des femmes canadiennes et presque 45 % des hommes canadiens contracteront le cancer au cours de leur vie.
  • Environ 25 % des femmes et près de 29 % des hommes, soit environ 1 Canadien sur 4, mourront du cancer.

Le document Statistiques canadiennes sur le cancer 2008 est préparé, imprimé et distribué grâce à la collaboration de la Société canadienne du cancer, de l’Agence de santé publique du Canada, de l’Institut national du cancer du Canada, de Statistiques Canada, des registres du cancer provinciaux et territoriaux, de même que de chercheurs du milieu universitaire et du milieu des agences du cancer provinciales et territoriales.

*En raison de la rareté de la maladie, les taux de cancer pédiatrique sont exprimés en unités pour un million par année.

Pour plus de renseignements sur les Statistiques canadiennes sur le cancer 2008, visitez le site Web de la Société au /statistiques.

Une webémission audio de la conférence média est disponible au :

http://w.on24.com/r.htm?e=107109&s=1&k=1AEC4FEF0575B4EDE697A3C1B555835E

Il sera possible d’accéder à la webémission qui sera archivée dès que la conférence média sera terminée.

La Société canadienne du cancer est un organisme bénévole national, à caractère communautaire, dont la mission est l’éradication du cancer et l’amélioration de la qualité de vie des personnes touchées par le cancer. Pour en savoir plus sur le cancer, visitez le www.cancer.ca ou appelez notre Service d’information sur le cancer, un service gratuit et bilingue, au 1 888 939-3333.

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340