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Alimentation par sonde et alimentation par intraveineuse (IV)

Si vous ne pouvez pas manger ou boire par la bouche, l’alimentation par sonde et l’alimentation par intraveineuse (IV) peuvent combler les besoins nutritionnels de votre corps pendant et après le traitement du cancer. L’alimentation par sonde et l’alimentation par IV peuvent vous aider à maintenir votre poids ou à en prendre ainsi qu’à garder votre corps suffisamment fort en évitant la fonte musculaire.

On peut avoir recours à l’alimentation par sonde et à l’alimentation par IV si :

  • vous ne pouvez pas absorber correctement les éléments nutritifs ou avez besoin de plus d’éléments nutritifs, comme une plus grande quantité de protéines et de calories;
  • vous ne recevez pas suffisamment d’éléments nutritifs à partir des aliments;
  • vous avez de la difficulté à avaler;
  • vous ne pouvez ni manger ni boire pendant ou après le traitement du cancer;
  • vous avez la bouche ou la gorge extrêmement endolorie.

Alimentation par sonde

L’alimentation par sonde est une façon de vous nourrir directement dans l’estomac ou l’intestin grêle. Certaines personnes alimentées par sonde continuent de manger de la nourriture et de boire des liquides. Vous pourriez aussi recevoir des médicaments par la sonde d’alimentation.

On préfère l'alimentation par sonde à l’alimentation par IV puisqu’elle fait appel au tube digestif et risque moins de causer des infections. Si votre tube digestif fonctionne bien, vous pouvez être alimenté uniquement par une sonde reliée à votre estomac ou à votre intestin grêle.

L’alimentation par sonde est aussi appelée nutrition entérale.

Types de sondes d’alimentation

Il existe différents types de sondes d’alimentation. Le type utilisé dépendra de :

  • la période durant laquelle vous aurez besoin d’être alimenté par sonde;
  • votre état de santé global;
  • votre risque de déviation accidentelle de la nourriture ou du liquide vers les poumons (aspiration);
  • l’endroit dans votre tube digestif où l’alimentation peut être administrée sans risque.

Les sondes nasogastriques,nasoduodénales et nasojéjunales sont de longs tubes minces et flexibles qui sont insérés dans une narine. Ils descendent le long de la gorge jusque dans l’estomac (sonde nasogastrique), dans la première partie de l’intestin grêle (sonde nasoduodénale) ou dans la deuxième partie de l’intestin grêle (sonde nasojéjunale). Il n’est pas nécessaire de faire une chirurgie pour installer ces types de sonde d'alimentation. Une fois que la sonde nasogastrique, nasoduodénale ou nasojéjunale est bien positionnée, on la fixe au nez ou à la joue avec un ruban adhésif pour la maintenir en place. On vérifie la mise en place de la sonde par radiographie avant de procéder à la première alimentation. On a habituellement recours à une sonde nasogastrique, nasoduodénale ou nasojéjunale si vous avez besoin d’un soutien nutritionnel pendant moins de 4 à 6 semaines.

Les sondes de gastrostomie endoscopique percutanée (GEP) et de jéjunostomie endoscopique percutanée (JEP) sont insérées à travers la peau, directement dans l'estomac (GEP) ou dans l’intestin grêle (JEP). Elles ne passent pas par le nez. Une chirurgie est nécessaire pour pratiquer une ouverture (stomie) dans la paroi abdominale, là où la sonde entre dans le corps. On la maintient en place par un point de suture ou un petit ballon gonflé autour de la sonde, juste sous la peau. On utilise un endoscope en le faisant passer par la bouche puis descendre dans la gorge jusqu'à l'estomac ou l’intestin grêle pour guider la mise en place de la sonde.

On installe habituellement les sondes GEP ou JEP lors d'une autre opération qui est planifiée. Elles peuvent aussi être mises en place avant le traitement si vous risquez de ne pas pouvoir absorber les éléments nutritifs et les liquides dont vous avez besoin (si vous avez un cancer de la tête ou du cou, par exemple).

On utilise une sonde GEP ou JEP si :

  • vous aurez besoin d'un soutien nutritionnel pendant un long moment (plus de 4 à 6 semaines);
  • il n’est pas possible de faire glisser une sonde dans votre bouche ou votre gorge;
  • vous vomissez fréquemment.

Horaires d’alimentation

Il existe différents horaires d’alimentation par sonde.

L’alimentationintermittente se fait sur de courtes périodes, plusieurs fois par jour, souvent aux heures normales de repas. On utilise habituellement cet horaire d’alimentation lorsque la sonde est installée dans l’estomac. L’alimentation intermittente porte aussi le nom d’alimentation par bolus.

L’alimentationcontinue se fait à un rythme régulier, en général pendant 24 heures.

L’alimentationcyclique est une alternative à l'alimentation continue. On l'administre à un rythme plus rapide pendant une plus courte période. On le fait chaque jour à la même heure et pendant la même durée. L'alimentation cyclique peut aussi être appelée alimentation nocturne lorsqu'elle se déroule la nuit (pendant 8 à 12 heures la nuit, par exemple, alors que vous vous reposez ou que vous dormez). Cet horaire est habituellement utilisé pour les sondes reliées à l’intestin grêle.

  • L'alimentation cyclique permet de se réhabituer à manger par la bouche.
  • On peut y avoir recours alors que vous vous alimentez déjà par la bouche si vous ne pouvez pas manger suffisamment.
  • C’est pratique si vous ne pouvez pas être alimenté par sonde pendant la journée (en raison de votre horaire de traitement par exemple).

Si vous êtes encore capable d’absorber de la nourriture par la bouche, vous pouvez manger tout en suivant l’un ou l’autre des horaires d’alimentation par sonde.

Médicaments et alimentation par sonde

Si vous ne pouvez pas avaler de médicaments, certains d’entre eux peuvent être écrasés et administrés par la sonde d’alimentation. Votre équipe de soins verra à ce que vous puissiez recevoir vos médicaments de manière sécuritaire.

Soins de la sonde d’alimentation et de la peau qui l’entoure

La sonde d'alimentation et la peau qui l'entoure ont besoin de soins particuliers. Une infirmière vous montrera quoi faire avant que vous quittiez l’hôpital. On vous indiquera comment administrer la préparation nutritionnelle et rincer la sonde avec de l'eau. La peau qui entoure la sonde devra être nettoyée.

Effets secondaires et risques de l’alimentation par sonde

Les membres de votre équipe de soins, entre autres une diététiste, s’emploieront à réduire les risques associés à l’alimentation par sonde et vous aideront à gérer ses effets secondaires.

Les effets secondaires et les risques de l’alimentation par sonde comprennent ceux qui suivent :

  • aspiration;
  • nourriture dans l’estomac qui retourne dans la sonde d’alimentation (régurgitation);
  • nausées et vomissements;
  • gaz, ballonnements ou crampes;
  • déshydratation;
  • constipation;
  • sécheresse buccale;
  • blocage de la sonde d’alimentation;
  • chute ou déplacement de la sonde d’alimentation;
  • infection ou irritation de la peau à l’endroit où la sonde entre dans le corps;
  • saignement;
  • diarrhée;
  • fuite de liquide autour de la sonde;
  • syndrome de chasse.

Alimentation par intraveineuse (IV)

L’alimentation par intraveineuse (IV) permet d’administrer des liquides et des éléments nutritifs directement dans la circulation sanguine par le biais d’un cathéter inséré dans une veine. L’alimentation par IV ne fait pas appel à l’estomac ou aux intestins pour digérer la nourriture. On aura recours à l’alimentation par IV si :

  • votre appareil digestif ne fonctionne pas bien;
  • votre intestin a besoin de repos (aucun aliment ne peut passer par votre tube digestif);
  • vous ne pouvez pas être alimenté par sonde pour une raison ou une autre.

L’alimentation par IV est aussi appelée nutrition parentérale.

L’alimentation par IV fournit :

  • des glucides (glucose et dextrose);
  • des protéines (acides aminés);
  • des matières grasses (lipides);
  • des vitamines (A, B, C, D et E) et des minéraux (zinc, cuivre, chrome, manganèse, iodure et sélénium);
  • des électrolytes (calcium, magnésium, phosphore, sodium, potassium, acétate et chlorure);
  • de la vitamine K, si vous ne prenez pas d’anticoagulants;
  • des liquides.

C’est un pharmacien qui prépare le soluté d’alimentation par IV. Une diététiste travaille en étroite collaboration avec le pharmacien pour s’assurer que le soluté réponde à vos besoins nutritionnels spécifiques. On fera des analyses sanguines pour vérifier vos taux sanguins de potassium, de sucre, de sodium et d’autres substances. Ces analyses aident à déterminer la quantité de chaque élément nutritif qu’il vous faut afin de préparer un soluté adéquat pour l’alimentation par IV.

Comment on administre l’alimentation par IV

Le cathéter peut être inséré dans une veine du thorax ou du bras. Le choix de la voie d’administration se fera selon que vous aurez besoin d’être alimenté par IV pendant une longue ou une courte période.

La nutrition parentérale totale (NPT) est administrée par un cathéter veineux central (plus précisément par un cathéter central inséré par voie périphérique, ou CCIP) installé sous la peau par un chirurgien, dans une grosse veine du thorax. On aura recours à la NPT si vous avez besoin d’être alimenté par IV pendant plus d’une semaine.

La nutrition parentérale périphérique (NPP) est administrée par un cathéter installé dans une veine du bras. Une chirurgie n’est pas nécessaire dans ce cas. On aura recours à la NPP si vous avez besoin d’être alimenté par IV pendant moins d’une semaine et que vous n’avez pas de cathéter veineux central déjà en place.

On débute habituellement l’alimentation par IV à l'hôpital par perfusion constante sur une période de 24 heures. Chaque matin on vous pèse à environ la même heure pour surveiller l’équilibre de vos liquides corporels. On vous fait également un prélèvement sanguin tous les jours pour mesurer vos taux d'électrolytes et vérifier le fonctionnement de votre foie et de vos reins. Cela aide l'équipe de soins à savoir si le soluté d’alimentation par IV répond à vos besoins nutritionnels. Une fois que votre corps s’est adapté à l’alimentation par IV, celle-ci peut se poursuivre à la maison de 10 à 14 heures par jour. Votre équipe de soins vous donnera les directives à suivre pour l’administration de l’alimentation par IV à la maison.

Effets secondaires et risques de l’alimentation par IV

Les membres de votre équipe de soins, entre autres une diététiste, s’emploieront à réduire les risques associés à l’alimentation par IV et vous aideront à gérer ses effets secondaires.

Les effets secondaires et les risques de l’alimentation par IV comprennent ceux qui suivent :

  • infection;
  • baisse du taux de sucre sanguin (hypoglycémie);
  • hausse du taux de sucre sanguin (hyperglycémie);
  • surcharge de liquide;
  • saignement;
  • tube à perfusion IV qui se détache ou se déplace;
  • caillots sanguins;
  • embolie gazeuse;
  • accumulation d’air dans l’espace entre le poumon et la paroi thoracique (pneumothorax);
  • maladie du foie ou insuffisance hépatique provoquée par l’alimentation par IV;
  • affaiblissement des cellules gastro-intestinales (atrophie gastro-intestinale).

gastro-intestinal (GI)

Terme qui désigne tout ce qui a rapport aux organes digestifs.

Le tractus gastro-intestinal (GI), ou tube digestif, comprend la bouche, le pharynx (gorge), l’œsophage, l’estomac, l’intestin grêle et le gros intestin.

endoscope

Instrument mince semblable à un tube muni d’une source lumineuse et d’une lentille qui sert à examiner ou à traiter des organes ou des structures du corps.

L’endoscope peut être flexible ou rigide. Il peut être doté d’un outil servant à prélever du tissu devant être examiné. Les endoscopes spécialisés peuvent être équipés d’autres accessoires conçus pour l’examen ou le traitement d’organes ou de structures spécifiques du corps.

On nomme chaque endoscope spécialisé selon l’organe ou la structure qu’il permet d’examiner ou de traiter.

cathéter

Tube flexible utilisé pour introduire des liquides dans le corps ou en retirer.

Un cathéter intraveineux, par exemple, permet d’introduire un liquide dans le corps par une veine et un cathéter urinaire, ou sonde urinaire, sert à évacuer à l'extérieur du corps l'urine qui est dans la vessie.

cathéter veineux central

Cathéter (tube flexible) qui est inséré dans la veine cave (grosse veine qui mène au coeur) en passant par une autre veine du cou, de l’aine ou du thorax.

Le cathéter veineux central peut servir à administrer de manière continue des liquides ou des médicaments ou bien à prélever du sang. Il peut servir aussi à mesurer la pression du sang qui retourne au coeur (pression veineuse centrale, ou PVC) et à déterminer la quantité de sang pompée par le coeur.

Le cathéter veineux central est aussi appelé voie centrale, voie veineuse centrale ou cathéter d’accès veineux central.

embolie

Obstruction d’un vaisseau sanguin par un caillot de sang ou d’autres substances.

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