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Opération de Whipple

L’opération de Whipple est aussi appelée pancréatoduodénectomie. C’est une chirurgie lors de laquelle on enlève une partie du pancréas ainsi que le duodénum. On enlève aussi la partie inférieure de l’estomac, la vésicule biliaire et une partie du canal cholédoque.

Dans certains cas, on peut faire une opération de Whipple modifiée. Cette intervention n’affecte pas le fonctionnement normal de l’estomac.

Pourquoi on fait une opération de Whipple

On peut avoir recours à l’opération de Whipple pour traiter un cancer dans différents organes dont ceux-ci :

  • pancréas
  • canal biliaire
  • vésicule biliaire
  • intestin grêle, dont la partie supérieure du duodénum ou l’ampoule de Vater (région où les canaux du pancréas et du foie entrent dans le duodénum)

Comment se déroule l’opération de Whipple

L’opération de Whipple est une chirurgie importante. Elle se déroule à l’hôpital sous anesthésie générale (vous serez inconscient).

Le chirurgien fait une incision, ou coupure, dans l’abdomen. Il examine ensuite tous les organes qui s’y trouvent pour s’assurer que le cancer peut être enlevé complètement sans endommager de structures vitales.

Si possible, le chirurgien enlève la tumeur ainsi qu’une partie du tissu sain qui l’entoure, ce qu’on appelle marges chirurgicales. Les tissus enlevés lors de la chirurgie sont expédiés au laboratoire et examinés par un pathologiste, c’est-à-dire un médecin spécialisé dans les causes et la nature des maladies. Le pathologiste établit le stade, ou quantité, du cancer dans les tissus et la présence de cellules cancéreuses dans les marges chirurgicales. En se basant sur le rapport du pathologiste, votre médecin décide alors si d’autres examens, interventions, soins de suivi ou traitements sont nécessaires.

Opération de Whipple

Lors de l’opération de Whipple, le chirurgien enlève les organes suivants :

  • la tête du pancréas
  • la vésicule biliaire
  • le duodénum (première partie de l'intestin grêle)
  • le pylore (section inférieure de l’estomac qui est reliée au duodénum)
  • une partie du canal cholédoque (canal qui transporte la bile du foie et de la vésicule biliaire jusqu’au duodénum)
  • les ganglions lymphatiques voisins

Schéma de ce qu'on enlève lors de l'opération de Whipple

Après avoir enlevé ces organes, le chirurgien fixe l’extrémité restante de l’estomac au jéjunum (gastrojéjunostomie). Il fixe aussi la partie restante du canal cholédoque et du pancréas au jéjunum afin que la bile et les sucs pancréatiques puissent s’écouler dans le jéjunum. Ces sucs aident à neutraliser l’acide gastrique et à réduire le risque de formation d’un ulcère dans la région.

Schéma de la reconstruction après l'opération de Whipple

Opération de Whipple modifiée

L’opération de Whipple modifiée est aussi appelée pancréatoduodénectomie avec conservation du pylore. On enlève les mêmes organes que lors de l’opération de Whipple sauf le pylore. Lors de cette chirurgie, on n’enlève aucune partie de l’estomac, alors il continue à fonctionner normalement. Les personnes qui subissent l’opération de Whipple modifiée n’éprouvent pas les troubles nutritionnels possibles après l’opération de Whipple.

Schéma de ce qu'on enlève lors de l'opération de Whipple modifiée

Après avoir enlevé ces organes, le chirurgien fixe au jéjunum l’extrémité restante du duodénum qui est reliée à l’estomac (duodénojéjunostomie). Il fixe aussi la partie restante du canal cholédoque et du pancréas au jéjunum afin que la bile et les sucs pancréatiques puissent s’écouler dans le jéjunum.

Schéma de la reconstruction après l'opération de Whipple modifiée

Effets secondaires

Les effets secondaires peuvent se manifester n’importe quand pendant, tout de suite après ou quelques jours voire quelques semaines après l’opération de Whipple. Il arrive parfois que des effets secondaires apparaissent des mois ou des années à la suite de l’opération de Whipple (effets tardifs). La plupart disparaissent d’eux-mêmes ou peuvent être traités, mais certains risquent de durer longtemps ou d’être permanents.

L'opération de Whipple engendre un risque assez élevé de complications. Environ 30 à 50 % des personnes qui subissent cette chirurgie auront des effets secondaires. Avisez votre équipe de soins si vous éprouvez l’un des effets secondaires suivants.

La douleur se manifeste souvent après la chirurgie à cause du traumatisme subi par le tissu lors de l'intervention. La douleur peut prendre un certain temps avant de disparaître à la suite de la chirurgie. On a recours aux antidouleurs pour la maîtriser. Consultez votre médecin si la douleur persiste ou si les antidouleurs ne la soulagent pas. Apprenez-en davantage sur la douleur.

L’infection peut apparaître après la chirurgie. On insère parfois des tubes autour de la plaie infectée pour évacuer l'excès de liquide. Votre médecin peut aussi vous prescrire des antibiotiques pour aider à prévenir ou à traiter les infections. L'infection de la plaie est un effet secondaire temporaire de la chirurgie. Apprenez-en davantage sur les infections.

Il peut y avoir un saignement ou une hémorragie si un vaisseau sanguin n'a pas été scellé lors de la chirurgie ou si vous avez un trouble de coagulation du sang. On peut s'attendre à ce qu'il y ait un petit écoulement sanguinolent après la chirurgie. Signalez tout saignement abondant à votre médecin ou à votre équipe de soins.

Il y a parfois un écoulement de bile, d’acide gastrique ou de sucs pancréatiques des extrémités saines de l’estomac, du duodénum ou d’un canal biliaire qui ont été reliées au jéjunum. C’est une fuite anastomotique.

La vidange gastrique retardée est caractérisée par la présence de nourriture dans l’estomac plus longtemps que d’habitude. Cela se produit quand l’estomac est partiellement paralysé parce que des nerfs ont été endommagés lors de la chirurgie. La vidange gastrique retardée peut causer la nausée, des vomissements et une sensation de plénitude. Elle disparaît habituellement de 4 à 12 semaines après la chirurgie. Il est possible qu’on vous pose une sonde d’alimentation afin de s’assurer que vous êtes suffisamment nourri. La vidange gastrique retardée est plus fréquente après une opération de Whipple modifiée qu’une opération de Whipple.

Le syndrome de chasse est caractérisé par le passage trop rapide de la nourriture de l'estomac à l'intestin grêle. On peut aussi dire vidange gastrique rapide. Le syndrome de chasse est susceptible de se produire après l’opération de Whipple, mais il est peu fréquent après l’opération de Whipple modifiée. Apprenez-en davantage sur le syndrome de chasse.

Des troubles nutritionnels peuvent apparaître après la chirurgie s’il y a absence d’enzymes digestives, de sucs pancréatiques ou de bile. Cela risque de causer un manque d'appétit, une mauvaise absorption des matières grasses, la diarrhée, des ballonnements et une difficulté à digérer. Vous pourriez devoir prendre des enzymes digestives.

Après la chirurgie

Après la chirurgie, vous devrez rester à l’hôpital pendant plusieurs jours. On vous donnera des antidouleurs par le biais d’une aiguille insérée dans une veine (intraveineuse) afin que vous vous sentiez bien.

On vous administrera aussi des liquides par voie intraveineuse jusqu’à ce que vous soyez en mesure de boire et de manger de nouveau. On pourrait également vous avoir posé une sonde d’alimentation. Quand vous serez en mesure de boire et de manger de nouveau, on vous offrira d’abord des liquides clairs. Les aliments solides et les repas complets seront réintégrés peu à peu.

Il est possible qu’on vous pose une sonde pour évacuer l’urine de votre vessie dans un sac. Des drains permettront de recueillir tout excès de liquide ou de sang. On les enlèvera quelques jours plus tard.

Une fois qu’on a enlevé une partie du pancréas, ce qui en reste pourrait ne pas être en mesure de fabriquer suffisamment d’insuline pour contrôler votre taux de sucre sanguin. On vous fera donc des injections d’insuline. Habituellement, ce n’est nécessaire que jusqu’à ce que le pancréas se rétablisse de la chirurgie et qu’il recommence à produire de l’insuline.

Vous pourriez aussi devoir prendre des enzymes digestives par la bouche pour aider votre corps à décomposer et à absorber les matières grasses et les protéines.

Considérations particulières pour les enfants

On a parfois recours à l’opération de Whipple pour traiter une tumeur du pancréas, comme l’adénocarcinome, chez l’enfant.

Le fait qu'un enfant soit préparé à un examen ou à une intervention peut réduire son niveau d'anxiété, accroître sa collaboration et l'aider à développer des habiletés d'adaptation. Les parents ou la personne qui prend soin de l’enfant peuvent aider à le préparer en lui expliquant ce qui se passera lors de l’opération, dont ce qu'il verra, ressentira et entendra.

La préparation d’un enfant à l’opération de Whipple dépend de son âge et de son expérience. Apprenez-en davantage sur la préparation d’un enfant à une intervention diagnostique ou thérapeutique.

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