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Exentération pelvienne

L’exentération pelvienne est une chirurgie qui permet d’enlever certains organes reproducteurs ainsi que les ganglions lymphatiques du bassin. C’est une intervention chirurgicale importante qu’on peut pratiquer pour traiter un cancer du bassin de stade avancé ou un cancer du bassin qui a récidivé, c’est-à-dire qui est réapparu.

Pourquoi on fait une exentération pelvienne

On peut faire une exentération pelvienne pour :

  • traiter un cancer avancé ou récidivant des organes reproducteurs de la femme (cancer gynécologique), dont les cancers du col de l’utérus, de l’utérus, de l’ovaire, du vagin et de la vulve;
  • traiter un cancer colorectal avancé ou récidivant qui s’est propagé aux organes voisins.

Types d’exentération pelvienne

Il existe 3 types d'exentération pelvienne. Dans tous les cas, on enlève certains organes reproducteurs ainsi que les ganglions lymphatiques du bassin.

Chez la femme,  les organes reproducteurs qu’on enlève sont les ovaires, les trompes de Fallope, l’utérus, le col de l’utérus et le vagin. On peut enlever la vulve (organes sexuels externes de la femme dont le clitoris et les lèvres) chez certaines femmes atteintes du cancer du col de l’utérus.

Chez l’homme, les organes reproducteurs qu’on enlève sont la prostate et les vésicules séminales.

Les 3 types d’exentération pelvienne sont définis par le fait qu’on enlève aussi ou non la vessie, le rectum ou les deux.

  • Lors de l’exentération antérieure, on enlève la vessie mais pas le rectum. On y a recours s’il n’y a pas de cancer dans le rectum.
  • Lors de l’exentération postérieure, on enlève le rectum mais pas la vessie. On y a recours s’il n’y a pas de cancer dans la vessie.
  • Lors de l’exentération totale, on enlève la vessie et le rectum.

Avant une exentération pelvienne

Avant la chirurgie, votre équipe de soins vous renseigne en profondeur sur l’opération. Elle vous aide également à vous préparer aux changements que votre corps subira et à votre vie après la chirurgie. Les centres de traitement vous offrent habituellement, ainsi qu’à votre famille, du counseling et d’autres services de soutien affectif avant et après l’opération.

L’équipe de soins doit recueillir beaucoup de renseignements afin de savoir si une personne est une candidate à l’exentération pelvienne. Vous passerez des examens médicaux, comme des analyses sanguines et des tests de la fonction cardiaque et respiratoire, pour aider votre médecin à décider si vous êtes en assez bonne santé pour subir la chirurgie. Vous passerez aussi des examens d’imagerie, comme une TDM ou une IRM, afin qu’on sache si le cancer s’est propagé hors de votre bassin. Si on observe du cancer à l’extérieur de votre bassin, il est possible qu’on ne puisse pas pratiquer d’exentération pelvienne. Apprenez-en davantage sur les tests et interventions qu’on peut faire avant une exentération pelvienne.

Il arrive parfois qu’on administre une chimiothérapie ou une radiothérapie avant l’exentération pelvienne. Ces traitements aident à réduire la taille de la tumeur afin de la rendre plus facile à enlever.

Pendant l’exentération pelvienne

L’exentération pelvienne se déroule en 2 étapes. La première est l’exentération, ou résection. La seconde est la reconstruction.

Exentération

Avant l’exentération, le chirurgien peut faire quelques petites incisions dans l’abdomen. Il peut aussi se servir d’un laparoscope (instrument mince semblable à un tube muni d’une lumière et d’une lentille) pour observer l’intérieur de l’abdomen. Cela lui permet d’examiner les organes de la cavité abdominale, la cavité péritonéale ainsi que les parois de l’abdomen et du bassin.

Le  chirurgien peut prélever du tissu qui sera examiné au microscope dans le but de savoir s’il est atteint par le cancer. On envoie les prélèvements au laboratoire qui seront examinés alors que la personne est en salle d’opération. S’ils contiennent des cellules cancéreuses, on cesse l’opération. S’ils ne sont pas atteints par le cancer, on poursuit la chirurgie.

Pendant l’exentération, le chirurgien fait une grande incision dans le bas de l’abdomen et le bassin. Puis il observe l’intérieur de l'abdomen afin de détecter tout signe de cancer dans les régions qui empêcheraient de poursuivre l’opération. Le chirurgien peut enlever des ganglions lymphatiques ou y faire des prélèvements afin de savoir s’ils sont atteints par le cancer.

Si le chirurgien pense qu’il peut enlever complètement la tumeur, il commence alors l’exentération pelvienne. Le chirurgien enlève les organes reproducteurs, les ganglions lymphatiques pelviens et d’autres tissus de soutien dans le bassin. Il peut aussi enlever la vessie, le rectum ou les deux. Il arrive parfois qu’on enlève une partie du côlon. Il est possible que le chirurgien doive faire une autre incision dans le périnée (région entre les organes génitaux et l’anus) pour enlever certains de ces organes.

Reconstruction

La reconstruction est la deuxième étape de la chirurgie. On y a recours pour aider à rétablir les fonctions urinaire et intestinale si on a enlevé la vessie, le rectum ou le côlon lors de l’exentération pelvienne. On peut faire différents types de reconstruction selon les organes enlevés.

Dérivation urinaire

La dérivation urinaire est une technique de reconstruction qui permet de créer une nouvelle façon pour le corps d'emmagasiner et d'évacuer l'urine si on enlève la vessie. On se sert d’un segment de l’intestin grêle de la personne pour faire la dérivation. Le chirurgien dirige l’urine vers cette poche puis hors du corps par une ouverture artificielle appelée stomie pratiquée dans la paroi abdominale. C’est une urostomie. Une autre option est de relier le segment de l’intestin à l’urètre (tube qui fait circuler l’urine de la vessie à l’extérieur du corps). Apprenez-en davantage sur la dérivation urinaire.

Colostomie

La colostomie est une intervention chirurgicale qui permet de créer une ouverture artificielle appelée stomie entre le côlon et la surface externe du corps par la paroi abdominale. Les selles peuvent ainsi être évacuées du corps si le rectum, une partie du côlon ou les deux sont enlevés. Le chirurgien fixe l’extrémité restante du côlon à l’ouverture pratiquée dans l’abdomen. Les selles peuvent passer par la stomie pour être éliminées dans un petit sac de plastique porté sur le devant de l’abdomen. Apprenez-en davantage sur la colostomie.

Dans certains cas, le chirurgien peut fixer l’extrémité coupée du côlon au rectum ou à l’anus. Ce type de reconstruction est appelé anastomose. Quand on y a recours, il n’est pas nécessaire de faire une colostomie et la personne peut aller à la selle normalement.

Reconstruction vaginale

Il faut effectuer une reconstruction vaginale si on a enlevé le vagin de la femme au cours de l’exentération pelvienne. On fait souvent ce type de reconstruction en même temps que l’exentération pelvienne. On forme le nouveau vagin, appelé néovagin, avec de la peau, des bouts de muscle et des segments d’intestin. Apprenez-en davantage sur la reconstruction vaginale.

Après une exentération pelvienne

Votre médecin décide quels examens, interventions, soins de suivi ou autres traitements sont nécessaires après l’exentération pelvienne. Votre équipe de soins s’assure que vous savez comment prendre soin de vous à la suite de la chirurgie.

  • Jusqu'à 6 mois ou plus peuvent être nécessaires pour se rétablir d'une exentération pelvienne. S’adapter aux changements qu’a subis le corps peut prendre un an ou plus. Votre équipe de soins peut faire des arrangements pour que vous et votre famille receviez les soins et le soutien nécessaires pour vous adapter aux changements du corps et de vie.

Effets secondaires

Peu importe le traitement, il est possible que des effets secondaires se produisent. Cependant, ils n’affectent pas toutes les personnes; si c’est le cas, chacune ne les ressent pas de la même façon.

Les effets secondaires de la chirurgie dépendent surtout des éléments suivants :

  • quels organes et structures sont enlevés lors de l’exentération pelvienne;
  • votre état de santé global.

Effets secondaires à court terme

Les effets secondaires à court terme peuvent se manifester lors de l’exentération pelvienne, tout de suite après ou seulement quelques semaines plus tard. En général, ils sont temporaires. Ces effets peuvent être les suivants :

  • douleur;
  • caillots sanguins dans une jambe (thrombose veineuse profonde, ou TVP);
  • caillots sanguins dans un poumon (embolie pulmonaire, ou EP);
  • saignement;
  • infection;
  • mauvaise cicatrisation de la plaie;
  • fuites où les structures sont reliées (fuites anastomotiques);
  • infection pulmonaire (pneumonie);
  • accumulation de liquide dans les poumons (œdème pulmonaire).

Avisez votre équipe de soins si vous avez n’importe lequel de ces effets secondaires. On vous prescrira des médicaments pour maîtriser la douleur et on peut vous aider à traiter ces effets.

Effets secondaires à long terme

Les effets secondaires à long terme peuvent apparaître des mois voire des années après l’exentération pelvienne et durer un long moment. Ces effets peuvent être les suivants :

  • accumulation de lymphe dans les membres, soit un lymphœdème, parce qu’on a enlevé les ganglions lymphatiques du bassin;
  • changements de l’estime de soi, de l’image corporelle et de la sexualité;
  • troubles sexuels;
  • blocage partiel ou complet de l’intestin, soit une occlusion intestinale, causé par des bandes de tissu cicatriciel (adhérences);
  • fistule, ou ouverture anormale, dans les structures des voies urinaires ou de l’intestin qui restent;
  • troubles aux reins, comme une infection appelée pyélonéphrite ou l’insuffisance rénale;
  • obstruction urinaire, soit le blocage des uretères (tubes qui font circuler l’urine des reins à la vessie);
  • mort des tissus (nécrose) utilisés pour reconstruire le vagin ou pour faire la stomie.

Puisqu’on a enlevé les organes reproducteurs lors de l’exentération pelvienne, les hommes et les femmes qui subissent cette chirurgie peuvent éprouver des troubles sexuels. Les hommes peuvent être impuissants si les nerfs qui contrôlent les érections ont été endommagés ou coupés afin qu’on enlève le cancer. Toutes les femmes seront stériles, soit incapables de tomber enceintes, puisqu’on a enlevé leur utérus. Certaines femmes peuvent aussi éprouver des troubles sexuels à cause du tissu cicatriciel ou du rétrécissement du vagin. Elles risquent d’être ménopausées à cause du traitement qui a nécessité l’ablation des ovaires, donc avoir de la sécheresse vaginale ou d’autres symptômes de ménopause. Apprenez-en davantage sur les troubles sexuels chez l’homme, les troubles sexuels chez la femme et la ménopause provoquée par le traitement.

Discutez avec votre équipe de soins des effets secondaires à long terme de l’exentération pelvienne. Ils peuvent aussi vous aider à faire face aux changements d’estime de soi et d’image corporelle et à la sexualité après un cancer.

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Dr Shawn Li Je suis infiniment reconnaissant envers la Société canadienne du cancer pour son soutien à ma recherche par une Subvention pour l’innovation.

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