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Troubles de la fertilité

Le cancer et son traitement peuvent endommager l’appareil reproducteur. Ces lésions peuvent engendrer des troubles de la fertilité qui nuisent à la capacité d’une femme de tomber enceinte ou de mener une grossesse à terme ou à celle d’un homme de rendre une femme enceinte.

Si vous désirez avoir des enfants un jour, discutez avec votre équipe de soins avant d’entreprendre un traitement du cancer. Vous pouvez aussi demander qu’on vous dirige vers un spécialiste de la fertilité ou vers une clinique de fertilité. Afin de vous voir offrir le plus grand nombre d’options possible, il est préférable de consulter un conseiller en fertilité avant le début du traitement. Un spécialiste de la fertilité peut vous renseigner sur :

  • les effets possibles du traitement du cancer sur la fertilité
  • les options de traitement contre l’infertilité les plus appropriées dans votre cas
  • le coût des différentes options de traitement contre l’infertilité, y compris celui de l’entreposage à long terme
  • vos chances d’avoir des enfants en ayant recours à la procréation médicalement assistée (PMA)
  • vos droits et vos obligations juridiques

Si votre état de santé n’est pas assez bon pour qu’on effectue des interventions en lien avec la fertilité avant le début du traitement du cancer, il est possible qu’on puisse vous proposer d’autres options plus tard. Un spécialiste de la fertilité pourra vous aider à évaluer vos options lorsque vous serez prêt à avoir des enfants.

L’oncofertilité est une nouvelle spécialité médicale se concentrant sur des manières d’aider les personnes qui désirent avoir des enfants après le traitement du cancer. Au Canada, on compte certains spécialistes et certaines cliniques d’oncofertilité.

Le financement des traitements contre l’infertilité varie d’une province canadienne à l’autre. Demandez à votre spécialiste de la fertilité quelles options sont remboursées dans votre province.

Traitements du cancer et fertilité

Options de traitement contre l’infertilité chez l’homme

Options de traitement contre l’infertilité chez la femme

Recherche sur les options de traitement contre l’infertilité

Traitements du cancer et fertilité

Les effets du traitement du cancer sur la fertilité dépendent du type de traitement administré. D’autres facteurs affectant la fertilité comprennent votre âge, votre état de santé global, le type de cancer dont vous êtes atteint, votre fertilité avant le traitement et le temps écoulé depuis la fin du traitement.

Chirurgie

Certaines interventions chirurgicales pratiquées pour traiter le cancer peuvent entraîner des troubles de la fertilité ou même causer une infertilité permanente.

Chez l’homme, les testicules produisent les spermatozoïdes et les hormones sexuelles mâles. L’ablation d’un seul testicule ne réduit généralement pas la capacité d’un homme de procréer. Il est rare que les deux testicules soient enlevés. La prostate est une glande produisant un liquide qui se mélange aux spermatozoïdes pour former le sperme. Un homme à qui on enlève la prostate n’est plus en mesure de fabriquer du sperme. Les nerfs du pénis ou de la prostate sont parfois endommagés lors des opérations effectuées pour traiter le cancer de la vessie ou de la prostate. Cela peut nuire à l’expulsion du sperme (éjaculation) ou provoquer un dysfonctionnement érectile (incapacité d’avoir et de maintenir une érection suffisamment ferme pour permettre une relation sexuelle).

Chez la femme, les ovaires produisent les ovules et les hormones sexuelles femelles. Si on enlève les deux ovaires d’une femme, celle-ci ne sera plus en mesure de fabriquer des ovules et elle ne pourra donc plus tomber enceinte. Durant la grossesse, le bébé se développe et grossit dans l’utérus, qui le porte et le nourrit. Si on retire cet organe, le bébé n’a alors nulle part où croître.

Radiothérapie

Une radiothérapie dirigée vers le bassin ou les organes reproducteurs peut causer des troubles de la fertilité temporaires ou permanents. En général, plus la dose de radiation administrée est élevée, plus le risque que l’infertilité soit permanente est grand. Selon le type et l’emplacement du cancer, votre équipe de soins peut tenter de préserver votre fertilité en protégeant vos organes reproducteurs lors des séances de radiothérapie.

Chez l’homme, une radiothérapie aux testicules peut réduire le nombre de spermatozoïdes et nuire à leur fonctionnement normal. Une radiothérapie du cancer de la prostate peut entraîner un dysfonctionnement érectile.

Chez la femme, la radiothérapie peut causer des dommages permanents aux ovaires, ce qui risque d’engendrer une ménopause provoquée par le traitement et une perte de la fertilité. Elle peut aussi endommager l’utérus.

Chez la femme comme chez l’homme, il arrive qu’une radiothérapie dirigée vers la région cérébrale, dont fait partie l’hypophyse, ait des conséquences sur la fertilité. L’hypophyse est une glande sécrétant des hormones qui stimulent la production d’ovules par les ovaires et la production de spermatozoïdes par les testicules.

Chimiothérapie

Selon le type, le nombre et la dose des médicaments employés, la chimiothérapie peut occasionner des troubles de la fertilité. En général, les agents alkylants, des médicaments qui s’attaquent à l’ADN, sont ceux qui nuisent le plus à la fertilité. Bien que les agents chimiothérapeutiques puissent endommager les ovaires, les ovules et les cellules qui produisent les spermatozoïdes, leurs effets sur la fertilité sont parfois temporaires. La probabilité de retrouver la fertilité est habituellement plus grande chez les femmes et les hommes qui sont jeunes.

Chez l’homme, de nombreux agents chimiothérapeutiques peuvent affecter les testicules et réduire la production de spermatozoïdes. Ces médicaments peuvent aussi endommager les spermatozoïdes et les empêcher de fonctionner normalement.

Chez la femme, les agents chimiothérapeutiques peuvent nuire au bon fonctionnement des ovaires et arrêter la libération d’ovules (ovulation). Les lésions subies par les ovaires et la perte d’ovules sains peuvent engendrer une ménopause précoce, laquelle peut être temporaire ou permanente en fonction de nombreux facteurs individuels. L’âge compte pour beaucoup : en général, plus une femme est jeune, plus elle est susceptible de continuer à ovuler et de demeurer fertile.

Hormonothérapie

L’hormonothérapie utilisée pour traiter certains types de cancer peut entraîner une perte temporaire de la fertilité.

Chez l’homme, l’hormonothérapie du cancer de la prostate peut arrêter ou réduire la production de spermatozoïdes par les testicules.

Chez la femme, l’hormonothérapie du cancer du sein ou de l’ovaire empêche les ovaires de libérer des ovules.

Greffe de cellules souches

Les fortes doses de chimiothérapie et de radiothérapie administrées dans le cadre d’une greffe de cellules souches causent souvent une infertilité permanente chez les hommes comme chez les femmes.

Autres traitements du cancer

Le traitement ciblé et l’immunothérapie sont des traitements récents auxquels on a de plus en plus recours pour traiter le cancer. Puisqu’ils sont employés depuis peu, leurs effets à long terme sur la fertilité demeurent méconnus. Si vous avez reçu l’un de ces types de traitement du cancer, discutez avec votre équipe de soins de leurs effets possibles sur la fertilité.

Options de traitement contre l’infertilité chez l’homme

Le recours à une banque de sperme constitue la principale option de traitement contre l’infertilité chez l’homme. Cette option est uniquement envisageable chez les hommes ayant atteint l’âge de la puberté et dont les testicules produisent des spermatozoïdes.

Avant le début du traitement du cancer, l’homme recueille des échantillons de son sperme et les remet à une banque de sperme. Si un homme a de la difficulté à éjaculer, le sperme peut être recueilli par électroéjaculation. Cette technique consiste à insérer une sonde particulière dans le rectum, de la placer près de la prostate et d’y faire circuler un courant électrique pour provoquer une éjaculation. Une autre méthode utilise de la vibration au lieu d’un courant électrique. Les échantillons sont analysés afin de compter le nombre de spermatozoïdes qu’ils contiennent, d’observer la forme de ceux-ci et d’évaluer leur capacité de se déplacer (« nager »). Le sperme est ensuite congelé puis entreposé pour son usage ultérieur.

L’extraction testiculaire de spermatozoïdes (TESE) et la ponction percutanée de spermatozoïdes épididymaires (PESA) sont deux autres techniques qui permettent de recueillir des spermatozoïdes. La TESE est une opération au cours de laquelle on prélève de très petits fragments de tissu dans le testicule. La PESA est une intervention moins effractive lors de laquelle on prélève des spermatozoïdes dans l’épididyme (tube replié sur lui-même qui repose sur la partie supérieure du testicule et où le sperme est emmagasiné avant d’être éjaculé) à l’aide d’une aiguille très mince (ponction à l’aiguille fine). La TESE ou la PESA peut être employée chez les hommes ou les garçons avant qu’ils entreprennent leur traitement du cancer, comme une chimiothérapie. On peut aussi avoir recours à l’une de ces techniques chez certains hommes qui ne sont plus capables d’éjaculer après une chirurgie du cancer de la prostate ou de la vessie.

Le tissu ou le liquide prélevé par TESE ou par PESA est examiné afin de savoir s’il contient des spermatozoïdes. Si on en trouve, on peut s’en servir immédiatement pour une fécondation in vitro ou les congeler en vue de les utiliser plus tard.

Lorsque l’homme est prêt à avoir des enfants, plusieurs méthodes peuvent être employées pour féconder l’ovule d’une femme à l’aide de son sperme.

Lors de la fécondation in vitro (FIV), on utilise le sperme d’un homme pour féconder l’ovule d’une femme dans une éprouvette en laboratoire. L’ovule fécondé est ensuite implanté dans l’utérus de la femme.

 

Lors de l’injection intracytoplasmique d’un spermatozoïde (ICSI), on injecte un seul spermatozoïde dans un seul ovule. L’ovule fécondé est ensuite implanté dans l’utérus de la femme.

Lors de l’insémination intra-utérine (IIU), on injecte le sperme mis en banque dans l’utérus d’une femme après l’ovulation.

Options de traitement contre l’infertilité chez la femme

Les options de traitement contre l’infertilité chez la femme comprennent la congélation d’ovules ou d’embryons.

Pour employer l’une ou l’autre de ces méthodes, il faut d’abord recueillir des ovules matures dans les ovaires. Il arrive qu’on doive retarder le traitement du cancer en attendant qu’il y ait suffisamment d’ovules à recueillir. Lorsque le traitement du cancer doit commencer aussitôt qu’une femme reçoit son diagnostic, il se peut qu’on ne soit pas en mesure de recueillir ses ovules.

On administre habituellement des hormones appelées gonadotrophines pour augmenter le nombre d’ovules matures dans les ovaires, ce qui accroît les chances de grossesses futures.

Si vous êtes atteinte d’un type de cancer qui croît en présence d’hormones, comme le cancer du sein, vous pourriez aussi recevoir un médicament appelé létrozole (Femara). Il pourrait être associé à d’autres médicaments hormonaux. Les gonadotrophines et le létrozole stimulent tous deux la maturation des ovules dans les ovaires, mais le létrozole aide aussi à empêcher que le taux élevé d’œstrogène dans le corps favorise la croissance des cellules cancéreuses.

Les médicaments visant à augmenter le nombre d’ovules matures dans les ovaires seront administrés pendant environ 2 semaines, puis on prélèvera les ovules au cours d’une chirurgie d’un jour lors de laquelle on aura recours à l’échographie transvaginale pour visualiser les ovaires et trouver les ovules matures. Lors d’une échographie transvaginale, on place la sonde dans le vagin et on dirige les ondes vers les ovaires au lieu de placer la sonde sur la surface de l’abdomen. Une aiguille est guidée dans la partie supérieure du vagin et dans les ovaires pour recueillir les ovules, qui sont ensuite congelés. Il est possible que les ovules soient fécondés avant leur congélation.

Congélation d’embryons

Un ovule fécondé par un spermatozoïde devient un embryon. Le sperme utilisé pour la fécondation peut être celui d’un partenaire ou d’un donneur de sperme. On a recours à la fécondation in vitro pour concevoir des embryons. Les embryons sont ensuite congelés et entreposés (cryoconservés). Plus tard, ils seront implantés dans l’utérus de la femme.

Si les spermatozoïdes ou les ovules proviennent d’un ou d’une partenaire, du point de vue juridique, celui-ci ou celle-ci a des droits sur les embryons. Ainsi, si votre partenaire et vous concevez et congelez des embryons, vous devez tous les deux vous entendre sur le moment ou ceux-ci seront utilisés ou donnés à d’autres personnes. Les décisions concernant les embryons conçus à l’aide du sperme d’un donneur relèvent de la femme dont les ovules ont été fécondés.

Mise en banque ou congélation d’ovules

La mise en banque ou la congélation d’ovules est aussi appelée congélation ou cryoconservation d’ovocytes. Les ovules prélevés dans les ovaires d’une femme sont congelés. Plus tard, quand la femme est prête à avoir des enfants, les ovules sont décongelés puis fécondés avec le sperme d’un homme.

On a remarqué que les ovules se congelaient et se décongelaient moins bien que les embryons. Les cliniques de fertilité emploient aujourd’hui une technique de congélation rapide appelée vitrification, qui endommagerait moins les ovules.

Certaines cliniques proposent la mise en banque ou la congélation d’ovules uniquement aux femmes qui ont atteint un certain âge, car les femmes plus jeunes possèdent davantage d’ovules et ceux-ci sont généralement plus sains. Le choix de l’âge varie d’une clinique à l’autre.

Bien que la congélation d’ovules n’engendre pas autant de grossesses réussies que la mise en banque ou la congélation d’embryons, cette option peut être envisagée par certaines femmes, par exemple celles qui n’ont pas de partenaire de sexe masculin ou celles qui ne désirent pas avoir recours à un donneur de sperme.

Autres options chirurgicales

Les médecins sont parfois en mesure de proposer des options chirurgicales risquant moins de nuire à la fertilité aux femmes atteintes d’un cancer de l’appareil reproducteur féminin de stade très précoce. On offre seulement ces interventions moins effractives si elles n’ont pas d’effet négatif sur le pronostic.

On peut proposer une trachélectomie élargie aux femmes atteintes d’un cancer du col de l’utérus de stade précoce. Le traitement standard consiste à enlever l’utérus (hystérectomie), ce qui signifie que la femme ne peut plus devenir enceinte. Lors d’une trachélectomie élargie, on laisse l’utérus en place et on enlève seulement le col de l’utérus, la partie supérieure du vagin, certaines structures et certains tissus situés près du col ainsi que des ganglions lymphatiques. Apprenez-en davantage sur la trachélectomie élargie.

L’ablation d’un seul ovaire peut être envisagée pour certaines femmes atteintes d’un cancer de l’ovaire de stade précoce.

On peut proposer un traitement à base d’un progestatif plutôt qu’une hystérectomie aux femmes atteintes d’un cancer de l’utérus de stade précoce. Les progestatifs sont des médicaments qui ralentissent la croissance des cellules cancéreuses. On surveille attentivement les femmes qui reçoivent ce type de traitement pour détecter tout signe indiquant que le cancer n’y réagit pas ou qu’il continue de croître. Une hausse du taux de récidive et la propagation du cancer à l’extérieur de l’utérus sont des risques associés à l’emploi d’un traitement à base d’un progestatif en présence d’un cancer de l’utérus.

Apprenez-en davantage sur l’hormonothérapie du cancer de l’utérus.

Autres façons de devenir parent

Vous pourriez envisager les options suivantes pour devenir parent. Il peut aussi être utile de consulter une agence d’adoption ou un conseiller juridique pour obtenir de l’information sur l’adoption ou sur la maternité de substitution.

Adoption

L’adoption est une option pour les personnes atteintes de cancer. Certaines agences peuvent exiger que vous attendiez un certain temps après le traitement avant d’adopter un enfant. Elles peuvent aussi demander l’avis de votre médecin.

Maternité de substitution

Une mère porteuse est une femme qui porte un enfant et y donne naissance pour quelqu’un d’autre. Au Canada, la maternité de substitution est légale, bien que certaines règles doivent être respectées. Il est important de consulter un avocat spécialisé en droit de la maternité de substitution pour s’assurer que toute entente faite avec une mère porteuse est légale et que les droits de la mère porteuse et des futurs parents sont respectés.

Recours au don de sperme ou d’ovules

Certains couples choisissent d’avoir recours à une insémination artificielle employant le sperme ou les ovules d’un donneur ou d’une donneuse. La donneuse d’ovules peut être anonyme ou connue du couple. Le donneur de sperme est la plupart du temps anonyme et seul du sperme congelé est utilisé. Vous pourriez devoir payer pour avoir recours au don de sperme ou d’ovules.

Recours au don d’embryons

Le don d’embryons provient habituellement d’un couple qui a eu recours à la PMA et qui se trouve avec un surplus d’embryons congelés. Une mère porteuse peut aussi recevoir un don d’embryons.

Le don d’embryons peut servir à une FIV si l’utérus d’une femme est en bonne condition. Dans ce cas-là, celle-ci devra recevoir un traitement hormonal pour préparer le revêtement de son utérus à l’implantation d’un embryon. L’embryon est décongelé avant d’être placé dans l’utérus. On continuera d’administrer le traitement hormonal jusqu’à ce que le placenta de la femme soit capable de fonctionner par lui-même, ce qui prend habituellement 8 à 10 semaines après l’implantation de l’embryon.

Peu de recherches ont porté sur le taux de succès du don d’embryons; il est donc important de s’informer du taux de succès de la FIV au centre où l’intervention aura lieu. La recherche révèle que le transfert d’embryons congelés engendre un taux de naissances vivantes moins élevé que le transfert d’embryons frais, ce qui signifie que moins de bébés naissent lorsqu’on effectue un transfert d’embryons congelés comparativement à un transfert d’embryons frais. Le taux de naissances vivantes est aussi lié à l’âge et à l’état de santé des femmes qui ont recours à la FIV. Les survivantes du cancer risquent d’être plus âgées et en moins bonne santé que les mères porteuses ayant recours à la FIV avec un don d’embryons. La probabilité d’une naissance vivante peut donc être inférieure chez les survivantes du cancer que chez les mères porteuses.

Recherche sur les options de traitement contre l’infertilité

Des chercheurs étudient des façons de préserver la fertilité. Bien que les techniques décrites ci-dessous soient prometteuses, on doit faire plus de recherches afin de connaître leur efficacité et les effets à long terme qu’elles pourraient avoir chez les enfants conçus en les employant. Des inquiétudes ont été soulevées concernant la possibilité que certaines de ces techniques expérimentales, comme la congélation de tissus, réintroduisent des cellules cancéreuses dans le corps, mais d’autres recherches sont nécessaires pour évaluer ce risque.

Il est possible que les options de traitement contre l’infertilité suivantes ne soient pas offertes à tout le monde au Canada.

Congélation d’ovules immatures

On étudie la congélation d’ovules immatures comme option de traitement contre l’infertilité afin d’améliorer les méthodes actuelles qui utilisent des ovules matures. De nombreux ovules matures prélevés dans les ovaires puis congelés en vue d’un usage ultérieur ne se décongèlent pas très bien. Il est possible que les ovules immatures se congèlent et se décongèlent mieux que les ovules matures. Si c’est le cas, la méthode à l’étude sera avantageuse parce qu’elle ne requiert pas que la femme prenne des médicaments hormonaux en attendant la maturation des ovules dans les ovaires. À ce jour, aucune femme ayant reçu un traitement du cancer n’a accouché d’un bébé conçu à l’aide de cette technique (il n’y a pas eu de naissance vivante). Toutefois, la congélation d’ovules immatures a permis à des femmes atteintes d’autres maladies d’avoir des enfants.

Maturation in vitro (MIV)

La maturation in vitro (MIV) est une nouvelle technique consistant à prélever des ovules immatures dans les ovaires avant le début du traitement du cancer, puis à les placer dans une solution particulière pendant leur maturation. Une fois matures, les ovules sont fécondés et deviennent des embryons. Ceux-ci peuvent être congelés jusqu’à la fin du traitement.

La MIV est avantageuse parce que la femme n’a pas à retarder son traitement pendant que des médicaments stimulent la maturation des ovules. Des études ont montré que, chez les femmes de moins de 38 ans, les ovaires contiennent encore beaucoup d’ovules immatures. L’emploi de la MIV a mené à certaines naissances réussies, mais il ne s’agit pas encore d’une option de traitement contre l’infertilité largement utilisée.

Congélation de tissu ovarien

La congélation de tissu ovarien avant le début du traitement du cancer pourrait aider à préserver la fertilité. On enlève puis on congèle l’ovaire entier ou une partie du tissu ovarien contenant des ovules immatures. Celui-ci est conservé jusqu’à ce que la femme soit en bonne santé et qu’il n’y ait plus de trace du cancer.

Quand la femme est prête à avoir des enfants, le tissu ovarien est décongelé puis retourné dans son corps, habituellement près d’une trompe de Fallope. Pour faciliter la collecte ultérieure des ovules, le tissu peut être placé dans d’autres régions du corps, comme l’abdomen ou le bras. Une fois que les ovules sont matures, ils sont prélevés puis fécondés en laboratoire. On implante ensuite les ovules fécondés dans l’utérus de la femme.

Des chercheurs étudient la congélation de tissu ovarien comme méthode de préservation de la fertilité chez les femmes qui doivent entreprendre le traitement du cancer immédiatement et qui ne peuvent pas prendre le temps de se préparer au prélèvement des ovules. Elle peut aussi être employée par des femmes qui refusent d’avoir recours aux médicaments utilisés pour stimuler la maturation des ovules dans les ovaires. Une femme peut également choisir cette option si elle ne veut pas avoir recours au don de sperme pour concevoir des embryons qui seront entreposés. La congélation de tissu ovarien est aussi une option pour les filles qui n’ont pas atteint la puberté.

La congélation de tissu ovarien a mené à des naissances vivantes réussies, mais cette option de traitement contre l’infertilité est encore à l’étude.

Congélation de tissu testiculaire

Le tissu testiculaire, y compris les cellules qui produisent les spermatozoïdes, peut être prélevé lors d’une chirurgie, congelé puis entreposé. Une fois le traitement du cancer terminé, on peut replacer le tissu dans l’un des testicules ou dans les deux. La congélation de tissu testiculaire peut être envisagée chez les garçons n’ayant pas encore atteint la puberté et dont les testicules ne produisent pas de spermatozoïdes. À ce jour, le recours à ce traitement expérimental n’a mené à aucune naissance.

Hormonothérapie

La gonadotrophine est une hormone sécrétée par l’hypophyse qui stimule les ovaires. Deux types de médicaments ont des effets sur l’hormone de libération de la gonadotrophine (GnRH) : les analogues de la GnRH et les antagonistes de la GnRH.

 

Chez la femme, les analogues de la GnRH augmentent d’abord la production des hormones qui stimulent la maturation des ovules dans les ovaires, puis ils causent une diminution du taux de ces hormones, laquelle peut durer longtemps. Les antagonistes de la GnRH diminuent immédiatement le taux des hormones, ce qui empêche la maturation des ovules. Comme ils semblent provoquer moins d’effets secondaires, ils pourraient être plus sûrs que les analogues de la GnRH.

Certaines études, mais pas toutes, indiquent que l’emploi de médicaments agissant sur la GnRH pendant l’administration d’une chimiothérapie pourrait contribuer à protéger les ovaires d’une femme et à préserver sa fertilité. Des recherches comparent les analogues de la GnRH avec les antagonistes de la GnRH afin de déterminer quel type préserve davantage la fertilité de la femme durant le traitement du cancer.

Chez l’homme, les analogues de la GnRH, les antagonistes de la GnRH et les anti-androgènes peuvent mettre les testicules dans un état de « dormance » semblable à celui qui précède la puberté. Certains médecins pensent que ces médicaments pourraient protéger les testicules et réduire le risque d’infertilité chez les hommes recevant une chimiothérapie ou une radiothérapie. Davantage de recherche portant entre autres sur le suivi à long terme est nécessaire avant de pouvoir recommander l’hormonothérapie pour préserver la fertilité de l’homme.

Greffe d’utérus

Lors de certaines chirurgies visant à traiter le cancer, l’utérus d’une femme peut être enlevé, ce qui signifie que celle-ci ne pourra pas devenir enceinte. Les chercheurs étudient la greffe d’utérus chez les femmes qui n’ont plus cet organe. On administre des médicaments aux femmes qui reçoivent l’utérus d’une donneuse pour empêcher que celui-ci ne soit rejeté par leur corps. Une fois que l’utérus est bien en place et qu’il est sain, d’autres médicaments sont utilisés pour le préparer à l’implantation d’un embryon. Le bébé naît par césarienne et on retire l’utérus après l’accouchement. La greffe d’utérus a mené à certaines naissances vivantes, mais beaucoup d’autres recherches sont nécessaires avant que cette méthode ne soit fréquemment employée pour pallier l’infertilité.

appareil reproducteur

Groupe d’organes et de glandes qui participent à la reproduction, c’est-à-dire concevoir un enfant et lui donner naissance.

Chez la femme, l’appareil reproducteur comprend les ovaires, les trompes de Fallope, l’utérus (matrice), le col de l’utérus et le vagin. Les ovaires fabriquent les ovules. Les ovaires produisent aussi les hormones appelées œstrogène et progestérone.

Chez l’homme, l’appareil reproducteur comprend les testicules, la prostate et le pénis. Les testicules fabriquent les spermatozoïdes. Les testicules produisent aussi l’hormone appelée testostérone.

testicule

Un des deux petits organes mâles ovoïdes situés à l’intérieur du scrotum (enveloppe cutanée sous le pénis) qui produit les spermatozoïdes et les hormones sexuelles mâles.

L’adjectif testiculaire désigne tout ce qui est relatif aux testicules, par exemple une tumeur testiculaire.

prostate

Glande en forme de châtaigne située juste au-dessous de la vessie et en avant du rectum qui entoure l'urètre (canal servant à évacuer le sperme et l'urine à l'extérieur du corps) et qui produit un liquide contribuant à former le sperme.

La prostate est aussi appelée glande prostatique.

ovaire

Un des deux organes féminins petits et ronds situés dans le bassin (un de chaque côté de l’utérus, ou matrice) qui produisent les cellules germinales (ovules) et sécrètent les hormones sexuelles femelles.

L’adjectif ovarien ou ovarienne désigne tout ce qui est relatif aux ovaires, par exemple une tumeur ovarienne.

bassin

Partie inférieure de l’abdomen située entre les os des hanches et qui renferme l’appareil urinaire et l’appareil reproducteur.

L’adjectif pelvien ou pelvienne désigne tout ce qui est relatif au bassin, par exemple un examen pelvien.

ménopause provoquée par le traitement

Cessation complète des menstruations (ménopause) provoquée par les dommages causés aux ovaires en raison de la chimiothérapie, de la radiothérapie ou de l’ablation chirurgicale des ovaires.

traitement anti-androgénique

Traitement au moyen de médicaments qui stoppent la production ou bloquent l’action des androgènes (hormones sexuelles mâles).

Le traitement anti-androgénique peut être utilisé pour traiter le cancer de la prostate.

Histoires

Dr Shawn Li Je suis infiniment reconnaissant envers la Société canadienne du cancer pour son soutien à ma recherche par une Subvention pour l’innovation.

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