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Vaccins anticancéreux

Un vaccin incite le système immunitaire à produire des anticorps pour combattre une maladie. La plupart des vaccins sont employés dans le but de prévenir les maladies infectieuses causées par des virus, comme la grippe, la rougeole et la poliomyélite. On a recours aux vaccins anticancéreux pour :

  • empêcher un cancer de se développer (vaccin prophylactique, ou préventif)
  • traiter un cancer (vaccin thérapeutique)

La plupart des vaccins anticancéreux sont toujours à l'étude en essais cliniques.

Vaccins prophylactiques

Les vaccins prophylactiques contre le cancer permettent de prévenir les infections virales associées au développement du cancer. Ils sont conçus pour inciter le système immunitaire à attaquer certains virus avant qu'ils ne causent d'infection. Ces vaccins sont administrés à des personnes en bonne santé avant que le cancer se développe.

L'usage des vaccins prophylactiques suivants est approuvé au Canada pour prévenir le cancer :

  • vaccins contre le virus du papillome humain (VPH) (Gardasil et Cervarix)
    • Ces vaccins protègent contre l'infection causée par certains types de VPH.
    • Actuellement, les vaccins anti-VPH sont approuvés au Canada pour prévenir le cancer du col de l’utérus relié au VPH. Ce virus est aussi associé à certains cancers du vagin, de la vulve, de l’anus, du pénis et de la cavité buccale.
  • vaccin anti-hépatite B
    • L’hépatite est une inflammation du foie. Elle peut être causée par certains virus.
    • Les virus de l'hépatite B et de l’hépatite C sont associés à certains types de cancer du foie.

Les vaccins prophylactiques se servent souvent des protéines situées à la surface des virus (antigènes) pour déclencher une réaction du système immunitaire contre les virus.

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Vaccins thérapeutiques

Les vaccins thérapeutiques sont conçus pour inciter l'organisme à engendrer une réaction immunitaire contre les cellules cancéreuses, plutôt que pour prévenir les infections virales. Les vaccins thérapeutiques peuvent contenir des cellules cancéreuses en entier ou en partie. Ils peuvent aussi contenir des antigènes en entier ou en partie provenant de cellules cancéreuses. Les vaccins déclenchent une réaction immunitaire contre des cellules cancéreuses spécifiques présentes dans le corps. Ils activent certains globules blancs, dont les lymphocytes T et B. Ces cellules activées détruisent directement les cellules cancéreuses ou produisent des anticorps qui s'y attaquent.

Le bacille de Calmette-Guérin (BCG) est un exemple de vaccin thérapeutique. On l’emploie pour traiter le cancer de la vessie. Les chercheurs étudient de nombreux autres types de vaccin thérapeutique. On pourrait éventuellement employer ces vaccins pour traiter un type particulier de cancer, l'empêcher de réapparaître ou en détruire les cellules qui ne sont pas supprimées par d'autres traitements.

Vaccins à base de cellules tumorales entières

On prépare les vaccins à base de cellules tumorales entières à partir de cellules cancéreuses prélevées lors d'une biopsie ou d'une chirurgie. Avant d'être réinjectées chez la même personne, les cellules cancéreuses sont détruites par radiothérapie afin qu'elles ne forment pas d'autres tumeurs. Les antigènes sont encore présents à la surface des cellules et engendrent une réaction immunitaire. Le système immunitaire reconnaît et attaque les cellules cancéreuses qui contiennent ces antigènes.

Les vaccins à base de cellules tumorales entières peuvent être fabriqués à partir de cellules tumorales prélevées chez la personne traitée (vaccin autologue). Les vaccins autologues sont conçus sur mesure pour chaque personne. Il est souvent difficile d'obtenir suffisamment de cellules tumorales d'une seule personne pour fabriquer un vaccin. C'est pourquoi il arrive souvent qu'on prélève des cellules tumorales chez d'autres personnes atteintes du même type de cancer pour fabriquer le vaccin (vaccin allogénique).

Vaccins antigéniques

Les vaccins antigéniques ont recours à des protéines spécifiques ou à des parties de protéine (antigènes) situées à la surface des cellules cancéreuses pour inciter le système immunitaire à combattre ces cellules. Les antigènes des cellules cancéreuses sont parfois mélangés à des substances qui aident à rendre le vaccin plus efficace. On appelle ces substances des adjuvants. Les adjuvants aident l'organisme à reconnaître que les cellules sont étrangères, et ils renforcent ainsi la réaction immunitaire. Les cytokines, telles que l'interleukine 2, sont un type d'adjuvant. On vaccine la personne atteinte d'un cancer avec un mélange d’antigènes de cellules cancéreuses et d’adjuvants. Le système immunitaire réagit à l'adjuvant ainsi qu'aux cellules cancéreuses porteuses de l'antigène.

Certains vaccins antigéniques provoquent une réaction immunitaire à un type spécifique de cancer, alors que d'autres engendrent une réaction immunitaire à plus d'un type de cancer.

Les chercheurs étudient des façons de modifier les antigènes afin que le système immunitaire les reconnaisse plus facilement. Ils tentent aussi de savoir si l’association de plusieurs antigènes dans un seul vaccin provoque une réaction de différents antigènes qui pourraient être présents à la surface des cellules cancéreuses.

Vaccins anti-idiotypes

Un idiotype est une partie d’un anticorps qui sert à reconnaître l’antigène spécifique contre lequel l’anticorps devra lutter. Les vaccins anti-idiotypes déclenchent une réaction du système immunitaire presque de la même façon que le font les vaccins antigéniques. Ils incitent le corps à produire des anticorps contre des cellules cancéreuses. Les anticorps agissent comme les antigènes situés à la surface des cellules cancéreuses. Lorsqu'on injecte le vaccin, celui-ci incite le système immunitaire à reconnaître les antigènes des cellules cancéreuses. Les lymphocytes B produisent alors des anticorps contre les antigènes des cellules cancéreuses.

Vaccins à base de cellules dendritiques

Les cellules dendritiques sont un type de globule blanc qui aide à combattre les infections en produisant des signaux (antigènes) qui déclenchent une réaction immunitaire. Un vaccin dendritique est constitué de cellules cancéreuses et de cellules dendritiques, mélange qui stimule le système immunitaire.

Les vaccins à base de cellules dendritiques sont fabriqués sur mesure pour chaque personne. On prélève des cellules dendritiques du sang de la personne et on les traite de façon à ce qu'elles se reproduisent rapidement. On les expose à l'antigène des cellules cancéreuses ou bien on change leur constitution génétique afin qu'elles fabriquent l'antigène. Puis, on réinjecte les cellules dendritiques à la personne. Elles aident le système immunitaire à reconnaître et à détruire les cellules cancéreuses porteuses de l'antigène.

Vaccins à ADN

L'effet du vaccin anticancéreux s'affaiblit souvent au fil du temps puisque le système immunitaire finit par revenir à son état habituel d'activité. Les chercheurs tentent de déterminer si les vaccins qui contiennent de l'ADN peuvent aider le corps à maintenir la réaction immunitaire plus longtemps en l'alimentant continuellement avec des antigènes.

L'ADN à l'intérieur des cellules cancéreuses contient le code génétique des protéines (antigènes) qu'elles fabriquent. On peut utiliser de petits fragments d'ADN qui comportent les instructions génétiques d'un ou de plusieurs antigènes pour faire le vaccin. L'ADN qui compose le vaccin est conçu en laboratoire, parfois à partir des cellules de la personne même. Après qu’un vaccin à ADN ait été injecté à une personne, les cellules intègrent l’ADN. Elles ont alors les instructions pour fabriquer les antigènes spécifiques des cellules cancéreuses. Cet apport constant en antigènes maintient le système immunitaire actif dans sa lutte contre les cellules cancéreuses.

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Recherche sur les vaccins anticancéreux

Bien que les chercheurs aient fait des progrès dans le développement des vaccins anticancéreux, un travail immense est encore nécessaire.

On ne sait pas encore exactement de quelle façon le système immunitaire de l'organisme réagit aux vaccins thérapeutiques contre le cancer. On ne connaît pas non plus les effets à long terme des vaccins anticancéreux. Les chercheurs étudient également des façons d'associer ces vaccins à d'autres traitements, comme d'autres thérapies biologiques, pour renforcer la réaction immunitaire.

Les chercheurs étudient d'autres vaccins prophylactiques contre le cancer qui pourraient parvenir à réduire le risque de développer certains types de cancer en attaquant les virus qui causent cette maladie.

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Pour obtenir des renseignements sur des médicaments spécifiques, consultez la section Sources d’information sur les médicaments.

antigène

Substance étrangère qui incite le système immunitaire à produire des anticorps contre elle.

biopsie

Prélèvement de cellules ou de fragments de tissu qui seront examinés au microscope.

Les différents types de biopsie incluent la biopsie incisionnelle, la biopsie excisionnelle et la biopsie à l’aiguille. On a parfois recours à des techniques d’imagerie pour guider l’aiguille pendant la biopsie, par exemple la biopsie échoguidée et la biopsie guidée par tomodensitométrie

cytokine

Substance secrétée par les cellules du système immunitaire. Les cytokines permettent aux cellules du système immunitaire de communiquer entre elles et, par conséquent, participent à l'activation de la réaction immunitaire (réaction du système immunitaire à la présence de substances étrangères dans le corps).

Les cytokines sont produites par le corps ou bien peuvent être fabriquées en laboratoire.

interleukine

Groupe de substances naturelles semblables aux hormones et qui sont produites par les globules blancs (ils aident le corps à combattre les infections et les maladies).

Les interleukines sont un type de cytokine. Elles agissent comme des messagers pour réguler et stimuler le système immunitaire.

L’interleukine artificielle ou synthétique peut être utilisée comme un type de modificateur de la réponse biologique afin d’inciter le système immunitaire à combattre le cancer.

acide désoxyribonucléique (ADN)

Molécules à l’intérieur de la cellule qui ont la capacité de programmer l’information génétique. L’ADN détermine la structure, la fonction et le comportement d’une cellule.

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