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Cancer du foie

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Facteurs de risque du cancer du foie

Tout état ou substance qui augmente le risque de cancer est un facteur de risque. Les plus importants facteurs de risque du cancer du foie sont la cirrhose du foie et l’infection au virus de l’hépatite B ou C. Cependant, la plupart des cancers sont attribuables à de nombreux facteurs de risque.

*Les facteurs de risque sont habituellement classés du plus significatif au moins significatif. Dans la plupart des cas, il est impossible de classer les facteurs de risque individuels selon leur importance relative avec une certitude absolue.

L’incidence du cancer du foie augmente avec l’âge. Plus d’hommes que de femmes en sont atteints. Le cancer du foie se manifeste plus fréquemment dans les pays qui affichent des taux élevés d'infection au virus de l'hépatite B et de l'hépatite C, comme certains pays d’Asie (Mongolie, Corée, Chine, Japon et Thaïlande) et certains pays d’Afrique (Gambie, Mali, Guinée et Mozambique).

Les facteurs suivants font augmenter le risque de cancer du foie.

Cirrhose du foie

La cirrhose consiste en une cicatrisation du foie. Elle apparaît lorsque que le tissu sain du foie est remplacé par du tissu cicatriciel. La circulation du sang dans le foie est alors bloquée, ce qui empêche l'organe de fonctionner normalement. Les causes de la cirrhose peuvent être :

  • une infection au virus de l'hépatite B ou C
  • une consommation abusive d'alcool pendant une longue période
  • des troubles métaboliques qui engendrent des dommages au foie

Peu importe ce qui l'a causée, la cirrhose du foie fait augmenter le risque de développer le type de cancer du foie le plus courant, soit le carcinome hépatocellulaire.

Infection au virus de l'hépatite B ou C

Une infection chronique au virus de l'hépatite B (VHB), au virus de l'hépatite C (VHC) ou aux deux, accroît le risque de développer un cancer du foie. Même si la cirrhose ne survient pas à la suite de l'une de ces infections, l'augmentation du risque de cancer du foie demeure.

Le VHB peut se transmettre d'une personne à une autre par le sang ou un autre liquide corporel dont le sperme ou le liquide vaginal. Quant au VHC, il se transmet seulement par un contact avec du sang infecté.

Le VHB et le VHC sont transmis par :

  • des transfusions sanguines
    • La Société canadienne du sang analyse tous les dons de sang, à la fois pour le VHB et VHC. Au Canada, seuls les échantillons qui sont négatifs pour ces tests peuvent être utilisés.
  • des relations sexuelles non protégées avec une personne infectée
  • l'utilisation commune d'aiguilles pour l'injection de drogues ou le partage d'autre équipement lié à l'usage des drogues
  • la mère à l'enfant durant la grossesse ou lors de l'accouchement
  • l'usage de matériaux contaminés pour
    • le tatouage
    • le perçage corporel
    • l'acupuncture
    • des interventions dentaires ou médicales
  • des blessures avec des aiguilles ou des instruments tranchants souillés de sang contaminé, en milieu de travail
  • le partage d'objets de soins personnels, comme le rasoir ou la brosse à dents, avec une personne infectée

Alcool

Boire 3 boissons alcoolisées ou plus chaque jour fait augmenter le risque de cancer du foie. L'alcool peut causer des dommages au foie et engendrer une cirrhose alcoolique.

Une personne qui a une infection au virus de l'hépatite B ou C et qui consomme de l'alcool tous les jours risque davantage d'être atteinte d'un cancer du foie qu'une personne infectée par l'un de ces virus qui ne prend pas d'alcool.

Tabac

L'usage du tabac accroît le risque de développer un cancer du foie. Ce risque augmente avec la quantité de tabac utilisée et la durée pendant laquelle la personne fume.

Aflatoxine

L'aflatoxine est une sorte de mycotoxine (toxine produite par des moisissures et des champignons). Elle peut contaminer différents aliments dont les suivants :

  • grains céréaliers comme le maïs, le riz et le blé
  • graines oléagineuses comme l'arachide, le soya et le tournesol
  • épices dont le piment chili, le poivre noir et le gingembre
  • noix comme l'amande, la noix (parfois appelée noix de Grenoble), la pistache et la noix du Brésil
  • aliments provenant d'animaux nourris avec du grain contaminé par les aflatoxines

Le risque de cancer du foie est plus élevé chez les personnes qui sont exposées aux aflatoxines.

Les aflatoxines peuvent être un problème dans les pays où le climat est chaud et humide et les installations d'entreposage sont peu nombreuses ou inadéquates. L'exposition aux aflatoxines est plus fréquente en Afrique et en Asie en raison du taux élevé de contamination des aliments, des grains entreposés, du sol et de l'eau.

Les aflatoxines ne causent pas d'inquiétudes au Canada. L'Agence canadienne d'inspection des aliments surveille et analyse les noix, les produits de noix et certains produits laitiers pour détecter, s'il y a lieu, une contamination possible aux aflatoxines.

Dioxyde de thorium

Le dioxyde de thorium (Thorotrast) est une solution radioactive. Elle était employée comme produit de contrasteproduit de contrasteSubstance utilisée pour certaines interventions diagnostiques qui permet de mieux voir des parties du corps lors d’une radiographie ou d’autres tests d’imagerie. dans les années 1950 pour améliorer les examens radiographiques du système sanguin, des voies nasales et des sinus. Une fois injecté, ce produit s'accumulait dans le foie, la rate et la moelle osseuse.

Les personnes qui ont été exposées au dioxyde de thorium ont un plus grand risque d'être atteintes d'un type rare de tumeur cancéreuse au foie appelée angiosarcome. Le risque s'accroît davantage avec de fortes doses et le cancer peut se développer jusqu'à quarante ans après l'exposition au produit.

Exposition professionnelle au chlorure de vinyle

Le chlorure de vinyle est employé dans l'industrie des plastiques afin de fabriquer du polychlorure de vinyle (PVC) qui est utilisé dans de nombreux produits. L'exposition professionnelle au chlorure de vinyle accroît le risque de développer à la fois un carcinome hépatocellulaire et un angiosarcome du foie.

Hémochromatose

L'hémochromatose (surcharge de fer) est une maladie héréditaire dans laquelle l'organisme entrepose une quantité de fer plus élevée qu'à la normale. Cet excès de fer s'accumule dans divers tissus, en particulier dans le foie. Quand le foie emmagasine trop de fer et que l'affection n'est pas traitée, l'organe peut subir des dommages.

Les personnes atteintes d'une hémochromatose non traitée ont un risque accru de développer un cancer du foie.

Contraceptifs oraux

Les femmes qui prennent des contraceptifs oraux pendant plus de 5 ans risquent un peu plus d’être un jour atteintes d’un cancer du foie.

Troubles métaboliques

Les personnes atteintes de certaines affections qui nuisent au métabolismemétabolismeProcessus chimiques se produisant dans le corps qui permettent de créer de l’énergie et de l’utiliser. Ce sont entre autres la décomposition des aliments et leur transformation en énergie, l’élimination des déchets et des toxines, la respiration, la circulation du sang et la régulation de la tempéra risquent davantage d'être atteintes d'un cancer du foie. Ces affections peuvent mener à une cirrhose du foie ou au développement d’un adénome hépatique. Les troubles métaboliques susceptibles d’accroître le risque de cancer du foie sont entre autres celles-ci :

  • anomalie de la protéine alpha-1 antitrypsine
    • Le foie fabrique et emmagasine une trop grande quantité d'alpha-1 antitrypsine, ce qui peut engendrer des lésions au foie et une cirrhose.
  • porphyrie
    • Les personnes atteintes de ce trouble ne fabriquent pas suffisamment d'enzymes pour éliminer les porphyrines chimiques du corps.
    • Les porphyrines chimiques peuvent s'accumuler dans le foie, causant ainsi des dommages et une cirrhose.
    • Des études ont démontré que certains types de porphyrie, comme la porphyrie cutanée tardive et la porphyrie aiguë intermittente, font augmenter le risque de cancer du foie.
  • tyrosinémie héréditaire
    • Chez les personnes atteintes de tyrosinémie héréditaire, le taux sanguin de l’acide aminé appelé tyrosine est élevé et l’enzyme qui dégrade la tyrosine est déficitaire.
    • Si on ne la traite pas, la tyrosine et ses sous-produits s’accumulent dans le foie, ce qui peut mener à une insuffisance hépatique et à un cancer du foie.
  • glycogénose de types I et III
    • La glycogénose est caractérisée par l’accumulation d’une grande quantité de glycogène (glucide surtout emmagasiné dans le foie et les muscles) dans le foie et d’autres organes.
    • Si on ne la traite pas, la glycogénose de type I peut mener au développement d’un adénome hépatique, susceptible d’évoluer en cancer du foie dans de rares cas.
    • Si on ne la traite pas, la glycogénose de type III peut mener au développement d’un adénome hépatique ou d’une cirrhose, susceptibles d’évoluer en cancer du foie.

Infection à l'Opisthorchis viverrini

Les douves du foie sont des parasites qui envahissent le foie. L'Opisthorchis viverrini (O. viverrini) est un type de douve très courant en Thaïlande, au Laos, au Vietnam, au Cambodge et dans d'autres pays de l'Asie du Sud-Est. La contamination se fait par la consommation de poisson cru qui contient des larves du parasite.

L'infection à l'O. viverrini fait augmenter le risque de cholangiocarcinome, un type rare de cancer qui prend naissance dans les canaux biliaires du foie.

Cholangite sclérosante primitive

La cholangite sclérosante primitive est une maladie caractérisée par une inflammation des canaux biliaires du foie qui se cicatrisent et rétrécissent. Les personnes atteintes de cette maladie risquent davantage de développer un cholangiocarcinome.

Stéatohépatite non alcoolique (NASH)

La maladie du foie gras non alcoolique (NAFLD) se caractérise par l'accumulation de cellules graisseuses dans le foie de personnes qui ne consomment que très peu d'alcool. Le principal facteur de risque d'une NAFLD est l'obésité. La NAFLD est une affection qui, en soi, n'endommage pas le foie de façon significative et n'augmente pas le risque de cancer du foie.

Cependant, la NAFLD peut évoluer en une stéatohépatite non alcoolique (NASH) : le tissu graisseux dans le foie devient enflammé et commence à former du tissu cicatriciel. La NASH peut finir par causer des dommages au foie et une cirrhose, ce qui accroît le risque de cancer du foie.

Obésité

Des études ont démontré que l’obésité est liée à une hausse du risque de cancer du foie. C’est peut-être parce que la NAFLD affecte de nombreuses personnes obèses.

Exposition professionnelle au plutonium

Les travailleurs qui ont inhalé du plutonium radioactif risquent davantage d’être atteints d’un cancer du foie, particulièrement d’un angiosarcome.

Diabète

Il semble que les personnes atteintes de diabète risquent davantage de développer un cancer du foie. Lors d’études, on a constaté que les personnes atteintes de diabète qui développent un cancer du foie présentent parfois d’autres facteurs de risque comme une consommation excessive d’alcool, une infection à l’hépatite ou bien les deux. De nombreuses personnes atteintes de diabète ont aussi tendance à faire de l’embonpoint ou à être obèses, ce qui peut également accroître leur risque de cancer du foie.

Facteurs de risque possibles

On a établi un certain lien entre les facteurs qui suivent et le cancer du foie, mais on ne possède pas suffisamment de preuves pour dire qu'ils sont des facteurs de risque connus. On doit faire plus de recherches pour clarifier le rôle de ces facteurs dans le développement du cancer du foie.

  • Bilharziose (schistosomiase) – La bilharziose est une infection causée par un ver parasite (Schistosoma haematobium). Une personne peut être infectée lorsqu’elle nage dans une eau où se trouvent ces vers. Les larves creusent des tunnels dans la peau et les vers se déplacent dans d’autres régions du corps comme le foie. Les vers se développent et peuvent endommager le foie. Un certain nombre d'études laissent entendre que la bilharziose pourrait accroître le risque de cancer du foie, mais les données ne sont pas encore concluantes.
  • Infection au Chlonorchis sinensis (C. sinensis) – Le C. sinensis est une douve du foie qui est courante en Asie du Sud-Est. Des études portent à croire qu'une infection au C. sinensis pourrait faire augmenter le risque de cholangiocarcinome.
  • Arsenic – Certaines études ont permis de constater une hausse du taux de cancer du foie dans les régions où l'eau potable contient des quantités élevées d'arsenic. Cependant, un bon nombre de ces régions ont aussi des taux élevés d'infection au virus de l'hépatite B. On doit effectuer d'autres études afin de savoir si une exposition à l'arsenic fait augmenter le risque d'être atteint d'un cancer du foie.
  • Exposition au trichloroéthylène – Le trichloroéthylène (TCE) est un solvant employé pour enlever la graisse des métaux. On peut aussi s’en servir comme solvant lors du nettoyage à sec. Certaines études portent à croire qu’une exposition au TCE pourrait accroître le risque de cancer du foie.
  • Exposition aux biphényles polychlorés – Des études portant sur des travailleurs exposés aux biphényles polychlorés (BPC) ont établi un lien entre l’exposition aux BPC et une hausse du risque de cancer du foie.
  • Chique de bétel – La chique de bétel (aussi appelée noix de bétel) est faite d'une noix d'arec et de lime enveloppées dans une feuille de bétel (paan). Chiquer du bétel est une pratique courante en Asie du Sud-Est. Certaines études ont démontré que les personnes qui chiquent du bétel risquent davantage d’être atteintes d’un cancer du foie.

Facteurs de risque inconnus

Pour le facteur qui suit, on ne possède pas suffisamment de preuves ou bien la preuve est peu concluante. En d'autres mots, on ne peut pas dire avec certitude que ce facteur est associé au développement du cancer du foie :

  • stéroïdes anabolisants

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