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Cancer de
l’œsophage

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Chirurgie du cancer de l'œsophage

On a souvent recours à la chirurgie pour traiter le cancer de l’œsophage. Le type de chirurgie que vous aurez dépend surtout de la taille, du stade et de l’emplacement de la tumeur. Quand votre équipe de soins planifie la chirurgie, elle prend aussi en considération d’autres facteurs comme si vous avez déjà eu des opérations, votre âge et votre état de santé global.

On peut pratiquer une chirurgie pour différentes raisons. Vous pouvez avoir une chirurgie pour :

  • enlever complètement la tumeur;
  • enlever la plus grande partie possible de la tumeur avant d’administrer d’autres traitements;
  • reconstruire le tube digestif une fois qu'on a enlevé l'œsophage;
  • réduire la douleur ou soulager d’autres symptômes (traitement palliatif).

Les médecins peuvent classer le cancer de l’œsophage comme résécable ou non résécable. Résécable signifie qu’on peut enlever par chirurgie. Les cancers de stade 0, I ou II sont habituellement résécables. La plupart des tumeurs à l’œsophage sont résécables si le cancer ne s’est pas développé dans le nerf laryngé, la trachée, l’aorte, le péricarde, la colonne vertébrale ou d’autres structures importantes situées près de l’œsophage.

Il arrive parfois que les médecins ne sont pas en mesure de savoir exactement de quelle taille est la tumeur à l’œsophage, ou s’il est possible de l’enlever complètement, avant de pratiquer la chirurgie. Ils peuvent penser que la tumeur est résécable selon les résultats d’examens, mais ils découvrent lors de la chirurgie qu’ils ne peuvent pas l’enlever ou qu’elle s’est propagée (métastases). Si les médecins constatent que la tumeur n’est pas résécable ou qu’elle s’est propagée, ils peuvent faire une chirurgie palliative pour soulager la douleur ou prévenir un blocage ou bien en traiter les symptômes.

Chez certaines personnes, la tumeur est résécable, mais elles sont incapables de subir une chirurgie pour d’autres raisons. Elles peuvent, par exemple, ne pas être en assez bonne santé à cause d’une maladie cardiaque ou pulmonaire grave. On leur proposera alors d’autres traitements.

On peut vous proposer d’autres traitements avant ou après la chirurgie.

Avant la chirurgie

La chirurgie du cancer de l'œsophage est une opération compliquée de laquelle il peut être difficile de se rétablir. Votre santé doit être la meilleure possible avant l’opération. Il est possible que vous passiez les examens suivants afin qu’on connaisse votre état de santé global avant de vous proposer une chirurgie.

Vos antécédents médicaux et un examen physiquepermettent à votre équipe de soins de connaître votre état général de santé. On vous demandera si vous avez déjà eu une opération à l’estomac ou au côlon. Une chirurgie abdominale antérieure peut affecter comment on reconstruit votre tube digestif si votre œsophage doit être enlevé.

Il est possible qu’on fasse des analyses sanguines, comme une formule sanguine complète (FSC), des analyses biochimiques sanguines, un test de coagulation sanguine et des tests de la fonction hépatique. Apprenez-en davantage sur les analyses sanguines.

On fait des tests de la fonction cardiaque et pulmonaire afin de s’assurer que vous êtes en assez bonne santé pour subir la chirurgie. Il est très important de cesser de fumer avant l’opération. Votre équipe de soins peut vous apprendre des exercices de toux et de respiration particuliers pour aider à conserver vos poumons dégagés.

On fait l’évaluation de votre état nutritionnel pour connaître votre poids et votre apport alimentaire. Si le cancer de l’œsophage vous a causé de la difficulté à vous nourrir avant votre diagnostic, vous risquez de souffrir de malnutrition et d’avoir un poids insuffisant. Vous pourriez avoir besoin de suppléments nutritifs ou d’être nourri par sonde ou par intraveineuse quelques jours avant et après la chirurgie afin de prendre du poids et d’améliorer votre état nutritionnel et votre santé.

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Approches chirurgicales

Les médecins peuvent adopter différentes approches, ou méthodes, pour accéder à l’intérieur du corps lors de la chirurgie visant à traiter un cancer de l’œsophage et à faire une reconstruction. Le type d’approche choisi dépend de la taille et de l’emplacement de la tumeur, de la portion ou de la partie de l’œsophage qui doit être enlevée, de l’ablation ou non de l’estomac, de votre état de santé global et de la préférence du chirurgien. L’approche adoptée n’a pas d’effet sur l’ablation efficace de la tumeur ni sur les effets secondaires, ou complications, qui peuvent apparaître après la chirurgie.

Approche transthoracique

L’approche transthoracique est aussi appelée approche d'Ivor-Lewis. On peut y avoir recours pour les tumeurs situées dans le centre ou le tiers inférieur de l’œsophage.

Le chirurgien fait une incision dans le bas du sternum jusqu’au nombril pour atteindre l’estomac. Il détache l’estomac des tissus qui le maintiennent en place. Il fait ensuite une incision du côté droit du thorax pour ouvrir la paroi thoracique (thoracotomie). Le chirurgien enlève la partie de l’œsophage qui est atteinte par le cancer ou bien tout l’œsophage. Il fait ensuite une chirurgie reconstructive.

Approche transhiatale

On a souvent recours à l’approche transhiatale pour traiter les tumeurs précoces qui se trouvent dans la partie centrale ou inférieure de l'œsophage. Elle permet aussi de traiter un cancer de l’œsophage de stade avancé chez une personne qui n’est pas en assez bonne santé pour subir une thoracotomie (incision chirurgicale pour ouvrir la paroi thoracique).

Le chirurgien fait une incision dans le bas du sternum jusqu’au nombril pour atteindre l’estomac et l’œsophage. Il détache l’estomac et la partie inférieure de l’œsophage des tissus qui les maintiennent en place. Il fait ensuite une incision du côté gauche du cou pour atteindre les parties supérieure et centrale de l’œsophage. Ces parties de l’œsophage sont détachées des tissus qui les maintiennent en place.

Approche thoraco-abdominale gauche

On peut avoir recours à l’approche thoraco-abdominale gauche pour traiter les cancers de l'œsophage inférieur ou de la jonction œsophago-gastrique (OG), là où l’œsophage rejoint l’estomac.

Le chirurgien fait une incision à partir du centre de l'abdomen en remontant vers le côté gauche du thorax. Il détache l’œsophage des tissus qui le maintiennent en place. Le chirurgien enlève ensuite la partie de l’œsophage qui est atteinte par le cancer ou bien tout l’œsophage. Il peut aussi faire une incision du côté gauche du cou pour atteindre les parties supérieure et centrale de l’œsophage. Il fait ensuite une chirurgie reconstructive.

Œsophagectomie à effraction minimale

Lors de l’œsophagectomie à effraction minimale, le médecin se sert d’un endoscope (instrument semblable à un tube muni d’une lumière et d’une lentille). Il insère l’endoscope dans le corps à travers de petites incisions plutôt que dans les grandes incisions nécessaires à l’œsophagectomie ouverte. Ainsi, habituellement, les personnes qui se font opérer par endoscopie restent moins longtemps à l’hôpital et se rétablissent plus rapidement.

On fait l’œsophagectomie à effraction minimale et la reconstruction par chirurgie laparoscopique et thoracique.

Lors d'une chirurgie laparoscopique, on a recours à un long tube flexible muni d’une lumière et d’une lentille appelé laparoscope pour observer les structures et les organes à l'intérieur du corps et enlever du tissu. Le médecin fait de 4 à 6 petites incisions dans l’abdomen afin d’y insérer le laparoscope.

Lors de la chirurgie thoracique, on se sert d’un long tube flexible muni d’une lumière et d’une lentille appelé thoracoscope pour observer les structures et les organes à l'intérieur du thorax. Le médecin fait de petites incisions dans la paroi thoracique. Il insère le thoracoscope et les instruments chirurgicaux dans les diverses incisions pratiquées dans la cavité thoracique. Il arrive parfois que le médecin fasse glisser une petite caméra vidéo dans le thoracoscope pour l’aider à observer l’intérieur de la cavité du thorax. C’est alors une vidéo-thoracoscopie (VTC), ou chirurgie thoracique vidéo-assistée (CTVA).

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Œsophagectomie

L'œsophagectomie est le type de chirurgie le plus souvent pratiqué pour traiter le cancer de l'œsophage. On enlève l'œsophage en partie ou en totalité. On enlève aussi les ganglions lymphatiques voisins de l'œsophage lors de la chirurgie afin de savoir si le cancer s’y est propagé. On enlève également parfois une petite partie de l’estomac lors de l’œsophagectomie afin que la marge de tissu sain qui entoure la tumeur soit saine. La portion de l’œsophage qu’on enlève ainsi que la décision d’enlever ou non une partie de l’estomac dépend de l’emplacement de la tumeur.

Il arrive parfois que le cancer apparaisse dans la partie inférieure de l’œsophage, près de l’estomac, ou à la jonction œsophago-gastrique (OG), là où l’œsophage rejoint l’estomac. Le chirurgien enlève alors la partie cancéreuse de l’œsophage, de 8 à 10 cm de l'œsophage sain situé au-dessus de la tumeur et une partie de l’estomac. Il relie ensuite l’estomac à l’extrémité restante de l’œsophage, dans la partie supérieure du thorax ou le cou.

Si la tumeur se trouve au centre de l’œsophage, le chirurgien enlève presque tout l’œsophage. Il remonte l’estomac et le fixe à la partie de l’œsophage qui reste dans le cou. Dans certains cas, le chirurgien se sert d’un morceau du côlon pour remplacer la partie de l’œsophage qu’il a enlevée. Il fixe ce segment du côlon à la partie de l’œsophage qui reste dans le cou et à l’estomac.

Si la tumeur se trouve dans la partie supérieure de l’œsophage, on ne fait habituellement pas de chirurgie.

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Chirurgie reconstructive

On fait habituellement la chirurgie reconstructive en même temps que la chirurgie lors de laquelle on enlève la tumeur à l’œsophage. La chirurgie reconstructive aide le tube digestif à fonctionner le plus normalement possible une fois que le cancer a été enlevé.

Le type de chirurgie reconstructive choisi se base sur vos besoins personnels, votre état de santé global, l'emplacement et la taille de la tumeur ainsi que sur les traitements déjà administrés. Les différents chirurgiens ont une expertise et des préférences diverses quant à certaines interventions chirurgicales, ce qui les aide aussi à décider quel type de chirurgie reconstructive ils feront.

Transposition gastrique

Lorsqu'on enlève l'œsophage en partie ou en totalité, la meilleure option est la transposition gastrique. Le chirurgien remonte l'estomac, lui donne la forme d'un tube et le fixe à la partie restante de l'œsophage. Cette jonction faite entre l’estomac et l’œsophage est appelée anastomose.

Schéma de la transposition gastrique

Reconstruction par un segment du côlon ou de l'intestin grêle

Le chirurgien peut se servir d’un morceau du côlon (partie la plus longue du gros intestin) ou de l’intestin grêle pour remplacer l’œsophage. On fait ce type de chirurgie s’il n’est pas possible d’avoir recours à l’estomac pour la reconstruction. On peut, par exemple, utiliser un segment du côlon ou de l’intestin grêle si une chirurgie à l’estomac a déjà été pratiquée.

Schéma de la reconstruction par un segment du côlon

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Mise en place d’une sonde d’alimentation

On peut avoir recours à la chirurgie pour mettre une sonde d’alimentation en place directement dans la partie centrale de l’intestin grêle, soit le jéjunum, à travers une incision pratiquée dans l’abdomen. C’est une sonde de jéjunostomie chirurgicale. Elle vous permet d’obtenir tous les éléments nutritifs dont vous avez besoin alors que vous vous rétablissez de la chirurgie. Dans certains cas, on peut insérer la sonde d’alimentation directement dans l’estomac à travers une incision pratiquée dans l’abdomen. C’est une sonde de gastrostomie chirurgicale.

Apprenez-en davantage sur l’alimentation par sonde.

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Après la chirurgie

On vous mentionnera, ainsi qu’à votre aidant, ce à quoi vous devez vous attendre après la chirurgie. La durée moyenne de l’hospitalisation des personnes qui ont subi une chirurgie pour un cancer de l’œsophage est de 9 à 14 jours.

Quand vous vous réveillerez, vous aurez un tube dans le nez appelé sonde nasogastrique. L’équipe de soins se sert de ce tube pour évacuer, ou aspirer, des liquides et pour vous administrer des médicaments. Vous pourriez aussi avoir des tubes dans votre thorax. Ces tubes permettent d’évacuer les liquides de l’espace pleural, c’est-à-dire l’espace situé entre les poumons et la plèvreplèvreFine membrane de tissu qui recouvre les poumons et tapisse la cavité thoracique. Elle a une fonction de protection et d’amortissement des poumons et produit un liquide qui agit comme un lubrifiant afin que les poumons puissent bouger doucement à l'intérieur de la cage thoracique., et des sites chirurgicaux.

On vous aura posé une sonde d’alimentation, habituellement une sonde de jéjunostomie. On vous nourrira par ce tube au cours des 5 à 7 jours qui suivent la chirurgie puisque vous serez incapable de manger ou de boire. L’équipe de soins évaluera votre déglutition et vous fera passer des radiographies afin de s’assurer que votre tube digestif est guéri avant de vous permettre de manger et de boire. Au début, vous pourrez seulement prendre quelques gorgées. Peu à peu, vous serez en mesure de boire et de manger normalement.

Une diététiste vous offrira son soutien et des conseils sur la nutrition et tout changement alimentaire que vous pourriez devoir faire une fois que vous aurez quitté l’hôpital.

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Questions à poser sur la chirurgie

Apprenez-en davantage sur la chirurgie. Afin de prendre les bonnes décisions pour vous, posez des questions sur la chirurgie à votre équipe de soins.

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Sophie Lebel Ma famille est fière du travail que j’accomplis pour amener des changements positifs dans la vie des gens.

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