Les percées les plus remarquables des chercheurs de la Société canadienne du cancer en 2013

05 décembre 2013

Toronto -

Les projets de recherche subventionnés par la Société canadienne du cancer sauvent des vies. Voici les projets de recherche de 2013 qui auront le plus grand impact. Ils illustrent l’étendue de la recherche financée grâce aux donateurs de la Société.

Tuer les cellules cancéreuses avec des virus

À Ottawa, grâce à une technique appelée biologie synthétique, les Drs John Bell et Jean-Simon Diallo ont conçu deux virus oncolytiques (anti- cancer) très prometteurs. Ces virus bloquent des protéines antivirales dans les cellules cancéreuses et s’attaquent ainsi à celles-ci tout en épargnant les cellules normales.

Nature Communications, juin 2013 (en anglais)

Prédire – et prévenir – les tumeurs au cerveau

La moitié des patients atteints du cancer du poumon développent des métastases au cerveau. Pourtant, on comprend mal comment le cancer se propage au cerveau et peu de traitements sont offerts aux patients concernés. À Hamilton, la Dre Sheila Singh a découvert un groupe de cellules cancéreuses qui quittent la tumeur d’origine dans le poumon et vont former des métastases au cerveau.

Elle a aussi découvert une combinaison de gènes qui permettrait de prédire les chances de survie d’un patient. Ces gènes pourraient aussi devenir la cible de médicaments bloquant les métastases qui amélioreraient grandement les chances de survie des patients atteints de cancer.

Journal of the National Cancer Institute, avril 2013 (en anglais)

Prévoir la propagation du cancer de la prostate

À Edmonton, le Dr John Lewis a découvert qu’une protéine appelée CD151 peut servir de marqueur biologique (molécule révélant la présence d’une maladie) pour le cancer de la prostate. Comme elle joue un rôle dans le mouvement des cellules cancéreuses au sein de l’organisme, mesurer la protéine CD151 pourrait permettre de prévoir la propagation du cancer de la prostate et aider les médecins à choisir le traitement approprié pour chaque patient.

Cancer Research, novembre 2013 (en anglais)

Convaincre les politiciens des dangers du tabac aromatisé

Un sondage récent réalisé par le Centre pour l'avancement de la santé des populations Propel a démontré que, une fois sur deux, les étudiants du secondaire qui fument choisissent des produits du tabac aromatisés. Ces résultats ont retenu l’attention du gouvernement ontarien qui a par la suite présenté, en novembre 2013, un projet de loi proposant d’interdire la vente de ces produits aromatisés. Le centre de recherche Propel se trouve à l’Université de Waterloo et il est financé par la Société canadienne du cancer.

Flavoured tobacco use among Canadian youth: Evidence from Canada’s 2010–2011 Youth Smoking Survey, octobre 2013 (en anglais)

Redonner aux patients leur dignité grâce une question toute simple

Les patients atteints de cancer qui sont en phase terminale ont besoin que les professionnels de la santé comprennent qui ils sont, au-delà de leur maladie. À Winnipeg, le Dr Harvey Max Chochinov, un expert en soins palliatifs de renommée mondiale, a conçu et testé une manière facile pour ces professionnels d’accroître leur empathie envers leurs patients, en posant ce qu’il nomme la Question sur la dignité du patient : « Qu’est-ce que je dois savoir sur vous en tant que personne pour vous donner les meilleurs soins possible? » En aidant les  professionnels de la santé à se sentir plus près de leurs patients, cette question contribue à préserver leur dignité. Il s’agit là d’un principe fondamental en soins palliatifs. Cette percée a été testée auprès de patients traités dans des établissements de soins palliatifs et de patients  d’Action cancer Manitoba. Elle l’est aussi à Dundee, en Écosse.

Une simple question pourrait assurer une fin de vie dans la dignité : étude, juillet 2013 (en anglais)

Définir la bonne dose pour traiter le cancer du foie

Pour traiter le cancer du foie, de nouvelles techniques de radiothérapie voient le jour. Sécuritaires, elles délivrent de manière précise une forte dose de radiation et éviteraient au patient une chirurgie. Cependant, on ne sait pas quelle dose de radiation est optimale. À London, le Dr Eugene Wong a déterminé la quantité de radiation nécessaire pour maîtriser le cancer primitif du foie ainsi que le cancer colorectal qui s’est propagé au foie (le foie constitue le site de métastase le plus fréquent pour ce type de cancer). Ces résultats influenceront le choix des doses administrées aux futurs patients.

British Journal of Radiology, juillet 2013 (en anglais)

Prévenir les cancers professionnels

Avec les bons outils d’évaluation, on peut réduire l’exposition des travailleurs à des substances qui causent le cancer. À Montréal, le Dr Jérôme Lavoué développe actuellement une boîte à outils pour analyser la vaste quantité de statistiques sur les substances carcinogènes en milieu de travail et en déduire les populations à protéger. Il a récemment publié une liste des professions où les travailleurs sont le plus exposés à la silice, qui peut causer le cancer du poumon. Il collabore également avec des experts du monde entier afin d’analyser des données relatives à l’exposition provenant des quatre coins de la planète.

Journal of Occupational and Environmental Hygiene, juin 2013 (en anglais)

Cibler un cancer du sein difficile à traiter

Le cancer du sein triple négatif peut être extrêmement difficile à traiter et il est associé à un pronostic sombre. À London, le Dr Shawn Li a découvert un mécanisme complexe qui pourrait expliquer pourquoi la chimiothérapie s’avère inefficace, pour certains cancers du sein, L’efficacité de la chimiothérapie repose souvent sur l’action de la protéine p53 qui empêche la croissance des tumeurs. Or, lorsqu’une protéine cellulaire appelée Numb interagit avec une autre, nommée Set8, elle ne peut plus se lier correctement à la protéine p53, qui empêche la croissance des tumeurs.. Cette découverte pourrait également permettre d’imaginer comment combattre la résistance à la chimiothérapie.

Molecular Cell, mai 2013 (en anglais)

Arrêter la propagation du cancer

À Montréal, le Dr Jean-François Côté a démontré que la protéine DOCK1 jouait un rôle central dans la propagation du cancer (métastases). Au cours d’expériences sur des souris, l’équipe du Dr Côté a découvert que sans cette protéine, les métastases diminuaient de manière importante. Par ailleurs, les chercheurs ont observé que, chez les femmes atteintes d’un cancer du sein qui avaient un pronostic sombre ou qui faisaient face à une récidive, les niveaux de la protéine DOCK1 étaient élevés. Cette découverte mènera à l’élaboration de traitements plus ciblés contre le cancer du sein.

Proceedings of the National Academy of Sciences USA, avril 2013 (en anglais)

Donner une image plus nette

La tomographie par émission de positrons (TEP) est une importante technique d’imagerie pour diagnostiquer le cancer et surveiller l’efficacité du traitement. À Vancouver, le Dr David Perrin a testé un nouveau produit améliorant la qualité des clichés de la TEP et rendant cette technique plus rapide, plus spécifique et plus précise dans la détection des cancers. L’étude du Dr Perrin est rapidement devenue l’un des articles les plus cités de la revue Nuclear Medicine and Biology.

Nuclear Medicine and Biology, août 2013 (en anglais)

Utiliser le système immunitaire contre la propagation du cancer

Les cellules tueuses naturelles (NK) font partie du système immunitaire et jouent un rôle essentiel pour détruire les cellules cancéreuses. Cependant, après une chirurgie, ces cellules ne fonctionnent plus aussi bien, ce qui signifie que chez certains patients, le risque de propagation du cancer (métastases) augmente. À Ottawa, la Dre Rebecca Auer a démontré, d’abord chez les souris, puis sur un petit nombre de patients humains, qu’un vaccin peut renforcer les cellules NK. Cette découverte servira de base à un essai clinique pour tester cette nouvelle méthode pour diminuer la propagation du cancer chez les patients nécessitant une chirurgie.

Cancer Research, janvier 2013 (en anglais)

Prendre soin de nos aidants

Le cancer affecte les patients, mais il a aussi un impact sur leurs aidants. À Toronto, la Dre Camilla Zimmermann a étudié ce qui influençait la qualité de vie d’un groupe d’aidants. Les femmes, les aidants qui s’occupaient simultanément de plusieurs personnes, ou de patients particulièrement malades ou qui y passaient de longues heures, avaient une moins bonne qualité de vie que les autres. C’était le cas également pour ceux dont la situation avait changé, par exemple, s’ils avaient dû diminuer leurs heures de travail ou cesser de travailler. L’organisme Psychology Progress a souligné l’apport de cette recherche au champ de la psychologie.

Psycho-Oncology, février 2013 (en anglais)

Cartographier l’obésité

Malgré l’inquiétude croissante que suscite le tour de taille des Canadiens, les dernières cartes illustrant les taux d’obésité au pays dataient de plus de dix ans. Ces outils essentiels sont maintenant à jour grâce à la Dre Carolyn Gotay, de Vancouver. Ces cartes montrent la hausse des taux d’obésité ces onze dernières années, fournissant les preuves nécessaires pour que le public, les professionnels de la santé et les décisionnaires interviennent afin d’améliorer la santé des Canadiens. L’obésité, le manque d’activité physique et une mauvaise alimentation seraient responsables d’environ le tiers de tous les cancers.

Canadian Journal of Public Health, janvier/février 2013 (en anglais)

Éviter que nos propres cellules se rebellent

Normalement, les globules blancs sont essentiels pour défendre l’organisme contre le cancer. Cependant, la recherche montre qu’ils aideraient aussi le cancer à se propager à la suite d’une chirurgie. À Montréal, le Dr Lorenzo Ferri a étudié des pièges d’ADN que ces globules blancs utilisent pour attraper et tuer les bactéries et les agents pathogènes. Ces pièges extracellulaires de neutrophiles (PEN) préviennent ainsi les infections, comme celles qui surviennent parfois après une chirurgie. Le Dr Ferri a découvert que ces pièges attrapent aussi des cellules cancéreuses, mais qu’au lieu de les détruire, ils les activent et contribuent à leur propagation. Cette découverte pourrait conduire à de nouveaux traitements permettant d’améliorer les chances des patients atteints de cancer qui doivent subir une chirurgie.

Journal of Clinical Investigation, août 2013 (en anglais)

Adapter le traitement à l’âge du patient

Les travaux du Dr Janusz Rak, à Montréal, ont révélé que les cellules cancéreuses se propageaient (métastases) différemment chez les jeunes souris et chez les souris plus âgées. L’influence du vieillissement sur le cancer est assez peu étudiée et mieux la comprendre permettrait d’adapter le traitement en fonction de l’âge des patients.

Mechanisms of Ageing and Development, mars 2013 (en anglais)