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Palmarès scientifique de 2011

01 janvier 2012

Les chercheurs subventionnés par la Société canadienne du cancer découvrent sans cesse de nouveaux moyens de réduire l’incidence du cancer de même que la mortalité liée à la maladie, et d’améliorer la qualité de vie des Canadiens qui sont ou qui ont été atteints du cancer. Voici les 10 projets de recherche les plus en vue en 2011.

1. L’exémestane réduit grandement le risque de cancer du sein, selon un essai repère
Un vaste essai clinique international, qui portait sur une nouvelle façon de prévenir le cancer du sein chez les femmes courant un risque accru d’en être atteintes, a révélé qu’un médicament appelé exémestane réduit ce risque de 65 % par rapport au placebo. L’essai, effectué par le Groupe des essais cliniques de l’Institut national du cancer du Canada (GEC de l’INCC), était financé par la Société canadienne du cancer. Pour l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), cette découverte constitue l’une des plus importantes percées enregistrées dans le monde en 2011 pour le traitement du cancer.

Référence : The New England Journal of Medicine, juin 2011 (en anglais)

2. Un nouveau protocole de surveillance améliore la survie pour les personnes exposées à un risque élevé de cancer
Le Dr David Malkin et son équipe de recherche de Toronto ont montré qu’un nouveau protocole de surveillance améliore de beaucoup la survie pour les adultes et les enfants atteints du syndrome de Li-Fraumeni, une maladie héréditaire qui augmente énormément la prédisposition au cancer. L’étude a indiqué que le taux de survie après la détection d’un cancer était de 100 % chez les personnes mises sous surveillance, et de 21 % chez les personnes non mises sous surveillance.

Référence : The Lancet Oncology, juin 2011 (en anglais)

3. La recherche de moelle osseuse pourrait prendre fin grâce à la découverte d’une cellule souche issue du sang humain
Avec son équipe de recherche de Toronto, le Dr John Dick a repéré un type de cellule souche issue du sang humain qui est capable de régénérer tout le système sanguin. Il s’agit d’une découverte révolutionnaire qui pourrait déboucher sur de nouveaux traitements plus efficaces du cancer et d’autres maladies aux effets dévastateurs.

Référence : Science, juillet 2011 (en anglais)

4. Un essai qui va changer les pratiques montre qu’un traitement additionnel de radiothérapie diminue les récidives du cancer
À la lumière d’un essai clinique dirigé par des chercheurs canadiens, un traitement additionnel de radiothérapie améliore la survie sans maladie chez les femmes atteintes d’un cancer du sein au stade précoce et réduit le risque de récidive du cancer, ce qui pourrait changer la norme de traitement pour ces femmes. D’après une analyse provisoire des résultats, la survie sans maladie a été améliorée de plus de 30 % chez les femmes recevant un traitement additionnel de radiothérapie. L’essai a été réalisé par le GEC de l’INCC, qui est subventionné par la Société canadienne du cancer. Pour l’ASCO, la découverte représente l’une des plus importantes avancées accomplies dans le monde en 2011 pour le traitement du cancer.

Référence : Congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology, juin 2011 (en anglais)

5. Nouvel éclairage sur la génétique du développement du cancer de l’ovaire
En examinant des cellules ovariennes cancéreuses, le Dr Abou Elela de Sherbrooke a identifié, dans leur matériel génétique, plusieurs variantes qui régissent la croissance et la survie. Ses travaux fournissent de précieuses informations sur les facteurs génétiques qui interviennent dans le développement des cancers de l’ovaire et la biologie du cancer en général.

Référence : Nature Structural & Molecular Biology, mai 2011 (en anglais)

6. Un « congé » thérapeutique va changer la norme de soins pour les hommes atteints d’un cancer de la prostate récidivant
D’après un essai mené par le GEC de l’INCC, qui est financé par la Société canadienne du cancer, les hommes atteints d’un cancer de la prostate recevant des antiandrogènes (hormones) par intermittence vivent plus longtemps que ceux qui en reçoivent de façon continue. Les résultats devraient changer les protocoles de traitement actuel et réduire certains des effets indésirables de l’hormonothérapie, dont l’impuissance. Ils ont été présentés au congrès annuel de l’ASCO, où la recherche a été désignée comme étant la « Meilleure de l’ASCO ».

Référence : Congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology, juin 2011 (en anglais)

7. Une nouvelle méthode d’imagerie pourrait être plus précise pour la détection du cancer du poumon
Le Dr Haishan Zeng de Vancouver a dirigé une étude pilote afin de déterminer si une nouvelle technologie, la spectroscopie Raman au laser (SRL), pouvait améliorer la détection des cancers du poumon. Le Dr Zeng et son équipe de recherche ont découvert que la SRL permet de détecter des lésions précancéreuses avec une sensibilité de 96 % et une spécificité de 91 % lorsqu’elle est jumelée à des méthodes existantes. L’application de la SLR, qui a été développée en Colombie-Britannique, pourrait améliorer la détection précoce du cancer du poumon et réduire le nombre de faux positifs associés aux autres méthodes.

Référence : Journal of Thoracic Oncology, juillet 2011 (en anglais)

8. Un chercheur développe des nanoparticules tueuses de tumeurs
Le Dr Gang Zheng de Toronto a récemment conçu une nouvelle classe de nanoparticules, appelées porphysomes, qui ciblent et détruisent les tumeurs. Lorsqu’ils s’accumulent dans des tumeurs, les porphysomes convertissent la lumière d’un laser en énergie mortelle pour les cellules cancéreuses. Pour ces travaux, le Dr Zheng a remporté le prix Inventeur de l’année du Réseau universitaire de santé.

Référence : Nature Materials, mars 2011 (en anglais)

9. Une enquête fait état d’un usage accru de tabac sans fumée chez les jeunes hommes
L’Enquête sur le tabagisme chez les jeunes a porté sur l’usage de tabac sans fumée (tabac à chiquer et à priser) par les jeunes entre 2004 et 2008. Elle a révélé qu’au Canada, les jeunes hommes sont les principaux utilisateurs de tabac sans fumée, la proportion la plus forte étant observée dans les provinces de l’Ouest et la plus faible, au Québec. Les résultats de cette enquête biennale facilitent l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des stratégies, politiques et programmes antitabac pour les jeunes. L’Enquête, financée par Santé Canada, a été confiée au Centre pour l’avancement de la santé des populations Propel, un programme financé par la Société canadienne du cancer à l’Université de Waterloo.

Référence : Revue canadienne de santé publique, septembre-octobre 2011 (en anglais)

10. Une découverte peut offrir une nouvelle option de traitement de la leucémie infantile
Au cours de l’une des premières études du genre sur le rôle des gènes KIR dans le développement de la leucémie infantile, le Dr Ali Ahmad et son groupe de recherche à Montréal ont démontré que le risque de leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) était réduit chez les enfants porteurs de gènes KIR activateurs. La découverte jette un éclairage important sur la cause sous-jacente de la LAL et peut aussi mettre au jour une nouvelle option thérapeutique fondée sur le ciblage des protéines KIR.

Référence : Blood, août 2011 (en anglais)

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Mentions honorables décernées à la fin de l’année 2010

Une recherche indique qu’un agent anticancer n’a rien d’un médicament miracle 
La Dre Brenda Coomber et son équipe de recherche de Guelph ont observé que le dichloroacétate (DCA), que l’on croyait doté de propriétés anticancéreuses, n’est pas efficace pour détruire les cellules cancéreuses du côlon chez les souris et qu’il entraîne, dans certains cas, une croissance des tumeurs. La presse populaire avait présenté le DCA comme étant un puissant traitement potentiel du cancer, à la lumière de rapports non scientifiques d’automédication. Les conclusions font ressortir l’importance d’une évaluation appropriée des nouveaux traitements destinés aux patients atteints de cancer.

Référence : Cancer Letters, novembre 2010 (en anglais)

Une découverte conduit à de nouvelles stratégies de diagnostic et de traitement du cancer de l’œil
Des chercheurs de Vancouver, dirigés par la Dre Catherine Van Raamsdonk, ont noté qu’une mutation de l’un des oncogènes GNA11 ou GNAQ est présente chez 79 % des patients atteints d’un mélanome uvéal – la forme la plus fréquente de cancer de l’œil. Les résultats enrichissent grandement nos connaissances sur les mélanomes uvéaux et sont déjà utilisés pour l’élaboration de nouveaux outils diagnostiques et traitements.

Référence : The New England Journal of Medicine, décembre 2010 (en anglais)

Des chercheurs découvrent un nouveau mécanisme cellulaire associé au développement du cancer
Le Dr Marc Therrien, de Montréal, a découvert un nouveau processus par lequel une protéine, appelée EJC, commande les voies de transmission des signaux qui régissent la division cellulaire. Les voies dysfonctionnelles de transmission des signaux jouent un rôle dans le développement de nombreux cancers et les travaux du Dr Therrien apportent un nouvel éclairage sur les processus de rupture des communications moléculaires. Les résultats figurent parmi les articles « à lire absolument » choisis par la Faculté des 1000 et sont reconnus par le magazine Québec Science comme l’une des plus grandes découvertes scientifiques de l’année au Québec.

Référence : Cell, octobre 2010 (en anglais)

Distinctions remises à des chercheurs subventionnés par la Société
En 2011, des boursiers de la Société ont obtenu de prestigieuses distinctions nationales pour leurs réalisations dans le domaine de la recherche :

  • Le Dr Geoffrey Fong a reçu le Prix de l’application des connaissances des Instituts de recherche en santé du Canada pour ses recherches qui ont aidé à établir le programme mondial de réglementation antitabac. Le Dr Fong est professeur aux départements de psychologie et d’études sur la santé à l’Université de Waterloo, et chercheur pour le Centre pour l’avancement de la santé des populations Propel.
  • Les Drs Allan et Connie Eaves, de la BC Cancer Agency, ont reçu le Prix Œuvre de toute une vie 2011 de la Société canadienne du sang pour leurs contributions au domaine de la transplantologie et de la médecine transfusionnelle au Canada et partout dans le monde.
  • La Dre Anne-Claude Gingras, chercheuse principale et scientifique au Mount Sinai Hospital, a été lauréate d’un prix Top 100 : les Canadiennes les plus influentes pour 2011 attribué par le Réseau des femmes exécutives, dans la catégorie Pionnières et créatrices de tendances. La Dre Gingras jouit d’une réputation mondiale pour ses études sur les interactions des protéines qui jouent un rôle dans le développement du cancer, la pharmacorésistance et l’immunité.

Pour leurs réussites scientifiques exceptionnelles, les chercheurs suivants ont été admis par leurs pairs à la Société royale du Canada. L’élection à la Société royale du Canada est l’une des plus hautes distinctions qui puisse être accordée à un érudit dans le domaine des arts, des lettres et sciences humaines et des sciences.

  • Le Dr Steven Jones, de la BC Cancer Agency, pour son apport remarquable au domaine de l’informatique génomique.
  • Le Dr James Rutka, de l’Hôpital pour enfants malades (SickKids), un chirurgien et un scientifique qui s’intéresse de près à la biologie moléculaire des tumeurs cérébrales humaines.
  • Le Dr Frank Sicheri, du Samuel Lunenfeld Research Institute au Mount Sinai Hospital, qui se sert de la cristallographie par rayons X pour comprendre comment les protéines de transmission des signaux forment des voies de communication dans la cellule et en quoi la dysrégulation des protéines de transmission des signaux est une condition propice à la maladie humaine.