Nouvelle étude sur les médicaments anticancéreux

01 août 2012

Dr Grant Brown et Dr Johnny Tkach

Le chef du laboratoire, le Dr Grant Brown, en compagnie du premier auteur de l’étude, le Dr Johnny Tkach

Août 2012 – Des chercheurs de Toronto ont découvert de nouveaux moyens par lesquels les cellules se défendent contre les dommages dus à la chimiothérapie, ce qui pourrait donner lieu à une amélioration des traitements administrés aux patients.

La chimiothérapie est une arme à double tranchant : si elle peut s’avérer très efficace pour détruire les cellules cancéreuses, elle risque aussi d’endommager les cellules saines et de provoquer de nombreux effets secondaires, à commencer par la perte de cheveux, la fatigue, la nausée et l’affaiblissement du système immunitaire. La compréhension des réactions des cellules normales et cancéreuses face aux modifications de l’ADN revêt par conséquent une importance capitale pour nous aider à fournir aux patients de meilleurs traitements.

Dans le cadre de cette étude subventionnée par la Société canadienne du cancer, l’équipe de recherche a mis à profit une technologie de dépistage au microscope pour analyser toutes les protéines présentes dans la cellule ainsi que leur réaction à des médicaments anticancéreux particuliers. Jamais encore la totalité des protéines n’avaient été étudiées de cette manière : dorénavant, les chercheurs sont en mesure de mieux comprendre ce qui se passe à l’intérieur d’une cellule sous l’effet de la chimiothérapie.

Les scientifiques ont observé que des centaines de protéines se déplaçaient à des endroits différents dans la cellule ou se multipliaient pendant la chimiothérapie. Ils ont analysé le mouvement des protéines cellulaires en « étiquetant » celles-ci d’une molécule fluorescente, ce qui leur a permis de les suivre en temps réel au microscope. L’équipe de recherche a ensuite soumis les cellules à différents traitements médicamenteux puis a surveillé les éventuels déplacements des protéines lumineuses ou l’augmentation de leur nombre. Les chercheurs ont constaté que les différentes combinaisons de protéines réagissent différemment aux médicaments anticancéreux, et qu’il y a plus d’une façon pour la cellule de réagir face aux dommages causés à l’ADN.

« Une cellule n’a jamais une réaction unique, mais plutôt une multitude de réactions possibles », explique le Dr Grant Brown, chercheur principal pour cette étude et professeur au Centre Donnelly ainsi qu’au département de biochimie de l’Université de Toronto. « Si nous maîtrisons les rouages de ces réactions, nous pourrons mieux voir comment les cellules normales contrebalancent les effets indésirables des médicaments anticancéreux, et éventuellement identifier des cibles qui feront en sorte de rendre les cellules cancéreuses plus sensibles à la chimiothérapie. »

Le Dr Brown ajoute que les chercheurs espèrent voir les scientifiques utiliser une technique de dépistage au microscope du même genre pour étudier tous les types de médicaments anticancéreux. Les scientifiques et les cliniciens pourront ainsi prendre des décisions plus éclairées sur le plan pharmacologique et disposeront d’options mieux adaptées au traitement de nombreux types de cancer.

L’étude a été annoncée sur www.nature.com et sera publiée dans le numéro de septembre de la revue scientifique Nature Cell Biology.