Des travaux récents laissent entrevoir de meilleurs traitements contre le cancer infantile du cerveau

01 février 2012

Dr Michael TaylorLes résultats d'une étude subventionnée en partie par la Société canadienne du cancer pourraient mener à des traitements beaucoup plus efficaces contre un cancer du cerveau faisant des ravages chez les enfants qui en sont atteints.

En effet, Dr Michael Taylor et son équipe de l’Hôpital pour enfants malades ont découvert que lorsque le médulloblastome s'étendait, c’est-à-dire que des métastases se développaient, ces tumeurs métastasiques étaient génétiquement très différentes de la tumeur primitive, mais semblables les unes aux autres.

Cette observation (en anglais) explique que le traitement ne soit pas efficace chez certains enfants après la dissémination du cancer. Les chercheurs sachant désormais qu'ils traitent un seul et même cancer, mais revêtant deux profils génétiques distincts, ils pourront mettre au point des traitements qui cibleront tant la tumeur primitive que les métastases.

Le médulloblastome, cancer infantile du cerveau le plus fréquent, est une tumeur qui se développe à l'arrière du cerveau, dans le cervelet. La maladie affecte principalement les très jeunes enfants et est particulièrement mortelle chez les bébés de moins de 18 mois.

Autre découverte de cette équipe : seul un petit sous-groupe de cellules issues de la tumeur primitive peuvent former des métastases ailleurs dans le cerveau ou la moelle épinière. Auparavant, on tenait pour acquis que le médulloblastome se disséminait à la faveur de mouvements cellulaires aléatoires.

Chaque année, quelque 250 enfants canadiens reçoivent un diagnostic d'une forme ou d'une autre de cancer du cerveau. Même si 70 % d'entre eux survivent, les tumeurs cérébrales n'en demeurent pas moins la première cause de décès par cancer chez les enfants. Au Canada, on enregistre environ 60 nouveaux cas de médulloblastome chaque année; la moitié des enfants atteints surmontent la maladie. Plusieurs de ces survivants, toutefois, éprouvent de graves problèmes physiques et neurologiques en raison de la maladie elle-même ainsi que des effets des traitements, qui sont très agressifs, sur leur cerveau en développement.

« Ces découvertes très importantes seront source d'espoir pour les enfants atteints d'un médulloblastome et leur famille, déclare Dre Christine Williams, vice-présidente à la recherche, Société canadienne du cancer. Cette étude fascinante élargit les perspectives thérapeutiques, de sorte que les médecins auront accès à des traitements plus efficaces et moins toxiques pour ces enfants. Ce sont des nouvelles très prometteuses. »

Les résultats de l'étude ont été publiés sur le site de la prestigieuse revue Nature (en anglais)

Pour en savoir davantage sur les travaux de Dr Taylor