La hausse de l’incidence du cancer de la thyroïde fait l’objet d’études

01 février 2012

Les taux d’incidence du cancer de la thyroïde connaissent une augmentation notable dans le monde entier, mais les raisons pouvant expliquer une telle hausse demeurent nébuleuses.

Désireux de lever le voile sur cette situation, les chercheurs de la Société canadienne du cancer ont examiné de près certains facteurs liés au mode de vie et à la reproduction qu’on soupçonne d’être associés au risque de cancer de la thyroïde. Les chercheurs de la Société ont analysé 37 études portant sur ces facteurs, notamment l’indice de masse corporelle (IMC), les régimes alimentaires riches en iode et les facteurs reproductifs féminins (par exemple l’âge au moment de la première grossesse, le nombre d’accouchements et la prise de contraceptifs oraux). À partir de ces éléments ainsi que d’autres, les chercheurs ont tenté de mieux comprendre les principaux facteurs connus et présumés afin de déterminer lesquels seraient les plus susceptibles d’accroître le risque de cancer de la thyroïde.

Lors de l’analyse des données scientifiques disponibles, les chercheurs ont constaté une corrélation entre l’IMC et un risque accru de cancer de la thyroïde. Le risque était plus élevé chez les femmes que chez les hommes, et parmi les femmes, celles dont l’IMC était élevé couraient un risque jusqu’à 7 fois supérieur à celui des femmes présentant un IMC plus faible. Un IMC élevé est un signe d’embonpoint ou d’obésité. Même si le lien avec le cancer de la thyroïde était plus marqué pour l’IMC que pour tous les autres facteurs de risque étudiés, dans l’ensemble cette association demeurait relativement faible et certaines études arrivaient à des conclusions différentes, si bien qu’il est impossible d’imputer les hausses significatives de l’incidence du cancer de la thyroïde à ce seul facteur.

« Nos observations indiquent que l’obésité pourrait jouer un rôle important dans le développement du cancer de la thyroïde et que la réduction de l’incidence de l’obésité serait un moyen de diminuer le risque de cancer de la thyroïde. Mais d’autres facteurs, associés au mode de vie ou à l’environnement, contribuent vraisemblablement à hausser le risque de cancer de la thyroïde », déclare le chercheur principal, le Dr Prithwish De, épidémiologiste à la Société canadienne du cancer. « Une grande inconnue demeure, à savoir s’il y a véritablement une augmentation du risque ou si nous parvenons simplement à mieux détecter ce type de cancer. »

En ce qui concerne les autres facteurs à l’étude (le régime alimentaire et les facteurs reproductifs féminins), il n’a pas été possible de conclure à une association avec l’augmentation du risque.

Les auteurs citent une analyse antérieure de données provenant des cinq continents, faisant état d’une augmentation moyenne des taux d’incidence du cancer de la thyroïde de 67 % chez les femmes et de 48 % chez les hommes entre 1973 et 2002. L’augmentation de l’incidence du cancer de la thyroïde est un phénomène observé dans la quasi-totalité des pays.

L’analyse que les chercheurs viennent de mener les amène à conclure que des recherches plus approfondies sur les facteurs de risque affectant la population en général pourraient aider à déterminer et à soutenir les initiatives de prévention requises pour réduire le risque de cancer de la thyroïde.

L’analyse a été publiée dans la revue PlosONE le 19 janvier 2012. Il s’agit de l’analyse la plus vaste et exhaustive publiée à ce jour à propos du risque de cancer de la thyroïde.

Le cancer de la thyroïde est la 7e forme de cancer la plus répandue au Canada. En 2011, on estimait à environ 5 700 le nombre de nouveaux cas. Par contre, on doit se réjouir du fait que le taux de survie des personnes atteintes d’un cancer de la thyroïde est excellent (taux de survie de 98 % après cinq ans) en raison de la grande efficacité des traitements d’aujourd’hui.