Palmarès des 10 projets de recherche subventionnés par la Société canadienne du cancer les plus en vue en 2010

01 janvier 2011

Janvier 2011 – Les chercheurs subventionnés par la Société canadienne du cancer découvrent sans cesse de nouveaux moyens de réduire l’incidence du cancer de même que la mortalité liée à la maladie, et d’améliorer la qualité de vie des Canadiens qui sont ou qui ont été atteints du cancer. Voici les 10 projets de recherche les plus en vue en 2011.

  1. Un calendrier de radiothérapie plus court s’avère efficace pour certaines patientes atteintes d’un cancer du sein
    Selon un essai clinique dirigé par le Dr Timothy Whelan à Hamilton, un calendrier de radiothérapie de plus courte durée (trois semaines) à plus haute intensité pourrait être aussi efficace que le calendrier standard de cinq semaines pour les femmes atteintes d’un cancer du sein au stade précoce. Ce traitement plus court mais plus intense constitue pour les patientes une option thérapeutique moins contraignante, ce qui améliore par le fait même leur qualité de vie. L’étude a été financée en partie par la Société canadienne du cancer. L’American Society of Clinical Oncology a jugé qu’il s’agissait là d’une des plus importantes percées au monde en matière de traitement contre le cancer en 2010.

    Référence :
    The New England Journal of Medicine, (en anglais) février 2010
  2. Des chercheurs transforment la peau en cellules sanguines – une avancée permettant d’envisager une nouvelle source de cellules souches
    À Hamilton, le Dr Mick Bhatia a supervisé une équipe de recherche qui a converti directement des cellules cutanées humaines en différents types de cellules sanguines, une découverte qui pourrait révolutionner le traitement du cancer chez les patients qui nécessitent des greffes de moelle osseuse. Plus précisément, cette nouvelle avenue scientifique présenterait tous les avantages d’une greffe autologue, éliminant les problèmes de compatibilité ou les risques de rejet; elle éviterait également de transplanter des cellules souches porteuses de la mutation à l’origine de la tumeur.

    Référence :
    Nature, (en anglais) novembre 2010
  3. Des chercheurs identifient de nouveaux types de cancer infantile du cerveau
    Une étude menée par le Dr Michael Taylor à Toronto a permis de constater que le médulloblastome, la forme maligne de cancer infantile du cerveau la plus répandue, n’est pas une mais bien quatre maladies différentes, qui possèdent toutes leurs propres caractéristiques cliniques et composition moléculaire. Ces résultats ouvrent la voie à des traitements davantage personnalisés et ciblés en fonction de chacune des formes de la maladie et pourraient éviter à certains patients les effets indésirables à long terme d’un traitement-choc, y compris les dommages cérébraux consécutifs à l’irradiation.

    Référence :
    Journal of Clinical Oncology, (en anglais) septembre 2010
  4. Le traitement associatif constitue la meilleure option contre le cancer agressif de la prostate
    De nouvelles observations issues d’un essai clinique révèlent qu’une combinaison de radiothérapie et d’hormonothérapie contribue à accroître l’espérance de vie des hommes atteints d’un cancer agressif de la prostate, ce qui pourrait transformer la pratique clinique à l’échelle mondiale. Auparavant, la plupart des cliniciens étaient d’avis que les cancers localisés et avancés de la prostate devaient être traités exclusivement par hormonothérapie. Selon les résultats de l’essai, plusieurs patients pourraient également tirer profit de la radiothérapie. C’est le Groupe des essais cliniques (GEC) de l’INCC et le Medical Research Council du Royaume-Uni qui ont coordonné l’étude, dirigée par le Dr Padraig Warde. Le GEC est financé par la Société canadienne du cancer.

    Référence :
    Journal of Clinical Oncology (en anglais), juin 2010
  5. Des chercheurs décryptent un code génétique caché
    Un deuxième code génétique (désigné comme étant le code d’épissage de l’ARN) a été identifié lors d’une étude dirigée par le Dr Benjamin Blencowe, subventionné par la Société canadienne du cancer, et son collègue le Dr Brendan Frey, tous deux de l’Université de Toronto. Cette découverte aidera les chercheurs à mieux comprendre les activités génétiques complexes à l’origine du cancer et à mieux interpréter les messages que peut contenir un gène dans n’importe quel type de cellule de l’organisme. Cette étude avant-gardiste, vient combler l’écart entre nos connaissances sur le génome humain et les multiples activités qui se déroulent à l’intérieur des cellules. Le décryptage de ce code pourrait éventuellement nous aider à prévoir ou à prévenir des maladies telles que le cancer.

    Référence : Nature, mai 2010

  6. Une étude identifie les personnes les plus susceptibles de profiter des traitements contre le cancer du poumon
    Une équipe de recherche de Toronto dirigée par le Dr Ming Sound Tsao a été la première à identifier un ensemble de gènes pouvant prédire si les patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules au stade précoce ont avantage à suivre une chimiothérapie postopératoire afin de prévenir la récidive de la maladie. Les patients n’ont pas tous besoin et ne tirent pas tous profit d’une chimiothérapie postopératoire. Le fait de savoir qu’un patient est atteint d’un cancer plus agressif et que la chimiothérapie adjuvante augmentera ses chances de guérison permet de mieux évaluer la pertinence de traitements postopératoires. Cette étude a été financée entre autres par la Société canadienne du cancer.

    Référence : Journal of Clinical Oncology,
  7. Un virus courant pourrait fournir un nouveau traitement contre le cancer de la prostate
    À Calgary, le Dr Peter Forsyth a fait partie d’une équipe scientifique qui a récemment mis à l’épreuve avec succès une nouvelle méthode thérapeutique auprès d’un petit nombre de patients atteints d’un cancer de la prostate, à l’aide d’un virus inoffensif appelé réovirus. Des études antérieures avaient démontré que le réovirus cible les cellules cancéreuses et épargne les cellules saines. Dans le cadre de cette recherche menée récemment, les chercheurs ont injecté le réovirus chez six patients atteints d’un cancer de la prostate en même temps qu’ils l’étudiaient chez des modèles de souris et en laboratoire. Le virus a détruit bon nombre de cellules cancéreuses et s’est répliqué afin d’en attaquer encore davantage, sans toutefois se propager aux cellules normales.
    Référence : Cancer Research (en anglais), mars 2010
  8. La recherche modifie la norme thérapeutique pour un cancer peu fréquent du cerveau chez les enfants
    À Toronto, le Dr David Malkin et son équipe de recherche ont découvert une mutation génétique qui joue un rôle de premier plan pour le pronostic des patients atteints d’une forme rare de cancer infantile du cerveau (carcinome du plexus choroïde). Cette information permet de conclure que la radiothérapie s’avère inutile pour certains jeunes patients, qui ainsi n’auront pas à en subir les effets secondaires dévastateurs. La vérification de la présence de la mutation TP53 aidera à déterminer quel traitement est le plus approprié pour le patient.

    Référence :
    Journal of Clinical Oncology (en anglais),avril 2010
  9. Les survivants d’un cancer infantile risquent davantage de subir une hospitalisation Selon les conclusions d’une étude sans précédent sur les répercussions physiques et psychologiques à long terme du traitement du cancer chez les enfants, les survivants d’un cancer infantile présentent des risques plus élevés d’hospitalisation et séjournent à la fois plus souvent et plus longtemps à l’hôpital. L’étude vient enrichir les observations effectuées précédemment en fournissant une information essentielle à la planification et à la fourniture du soutien nécessaire aux survivants d’un cancer infantile, une fois leur traitement terminé. Ce projet, qui bénéficie d’une subvention de la Société, est dirigé par la Dre Mary McBride à Vancouver.

    Référence : European Journal of Cancer (en anglais), septembre 2010 (en ligne)
  10. La chute de l’incidence du cancer du sein est liée au recours moins fréquent à l’HTS Une étude de la Société canadienne du cancer a révélé que la baisse considérable de l’incidence du cancer du sein observée de 2002 à 2004 chez les femmes ménopausées correspondait à la diminution radicale du recours à l’hormonothérapie substitutive (HTS) au cours de la même période. Il s’agit de la première étude à établir une corrélation entre l’utilisation de l'HTS et le cancer du sein chez les Canadiennes. Ces résultats fournissent aux professionnels de la santé et à leurs patientes de précieux renseignements qui contribueront à réduire le risque de cancer du sein de ces dernières.

    Référence :
    Journal of the National Cancer Institute (en anglais) ,septembre 2010

Mentions honorifiques

Les chercheurs subventionnés par la Société canadienne du cancer sont parmi les meilleurs au Canada, selon une étude
Les chercheurs subventionnés par la Société canadienne du cancer exercent une plus grande influence sur le plan scientifique que d’autres chercheurs au pays. L’étude, qui a consisté à évaluer le programme de subventions de recherche de la Société, a conclu que les chercheurs subventionnés par la Société publient davantage d’articles, les publient dans les revues scientifiques les plus prestigieuses et sont cités plus souvent par d’autres chercheurs.

Référence :
American Journal of Evaluation (en anglais), janvier 2010

Distinctions accordées à des chercheurs subventionnés par la Société
En 2010, des chercheurs subventionnés par la Société ont raflé plusieurs récompenses nationales de haut calibre soulignant leur apport à la science :

  • Le Dr Daniel Durocher a été nommé parmi les « 40 Canadiens performants de moins de 40 ans », prix décerné annuellement à de jeunes chefs de file d’aujourd’hui et de demain. Cette nomination vient récompenser les formidables réalisations du Dr Durocher ainsi que son influence au sein de la communauté biomédicale canadienne. Le Dr Durocher est chercheur principal à l’Institut Lunenfeld et titulaire de la chaire de recherche Thomas Kierans sur les mécanismes de développement du cancer à l’Hôpital Mount Sinai de Toronto.
  • Le Dr David Hammond a reçu le Prix du meilleur jeune chercheur du Canada des Instituts de recherche en santé du Canada pour son travail sur l’étiquetage des paquets de cigarettes et le rôle que celui-ci peut jouer pour modifier les comportements. Le Dr Hammond est professeur adjoint en études sur la santé et en gérontologie à l’Université de Waterloo.
  • Le Dr Jeff Wrana a été l’un des récipiendaires de la Bourse d’excellence du premier ministre de l’Ontario, attribuée aux chercheurs qui se démarquent à l’échelle internationale et dont le travail a métamorphosé leur domaine scientifique. La recherche du Dr Wrana, portant sur les voies de communication des cellules, a engendré de nouvelles façons d’envisager la lutte contre le cancer et donné lieu à de nouveaux traitements qui mettent à profit les communications intracellulaires. Le Dr Wrana est chercheur principal à l’Institut de recherche Samuel Lunenfeld de l’Hôpital Mount Sinai à Toronto.