Un traitement associatif aide les hommes atteints d’un cancer de la prostate à vivre plus longtemps

01 novembre 2011

DrPadraig WardeNovembre 2011 – Selon les résultats d’un essai clinique dirigé par des Canadiens, les patients à risque élevé d’être atteints d’un cancer localisé et avancé de la prostate vivent plus longtemps s’ils reçoivent un traitement combiné de radiothérapie et d’hormonothérapie.

Les résultats permettent d’offrir une nouvelle option de traitement importante qui devrait changer la pratique clinique dans le monde entier. Jusqu’à maintenant, la plupart des cliniciens étaient d’avis que les patients atteints d’un cancer localisé et avancé de la prostate devaient recevoir seulement une hormonothérapie, car la radiothérapie n’était pas une norme de traitement établie pour ces patients.

« D’après ces résultats, nous croyons qu’ajouter la radiothérapie au plan de traitement devrait faire partie de la norme de traitement », déclare le Dr Padraig Warde, chercheur principal de cette étude. Le Dr Warde est radio-oncologue à l’hôpital Princess Margaret de Toronto.

L’essai clinique international a été coordonné par le Groupe des essais cliniques (GEC) de l’INCC et le Medical Research Council du Royaume-Uni. Le GEC est financé par la Société canadienne du cancer.

L’essai clinique a réuni 1205 patients dont le cancer, au moment du diagnostic, s’était propagé à la région environnante de la prostate, ou qui présentaient d’autres facteurs de risque importants, par exemple un taux d’APS élevé. Environ la moitié des sujets ont reçu les deux traitements, tandis que l’autre moitié ne recevait que le traitement hormonal. L’étude est l’une des plus exhaustives jamais menées pour vérifier l’efficacité de cette méthode thérapeutique.

Après sept années de suivi, 74 % des hommes ayant reçu le traitement combiné de radiothérapie et d’hormonothérapie étaient toujours en vie, comparativement à 66 % n’ayant reçu que l’hormonothérapie. Les chercheurs ont également découvert que la radiothérapie était bien tolérée et ne présentait aucune toxicité importante.

« Les résultats sont très prometteurs, car ils offrent une nouvelle option de traitement importante, affirme le Dr Michael Wosnick, vice-président à la recherche de la Société canadienne du cancer. Ils démontrent qu’un grand nombre de ces patients à haut risque d’être atteints de la maladie bénéficieront de l’ajout de ce traitement. Cette option est d’autant plus intéressante à considérer, car les techniques de radiothérapie se sont grandement améliorées depuis le début de cet essai clinique. »

Les résultats sont publiés en ligne aujourd’hui dans la revue médicale The Lancet  (lien de la revue).

Environ 15 à 25 % de tous les nouveaux cas de cancer de la prostate impliquent des tumeurs localisées et avancées et sont par conséquent à haut risque. Le Dr Warde s’attend à ce que ses observations modifient les normes de traitement pour ce groupe de patients.

Le cancer de la prostate est la forme de cancer la plus répandue chez les hommes canadiens (si on exclut le cancer de la peau sans mélanome). En 2011, on estime que 25 500 Canadiens recevront un diagnostic de cancer de la prostate et que 4100 seront emportés par la maladie.