Un virus courant pourrait fournir un nouveau traitement contre le cancer de la prostate

01 mars 2010

En Alberta, des chercheurs ont récemment mis à l’épreuve avec succès une nouvelle méthode thérapeutique auprès d’un petit nombre de patients atteints d’un cancer de la prostate, mettant à contribution un virus inoffensif appelé réovirus.

Les propriétés anticancéreuses du virus avaient été observées à l’origine par les Drs Patrick Lee et Peter Forsyth, il y a plus de 10 ans, grâce à des fonds octroyés par la Société canadienne du cancer. Encore aujourd’hui, le Dr Lee considère cette découverte comme la plus exaltante de sa carrière scientifique.

Lorsqu’ils ont entrepris leurs travaux, les chercheurs espéraient trouver la réponse à cette question : se pourrait-il qu’un virus qui provoque habituellement une toux légère et des maux d’estomac puisse venir en aide aux personnes atteintes d’une tumeur cérébrale maligne?

Pour valider cette théorie, les chercheurs ont injecté le réovirus dans des gliomes malins, le type le plus fréquent de tumeur du cerveau. Injecté à des souris porteuses de gliomes humains, ce virus a provoqué soit la régression totale de la tumeur, soit sa diminution notable. Les souris ont pris du poids, semblaient plus en santé et ont vécu plus longtemps que des souris similaires auxquelles on avait injecté un virus inactif. Injecté dans neuf gliomes humains après leur extraction chirurgicale, le réovirus a infecté et tué toutes les cellules cancéreuses présentes.

L’étude en cours, dirigée par des chercheurs de Calgary, a consisté à injecter le réovirus chez six patients atteints d’un cancer de la prostate ainsi que chez des modèles de souris et dans des éprouvettes afin de vérifier l’efficacité du virus. Ce dernier a détruit bon nombre de cellules cancéreuses et s’est répliqué afin d’en attaquer encore davantage, sans toutefois se propager aux cellules normales. Le virus cible de manière très précise les cellules auxquelles il s’attaque, en se dirigeant vers les cellules cancéreuses et en laissant tranquilles les cellules saines.

Plus d’information :

Faites connaissance avec le Dr Peter Forsyth, chercheur sur les virus

Voyez comment le réovirus attaque une cellule cancéreuse en anglais seulement

 

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