La radiothérapie et l’hormonothérapie combinées constituent le meilleur traitement contre le cancer agressif de la prostate

01 juin 2010

Une étude menée par des chercheurs canadiens révèle qu’une combinaison de radiothérapie et d’hormonothérapie contribue à accroître l’espérance de vie des hommes atteints d’un cancer agressif de la prostate.

Ces conclusions devraient modifier la pratique clinique et remettre en question le principe qui a cours actuellement, selon lequel l’hormonothérapie seule est le traitement à privilégier pour traiter les formes virulentes de cancer de la prostate. Les résultats de l’étude ont été présentés en juin lors du congrès annuel de l’American Society of Clinical Oncology.

Ces résultats viennent contredire les croyances et les pratiques que partagent depuis plusieurs années de nombreux cliniciens, selon le Dr Padraig Warde, qui a dirigé cet essai coordonné par le Groupe des essais cliniques (GEC) de l’INCC et le Medical Research Council du Royaume-Uni. Le GEC est financé par la Société canadienne du cancer.

Jusqu’à maintenant, la plupart des cliniciens étaient d’avis que les patients atteints d’un cancer localisé et avancé de la prostate devaient recevoir seulement une hormonothérapie explique le Dr Warde, radio-oncologue à l’hôpital Princess Margaret de Toronto. Selon les résultats de cet essai clinique, plusieurs de ces patients pourraient également tirer profit de la radiothérapie, ajoute-t-il.

Bien que l’association de la radiothérapie et du blocage androgénique soit déjà disponible dans certains centres de traitement pour des patients à haut risque, il ne s’agit pas d’un traitement courant à l’échelle mondiale. La plupart des hommes reçoivent le traitement standard (c’est-à-dire le traitement anti-androgénique) mettant un frein à la production de testostérone – l’hormone sexuelle mâle qui alimente la croissance des tumeurs de la prostate.

L’essai clinique a réuni 1205 patients dont le cancer, au moment du diagnostic, s’était propagé à la région environnante de la prostate ou qui présentaient d’autres facteurs de risque importants, par exemple un taux d’APS élevé. Environ la moitié des sujets ont reçu les deux traitements, tandis que l’autre moitié ne recevait que le traitement hormonal. L’étude est l’une des plus exhaustives jamais menées pour vérifier l’efficacité de cette méthode thérapeutique.

Après 7 années de suivi, 74 % des hommes ayant reçu le traitement combiné de radiothérapie et d’hormonothérapie étaient toujours en vie, comparativement à 66 % n’ayant reçu que l’hormonothérapie. Le traitement associatif est particulièrement bénéfique, les effets toxiques et secondaires étant réduits au minimum en raison des doses plus faibles de radiothérapie qui sont administrées.

Environ 15 à 25 % de tous les nouveaux cas de cancer de la prostate impliquent des tumeurs localisées et avancées et sont par conséquent à haut risque. Le Dr Warde s’attend à ce que ses observations modifient les normes de traitement pour ce groupe de patients.

Le cancer de la prostate est la forme de cancer la plus répandue chez les hommes canadiens (si on exclut le cancer de la peau sans mélanome). En 2010, on estime que 24 600 Canadiens recevront un diagnostic de cancer de la prostate et que 4 300 seront emportés par la maladie.