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Le cancer chez les jeunes

01 novembre 2010

D'après l'étude menée par la Société canadienne du cancer, les jeunes atteints d'un cancer (âgés de 15 à 29 ans) ont fait des gains appréciables sur le plan de la survie, mais il faut faire davantage pour répondre aux défis particuliers que pose le cancer dans ce groupe d'âge.

Le document – Canadian adolescents and young adults with cancer – a critical opportunity for improving coordination and level of care (Adolescents et jeunes adultes canadiens atteints d'un cancer : une occasion déterminante d'améliorer la coordination et le niveau des soins)– a été publié en ligne le 29 novembre dans le Journal de l'Association médicale canadienne.

On y examine des données d'actualité sur le cancer chez les adolescents et les jeunes adultes canadiens et on y passe en revue la documentation sur les obstacles auxquels se heurte ce groupe d'âge au chapitre des soins.

« Nous constatons avec plaisir que des gains appréciables ont été faits sur le plan de la survie des jeunes gens atteints d'un cancer, déclare le Dr Prithwish De, investigateur principal et épidémiologiste à la Société canadienne du cancer. Cela dit, les enjeux particuliers devant lesquels se trouvent les jeunes atteints d'un cancer peuvent amoindrir leurs chances de survie et leur qualité de vie. »

Statistiques tirées du compte rendu de l'étude

  • Environ 2 % des patients recevant un diagnostic de cancer au Canada sont des jeunes.
  • En moyenne, de 2002 à 2006, on a recensé 2252 nouveaux cas de cancer par année au Canada chez les jeunes.
  • De 2001 à 2005, le taux de survie globale après 5 ans dans ce groupe d'âge au Canada était de 85 %. Comparativement, le taux de survie des jeunes Européens (âgés de 15 à 24 ans) ayant reçu un diagnostic de cancer entre 1995 et 2002 s'établissait à 87 %, variant de 84 % en Irlande du Nord à 92 % en Italie.
  • L'incidence globale du cancer, normalisée selon l'âge, a progressé légèrement chez les jeunes au Canada entre 1997 et 2006.
    • Chez les jeunes hommes, l'incidence a augmenté de 0,9 % par année; chez les femmes, l'augmentation est de 1,7 % par année.
    • Le taux de mortalité normalisé selon l'âge a reculé de façon marquée dans ce groupe d'âge au Canada entre 1996 et 2005.
      • Chez les jeunes hommes, le taux de mortalité a diminué de 3,2 % par année; chez les femmes, la diminution est de 1,7 % par année.

      « Vu le nombre relativement faible de jeunes gens atteints d'un cancer, on ne mesure pas réellement les terribles répercussions de cette maladie sur les patients, leur famille et la société, explique le Dr De. Ces jeunes ne s'attendaient pas à devoir lutter contre le cancer pendant qu'ils étaient dans la fleur de l'âge. Leurs études et leur carrière peuvent être mises en veilleuse, et la maladie peut mettre à rude épreuve leurs relations amoureuses. »

      Défis

      Les défis liés à l'amélioration des soins chez les jeunes atteints d'un cancer sont les suivants :

      • un diagnostic précoce :les professionnels de la santé, tout comme les jeunes, ne doivent pas perdre de vue qu'un cancer peut se déclarer à n'importe quel âge. En étant vigilant, on peut diagnostiquer la maladie plus tôt, au moment où le traitement est le plus efficace;
      • l'aiguillage rapide vers un spécialiste :le recours rapide à des soins spécialisés est important afin que les jeunes atteints d'un cancer agressif, mais guérissable (comme le cancer du testicule et le lymphome non hodgkinien), puissent recevoir des traitements complets et avoir accès à des essais cliniques;
      • la participation à des essais cliniques : bien que le taux de survie globale chez les jeunes atteints d'un cancer soit de 85 %, ce groupe a fait des gains plus lents que les groupes plus jeunes ou plus âgés sur le plan de la survie en raison de sa faible participation à des essais cliniques. Le fait de prendre part à des essais cliniques permet un accès à des traitements de pointe et une étroite surveillance des patients, ce qui a souvent un effet salutaire sur la survie. De 10 à 20 % des adolescents canadiens aux prises avec un cancer prennent part à des essais cliniques, contre près de 60 % des enfants américains;
      • le soutien affectif : le cadre de traitement des jeunes patients atteints d'un cancer devrait englober d'autres patients ayant à peu près le même âge qu'eux; ainsi, ces jeunes gens se sentiraient moins seuls et pourraient discuter avec d'autres jeunes de sujets tels que l'image corporelle, l'intimité et la sexualité;
      • la coordination des soins : la coordination des soins hospitaliers et extrahospitaliers peut favoriser la réinsertion des jeunes dans la société une fois les traitements terminés.

      « Toute personne atteinte d'un cancer a droit aux meilleurs soins qui soient et à un excellent soutien », conclut le Dr De.

      Pour en savoir plus sur les services de la Société, y compris ceux qui sont destinés aux jeunes atteints d'un cancer, adressez-vous au Service d'information sur le cancer en composant le 1 888 939‑3333.