Des chercheurs subventionnés par la Société canadienne du cancer découvrent des façons de personnaliser les traitements contre le cancer

01 septembre 2010

Septembre 2010 – Des chercheurs subventionnés par la Société canadienne du cancer cernent des façons de raffiner les traitements contre certains des cancers les plus difficiles et d’améliorer la qualité de vie des patients atteints.

Les résultats de recherche cités dans l’édition du 7 septembre du Journal of Clinical Oncology font état de la possibilité de nouveaux traitements personnalisés contre le médulloblastome, une forme maligne de cancer infantile du cerveau, et le cancer du poumon, la principale cause de décès par cancer chez les hommes et les femmes, au Canada.

« Ces résultats sont extrêmement prometteurs, car ils pourraient donner lieu à des thérapies adaptées précisément à la constitution génétique de tumeurs précises chez certains patients, déclare la Dre Christine Williams, directrice de la recherche à l’Institut de recherche de la Société canadienne du cancer. Les travaux de ce type jouent un rôle crucial dans la sélection du traitement efficace, au bon moment et pour la bonne personne. »

Les chercheurs observent de nouveaux types de cancer infantile du cerveau

Une étude menée par le Dr Michael Taylor a permis de constater que le médulloblastome, la forme maligne de cancer infantile du cerveau la plus répandue, n’est pas une mais quatre maladies différentes, dont chacune possède ses propres caractéristiques cliniques et composition moléculaire. Ces résultats permettraient d’offrir aux enfants plus de traitements personnalisés et ciblés.

Le Dr Taylor, un neurochirurgien pédiatrique de l’Hôpital pour enfants malades de Toronto, a dirigé une équipe de chercheurs internationaux qui se sont penchés sur plus de 100 échantillons de tumeurs du médulloblastome et ont discerné quatre sous-types de la maladie de plus ou moins grande gravité. Au cours de leurs travaux, les chercheurs ont allié le pouvoir de la nouvelle génomique (l’étude du matériel génétique collectif d’un organisme) à celui des techniques bioinformatiques (l’utilisation de l’informatique pour la solution de problèmes biologiques). La compréhension améliorée du médulloblastome permettrait de préciser les traitements et de prévenir les interventions excessives par radiation, pouvant entraîner des effets indésirables à long terme, dont les lésions à la structure cérébrale.

Dans le passé, on considérait et traitait le médulloblastome en tant que maladie unique. Les observations du Dr Taylor pourraient aboutir à des traitements plus personnalisés et ciblés, permettant d’offrir l’intervention la mieux adaptée à chaque forme de la maladie.

Une étude identifie les personnes les plus susceptibles de profiter des traitements contre le cancer du poumon

Une équipe de recherche dirigée par le Dr Ming-Sound Tsao a, pour la première fois, identifié un ensemble de gènes pouvant prédire si les patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules au stade précoce profiteront de la chimiothérapie adjuvante (traitements supplémentaires postopératoires visant à prévenir la récurrence de la maladie).

Les patients n’ont pas tous besoin et ne bénéficient pas tous d’une chimiothérapie postopératoire. Le fait de savoir si un patient est atteint d’un cancer plus agressif et que la chimiothérapie adjuvante augmentera ses chances de guérison permet à celui-ci et à son médecin de mieux évaluer la pertinence de traitements postopératoires.

L’étude représente une analyse de suivi d’un essai clinique antérieur sur le cancer du poumon réalisé par le Groupe d’essais cliniques de l’INCC. Le Dr Tsao, un chercheur de l’Hôpital Princess Margaret de Toronto, a dirigé une équipe de recherche qui a utilisé des échantillons de tumeurs provenant de 133 patients ayant participé à l’étude. Les membres de l’équipe ont d’abord décelé un modèle typique d’expression du gène 15 chez les patients n’ayant pas reçu de chimiothérapie adjuvante, et ils ont utilisé cette information afin de prédire de façon distincte le risque de récurrence du cancer chez les patients.

Ils ont également constaté que les patients identifiés comme à risque élevé de récurrence du cancer du poumon profitaient le plus de la chimiothérapie adjuvante. Ceux-ci étaient moins susceptibles de mourir du cancer du poumon dans une proportion de 67 %, comparativement aux patients à risque élevé n’ayant pas reçu de chimiothérapie adjuvante. Par ailleurs, ils ont montré que les patients atteints de cancer du poumon à faible risque de récurrence ne bénéficiaient pas de la chimiothérapie adjuvante, et que l’on pourrait leur épargner les effets secondaires inutiles des traitements. Grâce à ce test génétique diagnostique, les cliniciens seront en mesure de classer les patients individuels et de leur offrir les thérapies les mieux adaptées à leur maladie et les plus efficaces.

L’essai clinique original qui a servi de fondement à la présente étude a révélé qu’une brève série de chimiothérapies postopératoires prolongeait de 15 % la survie des patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules, après cinq ans. Avant cette découverte, la chirurgie s’avérait le seul traitement offert à ces patients, et la tumeur réapparaissait souvent à l’extérieur du poumon, après quelques années. L’American Society of Clinical Oncology l’a qualifiée comme l’un des principaux progrès de la recherche sur le cancer, en 2005. Le Groupe d’essais cliniques de l’INCC reçoit des subventions de base de la part de la Société canadienne du cancer.