L’identification d’une signature génétique pourrait permettre de mieux adapter le traitement des personnes touchées par un cancer du poumon

01 juin 2008

Dr Ming TsaoUne recherche partiellement financée par la Société canadienne du cancer a permis de déceler un ensemble de 15 gènes qui pourrait prévoir l’agressivité d’un cancer du poumon non à petites cellules à un stade précoce et identifier les patients sur lesquels la chimiothérapie postopératoire pourrait avoir une influence bénéfique.

Les résultats de cette recherche ont permis d’établir que les patients chez qui cet ensemble de gènes – que l’on appelle aussi « signature d’expression génétique » – est absent présentent un cancer moins agressif et pourraient éviter la chimiothérapie et son cortège d’effets secondaires. Ces résultats préliminaires ont été dévoilés au cours du congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), à Chicago, en 2008.

D’après cette étude, nous pourrions adapter le traitement et offrir un traitement plus efficace en fonction du profil génétique de chaque patient, déclare le Dr Ming Tsao, chercheur principal à l’Institut du cancer de l’Ontario. En sachant qu’un patient possède cette signature génétique, patients et médecins auront une meilleure idée du traitement postopératoire approprié. »

Cette étude est l’analyse de suivi d’un essai clinique élaboré par le Groupe des essais cliniques de l'INCC et mené en collaboration avec l’U.S. National Cancer Institute. L’étude originale a démontré que l’administration de vinorelbine et de cisplatine améliorait significativement le taux de survie des patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules à un stade précoce (stades I et II) qui avaient subi une ablation chirurgicale de leurs tumeurs. L’ASCO a reconnu que cette découverte représentait l’une des plus importantes percées au monde en recherche clinique sur le cancer. 

Pour cette étude, les chercheurs ont procédé à l’analyse génétique de petites quantités de tissu tumoral prélevé chez 133 des 482 patients qui avaient participé à l’étude originale et au cours de laquelle on avait recueilli et congelé des échantillons pour constituer une biobanque. Les chercheurs ont découvert un groupe de 15 gènes qui, ensemble, peuvent prévoir les résultats pour certains patients. Quelques-uns de ces gènes sont connus pour jouer un rôle important dans la croissance et la mort cellulaire ou dans la régulation d’autres gènes liés au cancer.

Après avoir d’abord identifié cette signature d’expression génétique de 15 gènes chez 62 patients touchés par un cancer du poumon non à petites cellules à un stade précoce qui n’avaient pas reçu de chimiothérapie adjuvante, les chercheurs se sont appuyés sur celle-ci pour identifier les patients qui étaient atteints d’un cancer agressif associé à un risque élevé de rechutes et de décès (33 patients) ou qui présentaient un cancer moins agressif associé à un faible risque de rechutes (29 patients). Les chercheurs ont ensuite utilisé la signature de 71 patients qui avaient été répartis de manière aléatoire pour recevoir une chimiothérapie dans l’essai clinique original. La chimiothérapie s’est avérée le plus profitable pour les patients chez lesquels on avait prédit un cancer agressif — avec une réduction de 73 % du risque de décès — alors qu’elle n’a pas diminué le risque de décès chez les patients considérés à faible risque.

L’étude a été coordonnée par le Groupe des essais cliniques de l’INCC, qui est financé par la Société canadienne du cancer et qui est établi à l’Université Queen’s à Kingston, en Ontario.