Les produits toxiques pour l’environnement doublent le risque de lymphome non hodgkinien, selon une étude

01 février 2008

Dr John SpinelliDes chercheurs subventionnés en partie par la Sociétécanadienne du cancer ont découvert que l’exposition à certains contaminants de l’environnement augmente le risque de lymphome non hodgkinien.

Le Dr John Spinelli et son équipe de recherche de la B.C. CancerAgency ont recueilli des échantillons de sang auprès de quelque 900 résidents de la Colombie-Britannique, dont une moitié étaient atteints de lymphome non hodgkinien (LNH) et l’autre non. Ils ont constaté que les patients atteints du LNH avaient des concentrations sanguines de contaminants environnementaux, en particulier de pesticides organochlorés et de biphényles polychlorés (BPC), beaucoup plus élevées que les patients non atteints.

Les personnes présentant l’exposition totale aux BPC la plus élevée avaient un risque de LNH deux fois plus grand que celles qui y avaient été le moins exposées. De plus, les personnes qui présentaient les plus hautes concentrations d’oxychlordane – un sous-produit du chlordane, un pesticide – couraient un risque 2,7 fois plus élevé de développer le LNH comparativement à celles qui y avaient été le moins exposées.

« Nous savons que l’incidence du lymphome non hodgkinien est en hausse constante depuis 30 ans à travers le monde, mais nous n’avons jamais pu mettre précisément le doigt sur les causes de ce phénomène », déclare le Dr Spinelli. « Notre étude contribue à résoudre cette énigme en établissant un lien probant entre ces contaminants spécifiques de l’environnement et ce type particulier de cancer. »

Bien que l’utilisation des BPC et des pesticides organochlorés soit interdit au Canada depuis des décennies, ces produits chimiques sont encore en usage dans bien d’autres parties du monde. À l’heure actuelle au Canada, seuls les BPC servant de liquide isolant dans l’équipement électrique existant sont permis. Ce genre de contaminant possède une très longue demi-vie, cependant, ce qui signifie qu’ils pourraient mettre des dizaines d’années ou même plus à se dégrader, explique le Dr Spinelli.

La réduction et l’élimination de l’utilisation de ces produits chimiques expliqueraient le plafonnement des taux d’incidence du LNH au cours des dernières années, ajoute le Dr Spinelli, ce qui est logique si on suppose que ces substances ont été à l’origine de l’augmentation initiale du nombre de cas.

Comme les facteurs environnementaux ne permettent pas d’expliquer en totalité la situation en ce qui concerne le LNH, l’équipe de recherche tentera maintenant d’identifier les facteurs génétiques qui rendent les individus plus sensibles à ces contaminants. « De cette manière, nous pourrons peut-être connaître le mécanisme par lequel les contaminants accentuent le risque de lymphome », précise le Dr Spinelli, « et cette compréhension pourrait nous aider à identifier les facteurs de risque environnementaux plus rapidement. »

Le Dr John Spinelli a reçu environ 554 000 $ de la Sociétécanadienne du cancer pour travailler à cette étude durant 3 ans.

En 2007, on estime que 6 800 Canadiens recevront un diagnostic de lymphome non hodgkinien et que 3 100 mourront des suites de la maladie.

L’étude a été publiée dans le International Journal of Cancer.