De nouveaux résultats d’un essai clinique sur le cancer du sein révèlent que la plupart des décès sont dus à d’autres causes que le cancer du sein

01 février 2008

Dr Judith-Anne ChapmanFévrier 2008 – De nouvelles observations issues d’un essai clinique de pointe sur le cancer du sein et le médicament létrozole indiquent que dans le groupe à l’étude, les patientes étaient plus susceptibles de mourir de causes non associées au cancer du sein.

L’équipe de chercheurs a découvert que des problèmes de santé autres que le cancer du sein étaient responsables de 60 % des décès. Ces problèmes étaient principalement les suivants : maladies cardiovasculaires incluant les accidents vasculaires cérébraux (15 %), autres tumeurs malignes (15 %), infection (6 %), causes multiples (5 %) et défaillance d’un organe non associé au système cardiovasculaire (4 %). Les résultats étaient particulièrement frappants dans le cas des femmes plus âgées. Chez les femmes de 70 ans et plus, 72 % des décès étaient attribuables à d’autres causes que le cancer du sein. Ces nouveaux résultats ont été publiés dans le numéro du 12 février 2008 du Journal of the National Cancer Institute.

Les résultats de l’étude originale ont d’abord été publiés dans The New England Journal of Medicine en octobre 2003; 5170 survivantes du cancer du sein ménopausées dont l’âge médian était de 62 ans (la fourchette d’âge s’étendait de 32 à 94 ans) participaient à l’étude. Les chercheurs avaient conclu que les femmes ayant pris du létrozole pendant une période d’au plus cinq ans au terme d’un traitement initial de cinq ans au tamoxifène voyaient leur risque de récidive du cancer réduit de manière appréciable. L’essai clinique était coordonné par le Groupe des essais cliniques de INCC et subventionné en partie par la Société canadienne du cancer.

Grâce à la pratique systématique de la mammographie et à l’amélioration des traitements contre le cancer du sein, davantage de femmes survivront à la maladie à un âge plus avancé – elles pourraient donc courir un risque plus élevé de mourir d’autres causes que le cancer du sein, selon la Dre Judith-Anne Chapman, auteure principale de l’étude.

« Les résultats de l’étude indiquent que nous traitons avec succès les femmes touchées par le cancer du sein. Notre recherche souligne toutefois la nécessité de porter particulièrement attention aux femmes plus âgées et à leurs risques potentiels de décès d’autres causes », déclare la Dre Chapman.

Le cancer du sein  est la forme de cancer la plus répandue chez les Canadiennes. En 2007, on estime que 22 300 femmes recevront un diagnostic de cancer du sein et que 5 300 mourront des suites de la maladie.