La découverte d’une « niche » de cellules souches pourrait donner lieu à de nouveaux traitements

01 septembre 2007

Dr Mick Bhatia Septembre 2007 – Des chercheurs de la Société canadienne du cancer ont fait une découverte aussi importante qu’inattendue à propos des cellules souches – découverte qui ouvre de toutes nouvelles perspectives pour la recherche menée en laboratoire partout dans le monde.

Dans un article publié dans la revue Nature, le Dr Mick Bhatia et son équipe de l’Institut de recherche McMaster sur les cellules souches et le cancer, à Hamilton, expliquent comment ils ont découvert que les cellules souches embryonnaires se bâtissent une « niche » protectrice qui les nourrit et les préserve grâce à une combinaison de facteurs de croissance spéciaux. Ces protéines semblent être capables de déterminer la vocation des cellules souches, à savoir la réplication (production de copies d’elles-mêmes) ou la différentiation (transformation de la cellule souche en un type de cellule entièrement nouveau, par exemple un globule, une cellule osseuse ou un neurone).

Selon le Dr Bhatia, si les scientifiques pouvaient cibler cette niche plutôt que les cellules souches elles-mêmes, ils seraient peut-être en mesure de contrôler le processus de la différentiation des cellules souches plutôt que de s’en tenir à les reproduire. « Les cellules souches sont comme des photocopieurs perpétuels », dit le Dr Bhatia. « Si nous voulons en tirer quelque chose de différent, nous devons commencer par stopper cette fonction de photocopie. Maîtriser la niche, c’est en fait prendre les commandes du photocopieur, de telle sorte que les cellules produisent des cellules différenciées matures. »

Aux quatre coins du monde, des chercheurs s’emploient à trouver des moyens de pousser les cellules souches à se différencier. Ce faisant, ils espèrent pouvoir un jour fournir des cellules ou des tissus de remplacement utilisables lors de greffes, dans le cas de maladies qui ne peuvent être traitées par la chirurgie ou par les médicaments (par exemple le diabète, les lésions à la moelle épinière et la maladie d’Alzheimer). Mais il s’avère très difficile de cultiver ces cellules et de les orienter correctement. « Chaque cellule souche doit faire des centaines de choix », ajoute le Dr Bhatia. « Maintenant que la découverte de la niche nous permet d’accéder aux réserves alimentaires de la cellule, nous pensons qu’il sera plus facile d’orienter ces choix par un dosage approprié de substances chimiques et de protéines. »

Cette découverte laisse également entrevoir de grands progrès dans le traitement du cancer. « Grâce aux travaux novateurs de John Dick, nous avons de bonnes raisons de croire que de nombreuses tumeurs humaines proviennent de cellules souches qui ont subi des mutations », affirme le Dr Bhatia. « Normalement, la chimiothérapie cible les cellules de la tumeur mais si nous pouvions nous attaquer à la niche des cellules souches cancéreuses, peut-être cela nous permettrait-il de couper les vivres de la tumeur à la source et de l’affamer jusqu’à ce qu’elle en meure. »

Avec l’octroi d’une subvention de cinq ans de la part de la Sociétépour la poursuite de ses recherches, le Dr Bhatia croit également qu’il sera possible d’utiliser cette niche afin de cultiver en laboratoire des cellules humaines qui pourront imiter la croissance et le développement de tumeurs, phénomène que les chercheurs n’ont encore jamais pu observer. « Nous sommes très emballés par les possibilités que nous entrevoyons pour le traitement du cancer », conclut-il.