Des médicaments utilisés à d’autres fins pourraient empêcher le développement de tumeurs cérébrales

01 mai 2007

Dr Peter Dirks Des chercheurs de la Sociétécanadienne du cancer ont découvert que plusieurs des médicaments actuellement utilisés pour traiter d’autres maladies du cerveau pourraient empêcher la croissance des cellules souches responsables de tumeurs cancéreuses du cerveau.

Le Dr Peter Dirks a dirigé l’équipe qui a vérifié les effets de différents composés chimiques dont on sait qu’ils modulent l’activité chimique ou électrique des cellules cérébrales sur la croissance des cellules souches neuronales (c.-à-d. du système nerveux). Les composés actifs affectent les voies touchées par la transmission des signaux neuronaux et sont déjà utilisés pour traiter de nombreux troubles du cerveau humain.

L’équipe de recherche, que le Dr Dirks a dirigée avec le Dr Mike Tyers, de l’Institut de recherche Lunenfeld de l’Hôpital Mount Sinai à Toronto, a observé que 160 des 1 300 composés chimiques mis à l’essai interféraient avec la croissance de cellules souches neuronales normales cultivées en laboratoire, et que plusieurs de ces agents avaient également pour effet de neutraliser la croissance des cellules souches des tumeurs cérébrales. Les résultats de l’étude ont été publiés en mai 2007 dans la revue Nature Chemical Biology.

« Ces résultats préliminaires sont très encourageants car ils démontrent que ces médicaments pourraient agir sur la croissance des cellules souches possiblement à la source des tumeurs cérébrales. Ces découvertes permettront peut-être de mettre au point de nouveaux traitements contre le cancer du cerveau », explique le Dr Dirks, chercheur et neurochirurgien à l’Hôpital pour les enfants malades de Toronto. Certains des agents se sont avérés particulièrement sélectifs, ciblant les cellules souches des tumeurs cérébrales de façon sensiblement plus marquée que les cellules souches normales.

L’équipe de recherche testera maintenant les composés les plus prometteurs afin de déterminer s’ils peuvent stopper la croissance des cellules tumorales humaines greffées à des cerveaux de souris. Si ces expériences sont concluantes, on pourra éventuellement passer rapidement à l’étape des essais cliniques chez les humains puisque ces médicaments sont déjà utilisés pour traiter d’autres problèmes de santé, ajoute le Dr Dirks.

Le Dr Dirks a fait la une dans le monde entier en 2004 lorsqu’il a publié les résultats de ses travaux sur l’identification des cellules souches de tumeurs cérébrales qui sont responsables du développement de ces cancers. Ces résultats suggéraient qu’il serait peut-être plus avantageux de mettre au point des traitements ciblant ces cellules souches que d’utiliser les traitements actuels, qui ont des effets limités sur la masse tumorale sans toutefois nécessairement tuer les quelques rares cellules souches, plus dangereuses.

Le cancer du cerveau est la principale cause de décès par cancer chez les enfants et l’une des formes de cancer adulte les plus difficiles à traiter. On estime qu’en 2007, quelque 2 600 Canadiens recevront un diagnostic de cancer du cerveau et que 1 700 mourront des suites de la maladie.