Un chercheur de la Société canadienne du cancer découvre un gène suppresseur de tumeur

01 août 2007

Un chercheur de la Société canadienne du cancer a découvert un nouveau gène qui empêche la croissance de tumeurs humaines, notamment dans les cas de cancers du sein, du poumon et du foie, de mélanomes, de lymphomes et de sarcomes.

Dans le cadre de l’étude dirigée par le Dr Poul Sorensen, on a découvert que le gène appelé HACE1 avait la faculté d’« aider » les cellules à faire face à diverses formes de stress, y compris les facteurs de l’environnement qui déclenchent la formation de tumeurs. Lorsque le gène HACE1 est absent ou inactif, les cellules cancéreuses sont alors capables de former des tumeurs; si le gène arrive à s’exprimer de nouveau, il empêche alors les cellules de se regrouper en tumeurs.

Le Dr Sorensen, chercheur pour la BC Cancer Agency, déclare : « La découverte de ce gène soulève beaucoup d’enthousiasme car on constate qu’il intervient dans un grand nombre de cancers et qu’il permet d’éclairer le lien existant entre stress cellulaire et cancer. Si nous pouvions découvrir comment réactiver le gène HACE1 ou comment empêcher les cellules cancéreuses de le désactiver, il serait possible d’améliorer le traitement de nombreux patients atteints du cancer. »

Lors de l’étude, les chercheurs ont neutralisé le gène chez des souris. Leur hypothèse était que celles-ci seraient alors plus sujettes à développer des tumeurs; effectivement diverses tumeurs se sont formées mais à un faible taux. Par contre, lorsque les souris ont été également soumises à différentes formes de stress, y compris le rayonnement ultraviolet, des agents carcinogènes pulmonaires ou des certaines altérations génétiques, on a observé une hausse spectaculaire du nombre de tumeurs. Les souris ont alors développé des cancers du sein, du poumon et du foie, ainsi que des lymphomes, des mélanomes et des sarcomes.

Les chercheurs ont également réintroduit le gène HACE1 dans des cellules tumorales humaines, pour constater que les cellules devenaient alors incapables de former des tumeurs. Réciproquement, lors d’expériences où les niveaux de HACE1 ont été réduits dans des cellules non cancéreuses, celles-ci sont ensuite devenues capables de former des tumeurs.

L’étude a été publiée le 12 août 2007 dans l’édition en ligne de la revue Nature Medicine.

La prochaine étape pour les chercheurs consistera maintenant à étudier le mécanisme biologique par lequel le gène HACE1 surmonte le stress causé par le cancer et bloque la formation de tumeurs. La subvention de recherche octroyée par la division de la C.-B. et du Yukon de la Société, évaluée à plus de 750 000 $, se poursuit jusqu’en 2011.