Le rapport de la Commission de la santé et des services sociaux en faveur de l’interdiction du bronzage artificiel aux mineurs

21 mars 2012

Montréal, QC -

La Société canadienne du cancer demande une loi ce printemps

La Commission de la santé et des services sociaux (CSSS) a rendu public hier son rapport concernant l’étude de la pétition de la SCC sur le bronzage artificiel. La Société canadienne du cancer (SCC) est très heureuse que la Commission se soit prononcée en faveur d’une interdiction de la vente de services de bronzage pour les jeunes et de la mise en place d’un registre des commerces qui offrent des services de bronzage artificiel. La CSSS reconnaît les risques à la santé posés par les lits de bronzage et leur effet carcinogène, en plus de souligner les nombreuses lacunes en termes d’encadrement de cette industrie.

C’est pour sauver des vies que la SCC, les dermatologues et l’Institut national de santé publique (INSPQ) ont témoigné le mois dernier devant la Commission. La SCC avait alors présenté les signatures de 60 000 Québécois et les lettres d’appui de 65 groupes représentant plus de 500 organismes.

Le cancer de la peau est le cancer le plus fréquent au Québec (plus de 22 000 cas par année). Présentement, aucune législation n’encadre l’industrie des salons de bronzage, qui vend un service carcinogène. Plus de 1000 salons de bronzage sont actifs au Québec, et plusieurs se retrouvent dans des endroits insolites : agences de voyage, clubs vidéo, dépanneurs ou buanderies.

« Non seulement une forte majorité de Québécois veulent une loi, mais ils considèrent qu’il est urgent d’agir maintenant[1], a déclaré Mélanie Champagne, analyste des politiques à la SCC – Division du Québec. De plus, le ministre de la Santé de la Colombie-Britannique a annoncé hier qu'il interdira l'accès aux salons de bronzage pour les mineurs dès cet automne. Ne pas légiférer n’est plus envisageable et serait de plus en plus catastrophique pour la santé publique. »

En outre, le printemps marque le retour en force des publicités et des promotions trompeuses des salons de bronzage artificiel dans les Publisacs, les journaux des écoles secondaires et les albums de finissants, de même que la distribution de coupons-rabais et l’offre de forfaits de bronzage illimité à bas prix.

« Le printemps arrive, les beaux jours reviennent et votre bal des finissants s’en vient. Vous êtes pâle et fatigué de l’hiver? Pourquoi ne pas vous faire bronzer pour être belle/beau et en santé! Voilà le genre de message publicitaire que martèlera l’industrie du bronzage artificiel aux jeunes Québécois dans les prochains jours. La SCC estime que c’est assez et exige du gouvernement des actions immédiates pour encadrer l’industrie du bronzage au Québec! », ajoute Mme Champagne.

La pratique du bronzage en cabine est mauvaise à tout âge. Toutefois, puisque les trois quarts des cas de mélanome, chez les 18-29 ans adeptes du bronzage artificiel sont attribuables à l’usage des lits de bronzage, et parce que l’exposition au bronzage artificiel, avant l’âge de 35 ans, augmente de 75 % le risque de développer un mélanome, les signataires de la pétition, la SCC et ses alliés demandent de nouveau au gouvernement :

1. D’interdire la vente de services de bronzage artificiel aux jeunes de moins de 18 ans.

2. De mettre sur pied un registre québécois des commerces offrant des services de bronzage artificiel.

3. De restreindre les pratiques marketing des salons de bronzage en leur interdisant la publicité trompeuse et de cibler les jeunes.

« Le consensus est là : une loi sur le bronzage artificiel est une nécessité. La SCC exige du gouvernement de M. Charest que celui-ci légifère avant l’été », a conclu Jean-Daniel Hamelin, directeur des affaires publiques à la SCC.

Faits sur le bronzage artificiel

  • Les rayons des lits de bronzage sont de 5 à 15 fois plus forts que le soleil de midi.
  • Près de 250 000 jeunes (16 %) des Québécois de 15 à 29 ans, utilisent le bronzage artificiel 11 fois l’an en moyenne — 160 000 femmes % (22 %) contre 90 000 hommes (11,5 %).
  • L’utilisation des lits de bronzage chez les jeunes filles semble évoluer en fonction de l’âge, car elle fait plus que doubler entre 14 et 15 ans (passant de 7 % à 15 %) et double de nouveau à 17 ans (passant à 35 %).
  • Plus du quart des amateurs de bronzage artificiel sont atteints de tanorexie et deviennent obsédés par le bronzage.
  • Le traitement des cancers de la peau n’est pas « bénin » et simple: chirurgies mutilantes, traitements, douleur, convalescence et changement important des habitudes face au soleil (FPS 60 requis tous les jours, 12 mois par année).


[1] Sondage omnibus Léger Marketing, 16 mars 2012.

Renseignements :

André Beaulieu

Conseiller principal, Communication

Société canadienne du cancer

Division du Québec

Téléphone : (514) 393-3444