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Votre travail rend-il malade?

14 novembre 2012

Toronto -

Une nouvelle étude, financée par la Société canadienne du cancer, se penchera sur les conséquences humaines et économiques de l’exposition professionnelle à 44 carcinogènes connus ou présumés et sur leur lien avec 27 types de cancer. L’objectif principal de cette étude est de quantifier, pour la première fois, la gravité du problème au Canada en estimant le nombre de nouveaux cas de cancer et le nombre de décès par cancer attribuables à au milieu de travail. L’étude évaluera également les répercussions économiques de ces cancers.

Grâce à une subvention d’un million de dollars de la Société canadienne du cancer, le Dr Paul Demers dirigera une équipe pancanadienne de scientifiques, d’épidémiologistes et d’économistes de la santé.

« Il s’agit d’une occasion unique pour des experts de collaborer au sein d’une équipe multidisciplinaire œuvrant pour la prévention du cancer », explique le Dr Demers. « À la fin de cette étude, nous aurons des données fiables qui permettront ensuite aux représentants du monde du travail et aux décideurs politiques de déterminer ce qui doit être modifié, mis en application ou renforcé dans les règlements sur l’exposition professionnelle pour prévenir les cancers liés au milieu de travail. »

Le Dr Demers, directeur du Centre de recherche sur le cancer professionnel d’Action Cancer Ontario, affirme que cette étude aidera aussi à guider les décisions et les pratiques des employeurs et de leurs employés. De plus, elle sensibilisera les médecins aux facteurs qui causent le cancer en milieu de travail, ce qui pourrait les aider à détecter précocement cette maladie.

Il s’agit de la première étude canadienne de ce genre. D’autres pays, comme la Finlande, ont déjà fait des études similaires. Toutefois, pour plusieurs raisons, on ne peut pas comparer avec exactitude les carcinogènes liés au milieu de travail entre différents pays. Par exemple, au Canada, l’agriculture, l’industrie minière et l’industrie forestière sont plus importantes qu’en Finlande, ce qui signifie que l’exposition aux carcinogènes diffère.

Dans le cadre de cette étude, les chercheurs évalueront 44 carcinogènes connus ou présumés, choisis à partir des données compilées par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la Santé. Parmi ces sources d’exposition professionnelle, on compte :

  • des produits chimiques employés en industrie, tels que le benzène, le formaldéhyde et le buta-1,3-diène, un produit grandement utilisé dans la production de caoutchouc synthétique
  • des métaux, tels que le chrome, le nickel et l’arsenic
  • d’autres types de facteurs, tels que l’exposition au soleil, l’amiante, les peintures, les fumées de diesel et le travail par quarts

En plus d’estimer le nombre et la part des cas de cancer et des décès attribuables à une exposition à des agents ou à des facteurs carcinogènes pendant le travail, cette étude tentera :

  • d’estimer les coûts directs (par exemple, les soins médicaux), les coûts indirects (par exemple, le temps de travail perdu) et les coûts en termes de qualité de vie des cancers liés au milieu de travail
  • d’estimer le fardeau humain et économique des cancers liés au milieu de travail par province, type d’industrie, secteur d’activité et sexe
  • de projeter ces estimations dans le futur pour mesurer les avantages à tirer d’actions préventives, comme l’utilisation réduite de produits toxiques

L’étude, qui s’étendra sur quatre ans, aura recours à des données historiques recueillies dans le cadre du projet CAREX Canada et de la base de données canadienne sur l’exposition professionnelle financée par le Partenariat canadien contre le cancer.

Les subventions d’équipes multi-secteurs pour la recherche sur la prévention de la Société canadienne du cancer ont été conçues pour tisser un lien plus direct entre les chercheurs et ce que la Société fait en termes de prévention et de défense de l’intérêt public. Par exemple, l’étude du Dr Demers a toutes les qualités pour que les données soient utilisées de bien des façons pour rendre plus sécuritaires les milieux de travail au Canada. « Ces nouvelles subventions pour la prévention constituent une occasion unique pour la Société d’utiliser les résultats pour guider notre service de défense de l’intérêt public », déclare Dre Mary Argent-Katwala, directrice de la recherche à la Société canadienne du cancer. « Par exemple, les résultats de cette étude pourraient servir lors de campagnes d’éducation, lors d’actions pour convaincre le gouvernement d’adopter des règlements protecteurs et pour établir les priorités de nos activités de prévention. »

Le Dr Demers a reçu l’une de trois nouvelles subventions d’équipes pour la prévention octroyées par la Société canadienne du cancer. Les deux autres subventions ont été remises à :

  • La Dre Joan Botoroff, UBC, Vancouver : 928 000 $ sur quatre ans pour étudier comment les organismes peuvent collaborer afin de réduire les décès par cancer dans le Nord de la Colombie-Britannique, où les taux de tabagisme, d’obésité et de mortalité liée au cancer sont les plus élevés de la province.
  • La Dre Jennifer O’Loughlin, CHUM, Montréal : 970 000 $ sur quatre ans pour établir un programme cessation tabagique auprès des jeunes québécois. Les médecins généralistes et aux infirmières feront de brèves interventions, suivies de consultations régulières et les jeunes bénéficieront du soutien d’autres jeunes. Le programme permettra de cibler les nouveaux fumeurs et de réduire l’incidence du cancer.

Renseignements :

Justin Edmonstone

Affaires publiques

Société canadienne du cancer

Division de l’Ontario

Téléphone : 416-323-7026