La vie secrète des jeunes Ontariens face au bronzage : Les résultats d’un sondage Ipsos Reid poussent la Société canadienne du cancer à renouveler son appel pour interdire le bronzage artificiel aux jeunes de moins de 18 ans

26 avril 2012

Toronto -

Un rare aperçu du comportement des jeunes a été publié aujourd’hui par la Société canadienne du cancer. Le sondage fait la lumière sur les raisons qui poussent les jeunes ontariens à se faire bronzer, la fréquence et les raisons pour lesquelles ils commencent à utiliser de l’équipement de bronzage artificiel.

Le bronzage artificiel cause le cancer. En 2009, le Centre international de recherche sur le cancer, qui fait autorité sur l’identification des causes de cancer, a classifié les appareils émettant des UV, y compris les lits de bronzage, comme des carcinogènes connus. La Société canadienne du cancer aborde la question du bronzage chez les jeunes parce que l’utilisation de lits de bronzage avant 35 ans augmente de 75 % le risque d’une personne de développer un cancer de la peau. Le mélanome, type de cancer de la peau, est aussi une des formes de cancer les plus fréquentes et mortelles chez les jeunes de 15 à 29 ans et est une des plus évitables.

« La Société canadienne du cancer exerce des pressions sur cette question importante depuis plus de six ans », dit Joanne Di Nardo, gestionnaire principale des questions d’intérêt public à la Société. « Les résultats de notre sondage renforcent la nécessité que le gouvernement de l’Ontario appuie le nouveau projet de loi d’initiative parlementaire présenté par France Gélinas qui restreint les jeunes de moins de 18 ans d’utiliser de l’équipement de bronzage artificiel », ajoute Mme Di Nardo.

Le sondage effectué par Ipsos Reid a examiné les comportements relatifs au bronzage chez les jeunes ontariens de 12 à 17 ans.

Principaux résultats :
• 52 % des jeunes utilisant les lits de bronzage disent que leurs parents payaient pour l’utilisation d’un lit de bronzage
• 24 % des jeunes utilisant les lits de bronzage disent que leurs parents les avaient initiés au bronzage
• 21 % des jeunes en 12e année utilisent des lits de bronzage
• 11 % des jeunes en 11e année utilisent des lits de bronzage
• 8 % (1 sur 10) des jeunes en Ontario utilisent des lits de bronzage, augmentation de 5 % comparativement à il y a six ans

Rencontrez Kate, 21 ans et survivante d’un mélanome
Adolescente grandissant à Belleville, Kate Neale voulait être bronzée. À l’encontre de ses parents et du fait qu’elle avait un teint très clair et susceptible de brûler, Kate a commencé à utiliser le bronzage artificiel à 16 ans. Au début, elle se faisait bronzer deux à trois fois par semaine mais est très vite passé à des expositions de 12 à 16 minutes sur des lits très puissants à raison de jusqu’à 16 sessions par mois. Le temps maximum de bronzage recommandé pour ce lit en particulier était de 12 minutes (un autocollant à cet effet était placé sur le lit); cependant, le salon permettait aux clients de se faire bronzer sur ce lit jusqu’à 30 minutes.

Après le secondaire, Kate a obtenu un emploi dans un salon de bronzage. Elle a signé un contrat disant que si elle maintenait une apparence bronzée elle recevrait 12 sessions gratuites de lit de bronzage et une session de bronzage par vaporisation par mois. Elle a travaillé au salon pendant deux ans et demi et a étudié au Collège Loyalist à Belleville avant de déménager à Ottawa pour travailler comme administratrice de bureau.

En mai 2011, alors qu’elle visitait ses parents, sa mère a remarqué une tache de rousseur qui avait changé d’apparence sur l’abdomen de sa fille. Une visite chez le dermatologue et une biopsie ont permis de confirmer que la tache de rousseur était en fait un mélanome, type de cancer de la peau le plus mortel. Au cours des semaines qui suivirent, Kate a subi trois biopsies sur des lésions cutanées sur son sein droit, sa jambe et ses bras.

« Je n’oublierai jamais ma visite chez le chirurgien avec ma mère; il pensait qu’elle était la patiente. Lorsqu’il a réalisé que j’étais la patiente, il m’a dit que j’étais la plus jeune personne qu’il avait jamais traitée pour un mélanome. J’ai seulement 21 ans », dit Kate. « Heureusement, mon cancer a été dépisté tôt (Clarks stade 2), lorsqu’il était non invasif. Aujourd’hui, j’ai une cicatrice de six pouces sur l’abdomen et je vis avec beaucoup de peur. »

Malgré son expérience, Kate dit qu’elle aime encore maintenir une apparence bronzée mais qu’elle utilise maintenant une lotion autobronzante ou un produit appliqué par vaporisation. Son combat contre le cancer de la peau n’est pas terminé. De nouvelles taches apparaissent souvent sur sa peau et elle dit qu’elles changent tout le temps. Présentement, Kate attend les résultats d’une autre biopsie qui a laissé 22 points de suture sur son sein gauche et un total de 8 taches ont été enlevées depuis juin, dont une était pré-cancéreuse. Les nombreuses visites chez le médecin et le stress et l’anxiété de la situation ont nui à sa carrière universitaire et professionnelle. En janvier dernier, Kate a quitté Ottawa pour retourner vivre chez ses parents.

Récemment, Kate a commencé à faire du bénévolat pour la Société canadienne du cancer et s’occupe à éduquer les adolescents locaux sur les dangers du bronzage artificiel et à les encourager à organiser un Bal sans bronzage ce printemps. Elle milite aussi à propos du besoin de règlements concernant l’industrie du bronzage. « Si les politiciens ont besoin d’une raison pour passer à l’action sur cette question, ils n’ont qu’à prendre connaissance de mon histoire pour voir comment le bronzage à un jeune âge a affecté ma vie », dit Kate.

Le 26 avril, Kate fera partie des 80 bénévoles et membres du personnel de la Société canadienne du cancer de partout dans la province qui se rassembleront à Queen’s Park pour discuter des recommandations en matière de politiques sur le bronzage artificiel qui comprennent :

• Interdire l’utilisation d’équipement de bronzage artificiel par les jeunes de moins de 18 ans.
• Limiter la publicité et le marketing du bronzage artificiel ciblant les jeunes.
• Maintenir un registre ou un système de licences d’équipements de bronzage artificiel en usage en Ontario, les frais étant versés à la mise en application.
• Instaurer une formation obligatoire complète pour tout le personnel opérant de l’équipement de bronzage en Ontario. La formation inclurait les procédés de fonctionnement, l’entretien et la façon d’identifier les personnes au teint clair à risque plus élevé de développer un cancer.
• S’assurer que les risques pour la santé associés aux appareils émettant des rayons UV soient placés bien à la vue des clients dans tous les établissements de bronzage artificiel.

Une intervention législative est requise maintenant
Les maladies comme le cancer ont d’importantes répercussions sur le système de soins de santé déjà surchargé. Le cancer de la peau est le plus évitable et est souvent traité par un médecin de famille et payé par le RAMO. En 2011, Action Cancer Ontario a estimé que le coût du cancer de la peau dans la province dépasserait les 344 millions de dollarsi. En 2011, on a estimé que 5 500 Canadiens ont reçu un diagnostic de mélanome et que 74 100 ont reçu un diagnostic de cancer de la peau autre qu’un mélanomeii.

« L’adoption d’une loi pour prévenir le cancer de la peau devrait se faire sans effort pour tous les partis politiques car elle offre l’occasion de réduire de beaucoup les coûts des soins de santé », dit Joanne Di Nardo. « De plus, les frais recueillis par un système de licences ou de registres compenseraient pour les coûts d’une stratégie efficace de mise en application. »

L’Ontario doit se joindre à d’autres juridictions comme la France, la Californie, l’Australie, le Royaume-Uni, la Nouvelle-Écosse et la Colombie-Britannique pour faire le nécessaire pour aborder la question pressante de la prévention du cancer.

« Étant donné les milliers de lettres et de cartes postales envoyées par les jeunes demandant cette loi et une industrie en qui on ne peut pas faire confiance pour s’auto-régulariser, c’est le temps que le gouvernement passe à l’action », dit France Gélinas, députée provinciale, Nickel Belt, et porte-parole du NDP sur la santé. « Il s’agit d’une solution du bon sens face aux taux croissants de cancer de la peau chez les adolescents et les jeunes adultes. Il n’en coûtera rien au gouvernement et cela aidera à prévenir les coûts multiples associés aux soins à vie liés au cancer pour la population et le gouvernement. »

À propos du sondage
Le sondage Ipsos Reid a été effectué en avril 2012 au nom de la Société canadienne du cancer, Division de l’Ontario. Pour ce sondage, un échantillon de 1 476 élèves de la 7e à la 12e année, âgés de 12 à 17 ans, participant au sondage en ligne d’Ipsos ont été interrogés. Le sexe des participants étaient de 50/50, les résultats du recensement ont fourni les poids régionaux et chaque niveau a été attribué un poids égal. Un sondage avec un échantillon de probabilité non pondéré de points, 19 fois sur 20, de ce que les résultats auraient été si la population entière d’élèves en Ontario, de la 7e à la 12e année, âgés de 12 à 17 ans avaient été interrogés.


 

[i] Cancer Care Ontario. Cancer Fact: Cost of skin cancer in Ontario will exceed $344 million in 2011. June 2011. Available at http://www.cancercare.on.ca/cancerfacts/

[ii] Canadian Cancer Society’s Steering Committee on Cancer Statistics, Canadian Cancer Statistics 2011. Toronto, ON: Canadian Cancer Society; 2011.

 

Renseignements :

Justin Edmonstone

Affaires publiques

Société canadienne du cancer

Division de l’Ontario

Téléphone : 416-323-7026