Baisse du taux de mortalité par cancer au Canada : Le recul du tabagisme ainsi que l’amélioration du dépistage et des traitements expliquent cette diminution, mais le combat est loin d’être gagné : le cancer demeure la principale cause de mortalité au Canada

09 mai 2012

Toronto -

Le taux de mortalité par cancer est à la baisse au Canada, si bien que près de 100 000 vies ont été sauvées en 20 ans (de 1988 à 2007). Toutefois, malgré ce recul, le cancer demeure la principale cause de décès au pays. C’est ce que nous apprennent les Statistiques canadiennes sur le cancer 2012, que la Société canadienne du cancer fait paraître aujourd’hui, en collaboration avec l’Agence de la santé publique du Canada et Statistique Canada.

On a observé une diminution du taux de mortalité pour les quatre principaux cancers, soit les cancers du poumon, du sein, de la prostate et colorectal. De 1988 à 2007, le taux de mortalité global a diminué de 21 % chez les hommes et de 9 % chez les femmes.

Chez les Canadiennes, la baisse du taux de mortalité est moins marquée, et ce, en raison de l’augmentation des décès par cancer du poumon chez les femmes pendant la période considérée. Cette hausse tient essentiellement, croit-on, au fait que le tabagisme n’a commencé à diminuer chez les femmes que dans les années 1980, alors qu’il était en régression depuis les années 1960 chez les hommes. Or, il faut du temps pour que le recul du tabagisme dans une population se traduise par une chute de l’incidence du cancer du poumon et du taux de mortalité correspondant.

Chaque année, tabagisme, mauvaise alimentation, sédentarité, surcharge pondérale, consommation d’alcool, surexposition au soleil et exposition à des substances carcinogènes dans l’environnement et en milieu de travail sont à l’origine de nombreux diagnostics de cancer et décès par cancer.

« Les nombreuses données accumulées au cours des 30 dernières années montrent qu’environ la moitié des cancers peuvent être prévenus », affirme Gillian Bromfield, directrice des politiques de lutte contre le cancer à la Société canadienne du cancer. « Et on pourrait enregistrer une baisse encore plus appréciable des taux de cancer si l’on s’employait davantage à soutenir les Canadiens voulant adopter un mode de vie sain et si les administrations publiques mettaient en place des mesures incitatives qui encourageraient la population à changer ses habitudes. La Société travaille sans relâche afin d’informer les Canadiens sur les mesures à prendre pour réduire le risque de cancer et d’inciter les pouvoirs publics à adopter des politiques contribuant à faciliter les choix santé. »

Lutte contre le tabagisme et cancer du poumon
La chute du taux de mortalité chez les hommes est largement attribuable au recul du tabagisme dans cette population. De 1988 à 2007, le taux de mortalité par cancer du poumon a diminué de 30 % chez les hommes. Par ailleurs, la prévalence du tabagisme a reculé dans la population masculine canadienne de 15 ans ou plus; en effet, elle a atteint un sommet de 61 % en 1965 et était de 20 % en 2010.

Chez les femmes, cependant, ce mouvement à la baisse du taux de mortalité n’est pas encore enclenché, même si le taux s’est stabilisé. C’est que le tabagisme a atteint son point culminant plus tard dans la population féminine que dans la population masculine et n’a commencé à régresser de façon marquée que dans les années 1980.

Ainsi, 38 % des Canadiennes fumaient en 1965, comparativement à 14 % en 2010.

Le cancer du poumon est la première cause de mortalité par cancer chez les femmes. Le cancer du poumon emporte chaque année plus de Canadiens que les cancers du sein, de la prostate et colorectal réunis.

En 2010, le taux de tabagisme dans la population canadienne (hommes et femmes) atteignait 17 %, comparativement à 25 % en 1999 et à 50 % en 1965. Le tabagisme est responsable d’environ 30 % des décès par cancer. Il est associé à un accroissement du risque pour au moins 18 types de cancer, notamment les cancers du poumon, du larynx, de la bouche, de l’estomac, du pancréas et du rein.

« Le tabagisme est en net recul, mais le combat est bien loin d’être gagné », déclare Rob Cunningham, analyste principal des politiques à la Société canadienne du cancer. « Les pouvoirs publics doivent absolument consolider leurs offensives réglementaires et leurs programmes afin que le tabagisme perde du terrain le plus rapidement possible. »

Voici quelques exemples des mesures à mettre en œuvre pour lutter contre le tabagisme :

  • action soutenue des pouvoirs publics sous la forme de programmes de prévention et de cessation tabagique bien financés;
  • emballages neutres, avec conservation des mises en garde illustrées;
  • règlements sans fumée dans certains lieux extérieurs, par exemple les patios, les parcs et les terrains de jeux;
  • interdiction des produits du tabac aromatisés non visés par le projet de loi C‑32;
  • réduction du nombre de détaillants de produits du tabac;
  • autres augmentations de la taxe sur le tabac et mesures de prévention de la contrebande.

Amélioration du dépistage et des traitements
La baisse du taux de mortalité laisse supposer que l’amélioration du dépistage et la détection précoce sont efficaces, notamment pour les tests de dépistage suivants :

  • recherche de sang occulte dans les selles pour le cancer colorectal;
  • test Pap pour le cancer du col de l’utérus;
  • mammographie pour le cancer du sein.

En outre, la découverte et la mise en place de traitements anticancéreux plus efficaces et moins toxiques permettent également de sauver des vies.

Hausse des cancers rares
Autre tendance qui se dégage cette année des Statistiques canadiennes sur le cancer : l’incidence de certains cancers rares, notamment ceux du foie, de la thyroïde et du rein, est à la hausse. Toutefois, certains facteurs pourraient expliquer cette progression. Ainsi, l’incidence accrue des cancers du rein et du foie pourrait être imputable à un certain nombre de facteurs dont :

  • l’obésité;
  • l’arrivée d’un plus grand nombre d’immigrants en provenance de pays où les hépatites B et C sont plus courantes ainsi que la consommation abusive d’alcool, dans le cas du cancer du foie.

Enfin, l’incidence du cancer de la thyroïde, le cancer dont le taux augmente le plus rapidement, pourrait être le résultat de tests diagnostiques réalisés plus souvent, lesquelles permettent de détecter un cancer de la thyroïde asymptomatique, à un stade plus précoce, plus fréquemment que par le passé.

Points saillants : Statistiques canadiennes sur le cancer 2012

  • On estime qu’il y aura 186 400 nouveaux cas de cancer (exclusion faite de 81 300 cas de cancer de la peau autre que le mélanome) et 75 700 décès dus au cancer au Canada en 2012.
  • On diagnostique davantage de cancers chez les hommes que chez les femmes, mais l’écart entre les deux sexes s’est rétréci ces dernières années (52 % des cas surviennent chez les hommes, contre 48 % chez les femmes).
  • Plus du quart des décès par cancer, soit 27 %, sont imputables au cancer du poumon.
  • Les quatre principaux cancers (du poumon, du sein, de la prostate et colorectal) représentent la majorité (soit 53 %) des nouveaux cas diagnostiqués chez les hommes et les femmes.
  • Le taux de mortalité par cancer, tous types confondus, est en diminution chez les hommes de la plupart des groupes d’âge et chez les femmes de moins de 70 ans.
  • Le taux de mortalité de la plupart des cancers n’a pas augmenté, et ce, tant pour les hommes que pour les femmes. Deux cancers font cependant exception : le cancer du foie (hommes) et le cancer du poumon (femmes).
  • Le taux de survie relative à cinq ans, tous cancers confondus, se situe à 62 %.
  • Le nombre de nouveaux cas de cancer continue de croître de façon soutenue à mesure que la population canadienne augmente et vieillit.

Le rapport des Statistiques canadiennes sur le cancer 2012 a été préparé et distribué grâce à la collaboration de la Société canadienne du cancer, de l’Agence de la santé publique du Canada, de Statistique Canada, des registres du cancer provinciaux et territoriaux, de même que de chercheurs du milieu universitaire et des agences du cancer provinciales et territoriales.

Pour en savoir plus sur les Statistiques canadiennes sur le cancer 2012, visitez le site Web de la Société à l’adresse www.cancer.ca.

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340