Une hausse considérable du nombre de nouveaux cas de cancer s’annonce d’ici 15 ans

27 mai 2015

Toronto -

Le nombre de nouveaux cas de cancer au Canada bondirait de 40 % dans les 15 prochaines années, d’après un nouveau rapport Statistiques canadiennes sur le cancer 2015 –publié aujourd’hui par la Société canadienne du cancer, en collaboration avec l’Agence de la santé publique du Canada et Statistique Canada. La Société canadienne du cancer réclame un plan complet et coordonné pour remédier à ce grave problème.

C’est la première fois que le rapport Statistiques canadiennes sur le cancer présente des prévisions à long terme sur le fardeau futur du cancer. Selon les estimations contenues dans le rapport, 277 000 personnes par année recevront un diagnostic de cancer d’ici 2030, un bond de 40 % principalement dû à une hausse du nombre de cas de cancer de la prostate et du cancer colorectal.

D’énormes progrès ont déjà été accomplis dans la lutte contre le cancer, dont des gains importants pour les taux de survie. Toutefois, le Canada a une population qui vieillit rapidement – 1 Canadien sur 4 aura 65 ans ou plus en 2030 – et qui rendra insuffisante sa capacité actuelle de fournir des soins adéquats aux patients atteints de cancer. Le Canada connaît également une croissance démographique. En 2030, le Canada comptera quelque 10 millions d’habitants de plus, une augmentation de près de 30 % par rapport à 2005.

Même si le nombre de cas, en chiffres absolus, va s’accroître en raison du vieillissement et de la croissance de la population, le rapport diffusé aujourd’hui prévoit que les taux d’incidence (une mesure du risque de cancer) demeureront stables, baissant légèrement chez les hommes et augmentant légèrement chez les femmes.

La hausse du nombre de cas de cancer aura des répercussions sur de multiples aspects de la société canadienne, dont les systèmes de soins de santé, les professionnels de la santé, les aidants et les familles. Les traitements et les soins continueront aussi de s’améliorer, de sorte qu’il y aura un besoin accru de soutien pour l’augmentation prévue du nombre de survivants du cancer.

« Il est urgent que le Canada ait un plan pour s’assurer que nos systèmes de soins de santé sont viables et que toutes les personnes atteintes de cancer obtiennent des soins de grande qualité en temps voulu, affirme le Dr Robert Nuttall, directeur adjoint des politiques de lutte contre le cancer à la Société canadienne du cancer. Toutes les parties prenantes du système de soins de santé, dont les chercheurs dans le domaine du cancer, les chercheurs du milieu universitaire, les gouvernements et les fournisseurs de services non gouvernementaux, doivent unir leurs efforts pour s’assurer que nous disposons des ressources et des plans nécessaires pour répondre à la montée imminente du nombre de cas de cancer. »

« Ce rapport nous donne une idée claire de l’ampleur du défi auquel nous ferons face dans 15 ans, dit la Dre Eva Grunfeld, médecin-chercheuse à l’Institut ontarien de recherche sur le cancer. Il nous incombe à tous d’investir aujourd’hui dans la recherche, la planification des ressources en soins de santé et les stratégies de prévention dont nous avons besoin afin que les Canadiens aient demain les soins contre le cancer dont ils auront besoin. » La Dre Grunfeld est également professeure et vice-présidente du Département de médecine familiale et communautaire, à l’Université de Toronto.

Planifier, ensemble

« Ces prévisions sont quelque peu décourageantes, mais il est crucial que nous sachions ce qui nous attend afin de pouvoir nous y préparer, ajoute le Dr Nuttall. L’information contenue dans ce rapport sera extrêmement utile dans la planification des programmes de lutte contre le cancer pour la prévention, le dépistage, la détection précoce, le traitement, les soins palliatifs et d’autres soins médicaux ».

La planification pour le nombre accru de Canadiens atteints de cancer exigera une coordination dans différents domaines, dont les suivants :

  • Éducation et formation des spécialistes médicaux, comme des oncologues, des médecins de famille, des infirmières, des techniciens, et des préposés aux services de soutien personnel;
  • Infrastructures, comme des centres de diagnostic et de traitement, des centres d’oncologie et des ressources de soins de soutien communautaire;
  • Recherche sur les exigences en matière de services de santé, sur les politiques publiques efficaces, dont la planification et l’affectation des ressources humaines, et sur les avancées dans le diagnostic et le traitement;
  • Amélioration du soutien offert aux aidants familiaux de même qu’aux survivants du cancer.

« Que ce soit en faisant des investissements substantiels, en établissant des partenariats multisectoriels ou en finançant d’importantes recherches et collectes de données, le gouvernement du Canada travaille en collaboration avec la Société canadienne du cancer et d’autres partenaires, tels que le Partenariat canadien contre le cancer, afin d’avoir un impact positif sur la vie des Canadiens aux prises avec le cancer, a déclaré la ministre de la Santé, Rona Ambrose. Nous allons poursuivre nos efforts pour mieux maîtriser cette maladie et réduire ses conséquences sur les Canadiens. »

Prévenir les cancers, agir

Le rapport fait aussi ressortir la nécessité d’un renforcement continu des efforts de prévention liés aux facteurs de risque modifiables et à la détection précoce du cancer. « Nous savons qu’environ la moitié des cas de cancer peuvent être évités par des comportements sains et des politiques qui protègent le public, dit le Dr Nuttall. Ce rapport démontre donc, en un sens, à quel point il est important de mettre l’accent sur des comportements sains et des politiques publiques qui favorisent la santé si l’on veut freiner la tendance et réduire le nombre de personnes qui ont le cancer. »

Il existe une foule de mesures qui peuvent être prises pour réduire le fardeau du cancer dans les prochaines années, par exemple :

  • Si vous fumez, écrasez. Si vous ne fumez pas, ne commencez pas à le faire. On estime que le tabagisme cause 30 % des cas de mortalité par cancer au Canada et qu’il est lié à plus de 85 % des cas de cancer du poumon.
  • Subissez des examens de dépistage; si vous faites partie d’un certain groupe d’âge ou de population, il existe des examens qui aident à déceler le cancer du sein, du col utérin et colorectal avant même que vous notiez des symptômes. Visitez le cancer.ca/screening pour en savoir plus à ce sujet.
    • Si un dépistage du cancer colorectal par une recherche de sang occulte dans les selles était effectué chez 80 % des Canadiens de plus de 50 ans, il pourrait permettre de sauver 40 000 vies au cours des 15 prochaines années.
  • Faites-vous vacciner contre le VPH; ce virus est lié au cancer du col utérin de même qu’aux cancers du pénis, de l’anus, de la vulve, du vagin, de la cavité buccale et de la gorge.
  • Mangez sainement et soyez actif; environ un tiers de tous les cancers peuvent être évités par une bonne alimentation, l’activité physique et le maintien d’un poids santé.
  • Prenez des précautions sous le soleil et n’utilisez pas d’appareils de bronzage artificiel. Le mélanome est la forme la plus mortelle de cancer de la peau et est la plupart du temps évitable.

Progrès

Il convient également de souligner les énormes progrès accomplis dans la lutte contre le cancer. Le risque global de mortalité par cancer diminue tant chez les hommes que chez les femmes, grâce à l’amélioration du dépistage, de la détection précoce et du traitement. Aujourd’hui, plus de 60 % des Canadiens atteints de cancer survivent au moins 5 ans après le diagnostic. Dans les années 1940, le taux de survie était d’environ 25 %.

« Dans les 15 prochaines années, nous allons améliorer nos méthodes pour repérer les personnes à risque, détecter le cancer tôt et le traiter avec plus de précision, dit le Dr Nuttall. Tout cela se traduira par un meilleur pronostic pour les personnes atteintes de cancer. »

Le rôle de la Société canadienne du cancer

La Société joue déjà un rôle clé dans la réduction du fardeau du cancer, par exemple, en :

  • subventionnant d’excellents projets de recherche dans l’ensemble du Canada pour trouver plus de réponses au sujet du cancer, en permettant par exemple de comprendre comment la génétique, l’alimentation et les microbes intestinaux interagissent pour favoriser le cancer colorectal;
  • offrant un vaste éventail de renseignements, de programmes et de services pour prévenir le cancer (en aidant par exemple les fumeurs à renoncer au tabac) et soutenir les personnes touchées par le cancer, leurs proches et leurs aidants;
  • menant auprès des gouvernements, au nom des Canadiens, des activités de défense sur des questions liées à la prévention et aux soins contre le cancer, telles que l’emballage neutre pour les produits du tabac et les programmes de dépistage du cancer.

La Société demande à tous les Canadiens de se joindre à elle pour s’attaquer à ce grave problème.

Points saillants : Statistiques canadiennes sur le cancer 2015

En 2015 :

  • On estime qu’il y aura 196 900 nouveaux cas de cancer (exclusion faite de quelque 78 300 cas de cancer de la peau autre que le mélanome).
  • Quatre principaux types de cancer (poumon, sein, colorectal et prostate) représenteront la majorité (51 %) des cas de cancer nouvellement diagnostiqués.
  • Depuis 2001, le taux d’incidence de cancer ajusté selon l’âge est en baisse chez les hommes (0,7 % par année) mais encore en hausse chez les femmes (0,5 % par année).
  • On prévoit que le cancer causera 78 000 décès en 2015, 53 % chez les hommes et 47 % chez les femmes.
  • Au Canada, la quasi-totalité des décès par cancer (96 %) surviendront chez des personnes de plus de 50 ans dont la plupart (62 %) auront franchi le cap des 70 ans.
  • Plus du quart des décès par cancer (27 %) seront dus au cancer du poumon.
  • Les taux globaux de mortalité par cancer chez les deux sexes sont en baisse depuis 1988.
  • Le taux de survie relative après 5 ans pour l’ensemble des cancers est de 63 %.

À propos des Statistiques canadiennes sur le cancer

Le rapport Statistiques canadiennes sur le cancer 2015 a été préparé grâce à un partenariat entre la Société canadienne du cancer, l’Agence de santé publique du Canada, Statistique Canada ainsi que les registres du cancer provinciaux et territoriaux. Son élaboration a été basée en partie sur le supplément « Incidence du cancer au Canada : tendances et projections (1983-2032) » publié dans la revue Promotion de la santé et prévention des maladies chroniques au Canada : Recherche, politiques et pratiques, volume 35, printemps 2015. Pour en savoir plus sur les Statistiques canadiennes sur le cancer 2015, visitez le site Internet de la Société canadienne du cancer au cancer.ca/statistiques.

À propos de la Société canadienne du cancer

La Société canadienne du cancer est un organisme bénévole national, à caractère communautaire, dont la mission est l’éradication du cancer et l’amélioration de la qualité de vie des personnes touchées par le cancer. Grâce à nos donateurs et à nos bénévoles, la Société est l’organisme qui a le plus d’impact, sur le plus de cancers, dans le plus de collectivités au Canada. Forts des progrès réalisés, nous travaillons avec les Canadiens afin de changer le cancer pour toujours. Pour plus d’information, visitez cancer.ca ou appelez sans frais notre Service bilingue d’information sur le cancer au 1 888 939-3333 (ATS : 1 866 786-3934).

Fiche d’information médias no 1 : Prévisions relatives au fardeau futur du cancer au Canada
Fiche d’information médias no 2 : Le cancer au Canada: les faits en bref

Renseignements :

Rosie Hales

Spécialiste des communications

Société canadienne du cancer

bureau national

Téléphone : 416 934-5338