Déjouer le cancer du sein, une cellule à la fois

26 février 2013

Toronto -

Des chercheurs de Vancouver examinent comment les cellules du cancer du sein chez les patients mutent et évoluent au fil du temps, permettant parfois à la maladie de devenir résistante aux traitements.

Grâce à une subvention de 1,25 M$ de la Société canadienne du cancer, le Dr Sam Aparicio et son équipe trouveront des réponses sur la manière dont le cancer du sein se produit, évolue et subit des mutations. Les chercheurs, à l’aide de techniques de pointe, analyseront l’ADN du cancer du sein cellule par cellule et observeront comment les cellules s’adaptent à différentes conditions, comme les médicaments de chimiothérapie par exemple. Cette recherche devrait avoir des retombées mondiales pour la compréhension de la maladie et l’amélioration du diagnostic, des traitements et de la survie des patients.

« Le cancer est une cible mouvante. En prédisant ses modes d’action et sa direction, nous nous donnons un avantage énorme pour mieux comprendre la maladie et la façon de le stopper », de dire le Dr Aparicio, chercheur principal à l’Agence du cancer de la Colombie-Britannique.

À ce jour, les scientifiques n’ont qu’une compréhension rudimentaire de la manière dont se produisent les changements génétiques dans les tumeurs cancéreuses du sein. En évoluant, les cellules cancéreuses se comportent différemment, elles peuvent devenir résistantes aux traitements et envahir d’autres parties du corps.

Mais de récents progrès technologiques – comme la nouvelle génération d’appareils de séquençage d’ADN, combinée à des algorithmes informatiques et des modèles statistiques de pointe – ont permis à l’équipe de Vancouver d’analyser des milliards de données génétiques provenant d’échantillons de tumeurs, pour identifier, parmi les milliers de mutations, celles qui causent le cancer et celles qui sont inoffensives.

« C’est comparable au fonctionnement de Google, quand vous tapez un terme pour effectuer une recherche et qu’il vous fournit des résultats, affirme le Dr Sohrab Shah, un scientifique travaillant avec le Dr Aparicio à l’Agence du cancer de la Colombie-Britannique. Grâce à cette technologie permettant un séquençage rapide du génome, nous pouvons maintenant recueillir une immense quantité de renseignements sur l’ADN des cellules cancéreuses, et les interpréter en utilisant des approches informatiques. »

« C’est l’un des moments les plus transformateurs de la recherche sur le cancer depuis des décennies », déclare le Dr Shah.

Dans cette étude, l’équipe du Dr Aparicio a mis plus précisément l’accent sur une forme agressive de cancer du sein nommée triple négatif. Il n’existe actuellement aucun traitement ciblé contre ce type particulier de cancer du sein.

« Ce peut être une maladie dévastatrice, car elle risque davantage de se propager et de réapparaître », dit le Dr Aparicio. Cette recherche nous amènera au stade où nous apprendrons comment vaincre ces tumeurs en constante évolution en combinant des médicaments. »

Au Canada, le cancer du sein est l’une des principales causes de maladie et de décès chez les femmes, et nous avons désespérément besoin de nouvelles options pour mieux le comprendre, le diagnostiquer et le traiter. L’an passé, près de 23 000 Canadiennes ont reçu un diagnostic de cancer du sein et plus de 5000 femmes ont succombé à cette maladie.

Les Subventions pour un impact offertes par la Société canadienne du cancer

Ces subventions, allant jusqu’à 1,25 M$ sur cinq ans, sont les plus importantes jamais accordées par la Société canadienne du cancer. Ces subventions très prestigieuses visent à financer la recherche sur le cancer la meilleure et la plus prometteuse au pays et lui donner l’impulsion nécessaire pour faire des avancées importantes.

Onze nouvelles subventions pour un impact ont été accordées par la Société canadienne du cancer, pour 13 M$ au total. Ce nouveau programme de subventions se veut un mécanisme permettant aux scientifiques d’innover et d’accélérer l’application des nouvelles connaissances pour répondre aux questions de la recherche sur le cancer. Ces subventions ont le potentiel pour améliorer la qualité de vie de patients et réduire l’incidence du cancer et les décès qui y sont reliés.

« Nous sommes enchantés de pouvoir financer ces nouveaux projets de recherche remarquables et tellement prometteurs, affirme la Dre Siân Bevan, directrice de la recherche à la Société canadienne du cancer. En cette année de notre 75e anniversaire, nous demeurons déterminés à jouer un rôle concret dans la vie des Canadiens en subventionnant la meilleure recherche pour avoir le plus d’impact possible dans la lutte contre le cancer. »

Parmi les autres subventions accordées :

Dr David Huntsman, Vancouver, 1 250 000 $ – En utilisant des approches de la génomique avancée pour mener son étude, notamment le séquençage du génome entier, le Dr David Huntsman vise à identifier les mutations « pilotes » – mutations qui transforment les cellules normales en cellules cancéreuses ‑ dans les deux formes les plus meurtrières du cancer de l’ovaire. Le Dr Huntsman et son équipe localiseront de façon précise les mutations génétiques qui sont à la base de ces cancers, dans le but de déterminer de nouveaux marqueurs biologiques et de nouveaux traitements, de même que des stratégies pour empêcher que ces cancers ne se développent chez les femmes atteintes d’endométriose précancéreuse.

Dr Torsten Nielsen, Vancouver, 1 250 000 $ Le Dr Torsten Nielsen a fait des progrès notables dans la compréhension d’une forme rare de cancer des tissus mous – le sarcome synovial – qui se développe le plus souvent chez les enfants et les jeunes adultes et pour lequel les traitements anticancéreux traditionnels offrent peu d’espoir. Le travail du Dr Nielsen consiste à examiner la biologie fondamentale de sarcomes semblables en élaborant des modèles de souris pour étudier les maladies et trouver des médicaments efficaces qui mèneraient à des essais cliniques pour de nouveaux traitements qui amélioreront les résultats pour les patients.

Dr Neil Fleshner, Toronto, 1 250 000 $ – Il a été démontré que la metformine, un médicament couramment utilisé pour traiter le diabète, a des propriétés anticancéreuses. Le Dr Neil Fleshner dirige un essai clinique afin de vérifier si la metformine peut retarder la progression du cancer chez les hommes qui ont reçu un diagnostic de cancer de la prostate à faible risque faisant l’objet d’une « surveillance active », une stratégie d’intervention ne comportant pas de traitement radical immédiat, et ce, dans le but de leur épargner un tel traitement dans le futur.

Dr Ming-Sound Tsao, Toronto, 1 248 401 $ – À l’heure actuelle, le taux de survie global chez les patients atteints du cancer du poumon est de 15 %, avec un taux élevé de récidive et de décès liés au cancer. Le Dr Ming‑Sound Tsao aura recours à une combinaison stratégique de techniques génomiques avancées pour établir le profil de 144 cancers du poumon non à petites cellules, dans le but d’identifier des marqueurs qui peuvent servir à améliorer les traitements ciblés.

Dr Claude Perrault, Montréal, 1 075 000 $ – À l’heure actuelle, 67 000 Canadiens sont atteints d’un cancer du sang, et seulement 50 % d’entre eux seront guéris à l’aide de traitements classiques de chimiothérapie. Le Dr Claude Perrault expérimente une approche d’immunothérapie, ayant déjà démontré son efficacité chez les souris. Cette approche avant-gardiste cible chez les patients des protéines spécifiques pour le traitement des cancers du sang résistants à la chimiothérapie.

Dr Yves Fradet, Québec, 999 470 $ – Le cancer de la vessie, une forme de cancer répandue dans les pays occidentaux, connaît un taux élevé de récidive. Une bactérie appelée BCG peut être injectée dans la vessie pour stimuler le système immunitaire du patient en vue de combattre les cellules cancéreuses et de prévenir les récidives, bien que seulement 60 % des patients réagissent à ce traitement. Le Dr Fradet travaille actuellement sur de nouvelles stratégies pour prévenir les récidives, en améliorant le taux de réponse au traitement par le BCG grâce à des composés immunothérapeutiques qui déclenchent une réponse immunitaire plus forte, et par la mise au point d’un vaccin contre les marqueurs que l’on trouve spécifiquement sur les cellules cancéreuses de la vessie.

Depuis 75 ans, la Société canadienne du cancer est avec les Canadiens dans le combat pour la vie. Toutes ces années, nous avons travaillé sans relâche à prévenir le cancer, à financer la recherche et à soutenir les personnes touchées par la maladie. Forts de cette expérience, nous continuons de lutter avec les Canadiens pour changer le cancer à jamais afin qu’ils soient moins nombreux à y faire face et plus nombreux à y survivre. Pour en savoir plus, visitez cancer.ca ou appelez notre Service d'information sur le cancer, au 1 888 939-3333.

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340