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Un robot chirurgien pour réduire les effets secondaires du traitement du cancer de la gorge

17 avril 2013

Toronto -

À London, en Ontario, des chercheurs mènent le tout premier essai clinique pour déterminer quel traitement offre la meilleure qualité de vie aux patients atteints de cancer de la gorge. Ces cancers sont en forte hausse en raison de l’épidémie d’infection au VPH (virus du papillome humain).

Pour cet essai, le Dr Anthony Nichols, chirurgien, et le Dr David Palma, radio-oncologue, du Lawson Health Research Institute, ont reçu de la Société canadienne du cancer une Subvention de recherche sur l’amélioration de la qualité de vie d’une valeur de 223 000 $. Le Dr Nichols est professeur adjoint au Département de chirurgie cervicofaciale de l’Université Western. Le Dr Palma est clinicien-chercheur à l'Ontario Institute for Cancer Research (OICR).

Actuellement, le traitement standard du cancer de la gorge combine radiothérapie et chimiothérapie. Ce traitement permet de bien maîtriser la maladie, mais peut laisser les patients avec différents effets secondaires qui bouleversent leur vie : difficulté à parler ou à avaler, problèmes de goût ou d’audition. D’autres patients devront se nourrir par une sonde.

La chirurgie robotique, peu invasive, est une nouvelle option de traitement prometteuse qui semble causer moins d’effets secondaires.

« Les patients atteints d’un cancer de la gorge associé au VPH sont souvent plus jeunes et en meilleure santé et leurs chances de guérison sont bonnes, explique le Dr Nichols. Puisqu’ils devront vivre avec les effets secondaires du traitement pendant des décennies, leur qualité de vie après le traitement revêt une importance capitale. »

« Parfois, on fait beaucoup de bruit autour d’une nouvelle technologie, mais elle se révèle finalement peu utile, explique le Dr Palma. Avant d’adopter un nouveau traitement, il faut prouver qu’il engendre un taux de guérison supérieur ou égal à celui du traitement standard. En ce moment, le traitement standard est la chimiothérapie associée à la radiothérapie. La chirurgie robotique transorale laisse présager qu’elle est une option de traitement extraordinaire. Actuellement, nous sommes les seuls chercheurs du monde à effectuer ce type de recherche pour l’évaluer. »

Pendant trois ans, des patients atteints d’un cancer précoce de l’oropharynx (langue, palais mou, amygdales et parois postérieure et latérales de la gorge) participeront à un essai clinique randomisé de phase II. Un groupe de patients recevra le traitement standard actuel (radiothérapie avec ou sans chimiothérapie), et l’autre subira une chirurgie robotique. Un an après le traitement, on évaluera la qualité de vie des patients en se penchant sur les effets secondaires.

Il s’agira du premier essai clinique à comparer directement ces deux options de traitement. Cette recherche pourrait transformer le traitement de patients atteints de cancer de la gorge dans le monde entier. Aux États-Unis, malgré le manque de données probantes, la chirurgie robotique sert déjà à traiter ce type de cancer.

Pour retirer les tumeurs de la langue, du palais, des amygdales ou de la gorge par chirurgie robotique, les médecins utilisent de tout petits instruments chirurgicaux qui sont contrôlés par un robot. Le robot est muni d’un viseur et d’une caméra en 3D pour voir dans les recoins et ses minuscules bras peuvent atteindre les espaces trop étroits pour les mains d’un chirurgien. Pendant que le chirurgien observe l’image captée par le robot sur un écran, les mouvements de ses mains sont imités avec précision par les bras robotisés, qui suppriment même les tremblements des mains du médecin.

« La Société canadienne du cancer sait l’importance de la qualité de vie d’un patient pendant et après le traitement du cancer, dit la Dre Siân Bevan, directrice de la recherche à la Société canadienne du cancer. Cette nouvelle technique chirurgicale nous enthousiasme et il y a fort à parier qu’elle améliorera de beaucoup la qualité de vie des patients. Nous nous réjouissons de subventionner cette étude importante grâce au généreux soutien de nos donateurs. »

 

À propos du VPH et du cancer

 

Selon le Dr Nichols, le VPH est l’infection transmise sexuellement la plus courante. « Au cours des dernières années, l’incidence du cancer de la gorge a fortement augmenté, surtout à cause de l’épidémie d’infection du VPH. Cette hausse serait due aux changements dans les pratiques sexuelles amorcés dans les années 1960. »

 

Ces cancers prennent habituellement plus de 20 ans pour se développer. Certaines souches du VPH causent le cancer du col de l’utérus et d’autres cancers de la région anogénitale. Récemment, on a découvert que l’infection au VPH pouvait aussi être responsable du cancer de l’oropharynx.

 

On estime que 75 % des Canadiens et des Canadiennes actifs sexuellement auront au moins une infection au VPH dans leur vie. Le système immunitaire se débarrasse habituellement de lui-même d’une infection au VPH. La plupart des infections au VPH (environ 70 %) disparaissent sans aucun traitement en 1 à 2 ans. Mais une infection par des souches dangereuses du VPH qui persiste de nombreuses années peut causer des changements précancéreux et le cancer.

 

L’infection au VPH est associée à environ :

 

  • 25 à 35 % des cancers de l’oropharynx
  • 40 % des cancers du vagin et de la vulve
  • 40 à 50 % des cancers du pénis
  • 80 à 90 % des cancers de l’anus

 

Le Dr Nichols explique que les cancers de la gorge associés à une infection au VPH sont souvent diagnostiqués chez des patients dans la quarantaine ou la cinquantaine alors que ceux chez qui le cancer de la gorge est causé par le tabagisme ou la consommation d’alcool reçoivent leur diagnostic dans la soixantaine ou plus tard.

 

Un vaccin prévenant l’infection au VPH est offert au Canada. Il protège contre des souches du virus responsables de 70 % des cas de cancer liés au VPH. Pour plus d’information, consultez cancer.ca.

 

Autres Subventions de recherche sur l’amélioration de la qualité de vie

 

Dre Kim Edelstein, Toronto, 299 754 $ – Le cancer chez les jeunes adultes survient au cours d’une période décisive de leur vie et il peut avoir des effets dévastateurs. La maladie et son traitement laissent les survivants avec différents effets secondaires à long terme. Dans cette étude, la Dre Edelstein s’intéresse aux effets de la chimiothérapie sur les facultés intellectuelles dans l’année qui suit le diagnostic. Elle s’intéresse aux répercussions de ces changements sur le développement psychosocial des patients. Ses résultats permettraient de trouver comment éviter ou diminuer ces problèmes.

 

Dr Stephen Hall, Kingston, 153 029 $ – À l’aide d’une série de questionnaires, le Dr Hall suivra pendant trois ans des patients traités pour un cancer de la tête et du cou. Ce sera la première étude à se pencher sur la manière dont ces patients perçoivent leurs rendez-vous de suivi. Il souhaite ainsi comprendre leur attitude, leurs besoins, leurs peurs et leurs attentes par rapport à ces rendez-vous. L’objectif de cette étude est d’améliorer la qualité de vie des survivants en rendant les soins de suivi plus efficaces sur le plan individuel tout en améliorant l’efficacité du système de soins de santé en général.

 

Dr Robert Klaassen, Ottawa, 177 794 $ – Le Dr Klaassen souhaite évaluer l’effet des traitements sur la qualité de vie des patients atteints d’affections sanguines incurables qui les prédisposent fortement au cancer. Il utilisera un sondage conçu avec la participation de patients, d’aidants, de professionnels de la santé et d’experts en matière de qualité de vie. Puisque ces affections, que l’on appelle syndromes myélodysplasiques, ne peuvent être guéries, il est essentiel de comprendre l’effet du traitement sur la qualité de vie des patients. Ce sondage pourrait s’avérer pour cela un outil très utile.

 

Dr Andrew Matthew, Toronto, 137 233 $ – La dysfonction sexuelle à la suite de la chirurgie pour traiter le cancer de la prostate constitue l’une des principales inquiétudes chez les patients et les partenaires. Ce problème a un effet considérable sur leur qualité de vie. Afin d’aborder cette importante question de santé, le Dr Matthew conçoit une intervention à la fois psychosociale et biomédicale avec la participation active des partenaires, qui combinent des méthodes médicales, psychologiques et sociales. Ultimement, son objectif est de trouver comment encourager l’intimité et une santé sexuelle optimale.

 

Dre Roanne Thomas, Ottawa, 244 128 $ – Des groupes de discussion, de la photographie, la tenue d’un journal ou encore le cinéma… Ce sont les approches que la Dre Thomas utilisera pour documenter l’expérience de femmes autochtones, inuites ou métisses atteintes du cancer du sein. On en sait peu sur les facteurs qui jouent un rôle sur l’expérience de cancer du sein de ces femmes, aussi l’étude de la Dre Thomas permettra de comprendre les lacunes dans les connaissances et les soins. Cela fournira des renseignements utiles pour créer de futurs programmes de soutien et du matériel éducatif pour les professionnels de la santé.

À propos la subvention de recherche sur l’amélioration de la qualité de vie

Ce programme a été créé pour soutenir la recherche sur l'amélioration de la qualité de vie. Les travaux subventionnés doivent être susceptibles d’entraîner d'importants progrès en matière de qualité de vie pour les personnes atteintes du cancer, les survivants et le personnel soignant.

Depuis 75 ans, la Société canadienne du cancer est avec les Canadiens dans le combat pour la vie. Nous avons travaillé sans relâche à prévenir le cancer, à financer la recherche et à soutenir les Canadiens touchés par le cancer. Forts de cette expérience, nous continuerons de lutter avec les Canadiens pour changer le cancer à jamais afin qu’ils soient moins nombreux à y faire face et plus nombreux à y survivre.

Consultez cancer.ca ou appelez-nous au 1 888 939-3333 (ATS : 1 866 786-3934).

Renseignements :

Rosie Hales

Spécialiste des communications

Société canadienne du cancer

bureau national

Téléphone : 416 934-5338