Une étude révèle l’existence d’un lien entre l’ostéoporose, son traitement et un risque réduit de récidive du cancer du sein

03 juin 2012

Toronto -

Une nouvelle recherche dévoilée aujourd’hui établit un lien important entre l’apparition de l’ostéoporose, le traitement de l’ostéoporose et une réduction du risque de récidive du cancer du sein.

L’étude figure parmi les 20 résumés présentés par le Groupe des essais cliniques de l’Institut national du cancer du Canada (GEC de l’INCC) au congrès de la Société américaine d’oncologie clinique (ASCO), à Chicago. Ce congrès est considéré comme le principal événement scientifique pour les professionnels du domaine de l’oncologie. Les présentations portent sur de nouvelles façons de traiter différents cancers, dont le cancer colorectal et les cancers du sein, du poumon et de la prostate.

Les résultats annoncés aujourd’hui à l’ASCO sont ceux d’une étude exploratoire qui faisait partie d’un vaste essai clinique, maintenant terminé, auquel ont participé plus de 7000 femmes ménopausées atteintes d’un cancer du sein. L’essai initial visait à comparer l’efficacité de deux inhibiteurs de l’aromatase (IA), soit l’exémestane et l’anastrozole, employés comme traitements adjuvants, pour la prévention d’une récidive de la maladie. Un traitement adjuvant est administré après un premier traitement contre un cancer.

L’essai clinique a montré que ces deux IA étaient aussi efficaces l’un que l’autre pour prévenir une récidive. Toutefois, bien qu’étant les médicaments de choix pour prévenir une récidive du cancer du sein, les IA peuvent causer une perte de densité osseuse et l’ostéoporose.

Cette étude exploratoire s’est déroulée chez près de 1300 femmes ménopausées qui avaient reçu un diagnostic de cancer du sein au stade précoce, prenaient des IA et souffraient d’ostéoporose. Les chercheurs ont constaté que la survie sans événement (paramètre qui mesure à quel point un traitement est efficace pour prévenir une récidive) et la survie sans maladie à distance (période pendant laquelle il n’y a pas de métastases ailleurs dans le corps) étaient meilleures chez les femmes atteintes d’ostéoporose.

Les chercheurs se sont alors penchés sur l’utilisation de bisphosphonates (une classe de médicaments servant à prévenir la perte de masse osseuse et à traiter l’ostéoporose et des maladies similaires) et sur d’autres facteurs afin d’évaluer leur effet sur la récidive du

cancer du sein. Chez 36 % des femmes admises à l’essai clinique initial, une forme de traitement de prévention ou de correction de l’ostéoporose avait été entreprise avant le début de l’essai ou l’a été au cours de celui-ci.

« Même s’il s’agit d’une étude exploratoire, les résultats semblent indiquer que les médicaments prescrits à des milliers de femmes pour prévenir ou traiter l’ostéoporose joueraient en fait un rôle plus grand que celui de simples agents favorisant la santé des os, dit la Dre Lois Shepherd, chercheuse principale de l’étude. En d’autres termes, prévenir la détérioration de la santé osseuse, qui est due au traitement par les IA, peut apporter un effet bénéfique additionnel en réduisant le risque de récidive du cancer du sein. »

Cette présentation a été choisie comme un Meilleur de l’ASCO (« Best of ASCO »). Sur les milliers de résumés de recherche soumis aux fins de présentation, environ 1 % sont jugés dignes d’une telle reconnaissance. Les recherches ainsi retenues sont considérées comme étant les meilleures et ont le potentiel de changer les façons de traiter le cancer.

Au congrès de cette année, plusieurs autres présentations ont trait à des études menées sous la supervision ou avec la collaboration du GEC de l’INCC, dont le financement de base est assuré par la Société canadienne du cancer. Le GEC de l’INCC est un groupe de chercheurs très respectés qui met sur pied, effectue et analyse des essais d’envergure nationale et internationale sur la prévention du cancer, son traitement et les soins de soutien destinés aux patients qui en sont atteints. Le GEC a dirigé des essais qui ont changé la pratique clinique au Canada et partout dans le monde.

Le congrès annuel de l’ASCO est considéré comme le principal événement didactique et scientifique dans le milieu de la recherche en oncologie clinique. Il attire chaque année plus de 25 000 chercheurs venant des quatre coins du globe.

Lire sur les présentations du GEC de l’INCC aux congrès précédents de l’ASCO

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340