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Des chercheurs ouvrent la voie à de nouveaux traitements d’une forme agressive de cancer du sein

25 mai 2012

Toronto -

Des chercheurs de Toronto et de la Caroline du Nord, subventionnés en partie par la Société canadienne du cancer, ont fait avancer nos connaissances sur une forme agressive de cancer du sein, dite de phénotype basal (type de carcinome canalaire du sein). Il n’existe encore aucun traitement ciblé pour ce sous-type de cancer, qui frappe surtout des jeunes femmes, et plus particulièrement des jeunes mères. Le pronostic est généralement sombre pour les femmes ayant un cancer du sein de phénotype basal. La découverte, publiée le 25 mai dernier dans le journal Cancer Cell, pourrait finir par déboucher sur de nouvelles options de traitement.

Le cancer du sein est le plus fréquent chez les Canadiennes, représentant 26 % des cas de cancer nouvellement diagnostiqués. Son traitement est complexe, car les tumeurs ont toutes un profil génétique qui leur est propre et répondent au traitement de manière distincte. Grâce aux recherches effectuées ces dernières années, nous en savons beaucoup plus sur les différences à l’échelle moléculaire entre les types de cancer du sein. Depuis 10 ans, par exemple, des études de génomique ont permis d’établir cinq sous-types de cancer du sein, dont les tumeurs de phénotype basal.

Le cancer du sein de phénotype basal, qui compte pour environ 15 % de tous les cas de cancer du sein, est une forme agressive qui est associée au plus mauvais pronostic. Il touche habituellement des jeunes femmes, et davantage celles de race noire. À l’heure actuelle, aucun traitement connu ne cible spécifiquement les tumeurs de phénotype basal. Ces patientes ont donc désespérément besoin de nouvelles options thérapeutiques.

Au cours de l’étude, qui a nécessité 10 ans d’efforts, les chercheurs ont exploré le rôle de Notch, une protéine du cancer du sein qui facilite l’envoi des signaux ordonnant aux cellules de se diviser. Une suractivation anormale de Notch, révélée par des études précédentes, amène les cellules mammaires cancéreuses à se multiplier de façon anarchique et à se propager partout dans le corps, ce qui accroît le taux de mortalité. L’information recueillie sur Notch pourrait fournir de précieuses pistes vers de nouvelles stratégies de traitement du cancer du sein.

Pour en apprendre davantage sur le rôle de Notch dans le cancer du sein, les chercheurs ont examiné une protéine, appelée Lunatic Fringe, en utilisant des souris mutantes modifiées par génie génétique. Lorsqu’elle fonctionne normalement, la protéine Lunatic Fringe régule l’envoi de signaux de division cellulaire par Notch. Lorsque les chercheurs ont perturbé son fonctionnement normal, ils ont constaté que Notch envoyait trop de signaux de croissance et que des tumeurs de phénotype basal se développaient chez les souris.

Les chercheurs, qui travaillaient à l’Hôpital pour enfants malades de Toronto, à l’hôpital Princess Margaret de Toronto et à l’Université de la Caroline du Nord, ont ensuite analysé les taux de Lunatic Fringe dans des échantillons prélevés chez 676 femmes atteintes d’un cancer du sein, et ont pu confirmer leurs résultats dans des tumeurs de phénotype basal humaines.

« Les résultats de cette étude nous ont aidés à définir certaines caractéristiques des tumeurs mammaires humaines de phénotype basal qui n’étaient pas connues jusque-là, déclare le Dr Sean Egan de l’Hôpital pour enfants malades de Toronto, qui a dirigé l’étude. Nous avons ainsi de nouvelles idées formidables pour tenter d’inhiber les événements à l’origine de ce cancer agressif en combinant des médicaments. »

« Il s’agit d’une étude très importante qui nous apporte un meilleur éclairage sur les voies de signalisation sous-jacentes au cancer du sein de phénotype basal, ajoute Mary Argent-Katwala, directrice de la recherche à la Société canadienne du cancer. En comprenant les rôles des diverses entités moléculaires, il devrait être possible d’évaluer de nouvelles associations de traitements afin que les femmes atteintes d’un cancer du sein de phénotype basal vivent plus longtemps et en meilleure santé. »

La recherche a été financée par la Société canadienne du cancer, la Susan G. Komen for the Cure, Génome Canada, le programme SPORE du National Cancer Institute pour le cancer du sein et la Breast Cancer Research Foundation.

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340