Le gouvernement du Québec accorde une garantie de prêt à la mine d’Asbestos

29 juin 2012

Toronto -

La Société canadienne du cancer est profondément déçue et frustrée de l’approbation, par le gouvernement du Québec, d’une garantie de prêt de 58 millions de dollars qui permettra la réouverture de la mine Jeffrey d’Asbestos.

« Une telle décision indique que le gouvernement du Québec est directement en conflit avec la lutte menée contre le cancer à l’échelle internationale puisque toutes les formes d’amiante causent le cancer, déclare Paul Lapierre, vice-président , Affaires publiques et lutte contre le cancer, Société canadienne du cancer. Nous demandons au gouvernement du Québec de revoir sa décision et d’annuler la garantie de prêt. Nous croyons qu’il faudrait plutôt affecter ces fonds à des projets qui vont aider les collectivités touchées à diversifier leur base économique. »

La Société a exercé des pressions sur le premier ministre Jean Charest pour empêcher que soit donnée une garantie de prêt de 58 millions de dollars à la mine Jeffrey, car le gouvernement du Québec ne devrait pas soutenir une industrie dont le produit est une substance carcinogène connue. L’Organisation mondiale de la Santé estime qu’environ 107 000 personnes dans le monde succombent chaque année à une maladie résultant d’une exposition professionnelle à l’amiante. L’amiante extrait au Québec contribue à ce bilan.

« Cette décision signifie que le nombre de cancers liés à l’amiante, tant au Canada que dans d’autres pays, va continuer d’augmenter, ajoute M. Lapierre. Il est impératif que la santé des gens de partout dans le monde passe avant les intérêts de l’industrie de l’amiante. »

D’autres organismes reliés à la santé, dont les régies régionales de la santé du Québec et l’Association médicale canadienne, ont uni leur voix à celle de la Société pour presser le gouvernement du Québec de ne pas accorder la garantie de prêt.

La Société canadienne du cancer est d’avis qu’il faut déployer tous les efforts possibles pour éliminer l’exposition à l’amiante et éradiquer les maladies liées à l’amiante. Elle exhorte les gouvernements fédéral et provinciaux/territoriaux d’adopter une stratégie globale couvrant tous les aspects du dossier de l’amiante, dont les mesures suivantes :

  • Établir immédiatement un échéancier clair pour l’élimination progressive de l’usage et de l’exportation de l’amiante.
  • Mettre en œuvre un système de surveillance national afin de suivre les effets sur la santé chez les personnes qui ont été exposées à l’amiante.
  • Créer un registre public des bâtiments qui contiennent de l’amiante.
  • Assurer un soutien de transition aux collectivités touchées.
  • Inscrire l’amiante chrysotile sur la liste des produits soumis à la Convention de Rotterdam sur la procédure de consentement préalable en connaissance de cause.

Bien qu’elle soit profondément découragée par l’approbation de la garantie de prêt, la Société est plus résolue que jamais à poursuivre son travail dans ce dossier. « Nous ne reculerons pas. Nous savons que les Canadiens et les citoyens d’autres pays comptent sur nous pour protéger leur santé », précise M. Lapierre.

Pour en apprendre davantage sur notre position

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340