Un produit naturel extrait des éponges marines semble prometteur pour prévenir l’atrophie musculaire induite par le cancer

12 juin 2012

Toronto -

Des chercheurs de Montréal ont découvert qu’un composé chimique présent dans les éponges marines peut être un moyen efficace de prévenir l’atrophie musculaire chez les souris. L’atrophie musculaire, ou « cachexie », touche près de la moitié des patients atteints de cancer et entraîne de nombreux décès liés au cancer. À l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement contre l’atrophie musculaire.

La cachexie se caractérise par une perte excessive de poids, principalement due à une perte de volume musculaire, de même que par une fatigue, une faiblesse et une perte d’appétit chez des personnes qui n’essaient pas de maigrir. Elle s’observe généralement chez des patients qui ont un cancer à un stade avancé, le sida ou d’autres maladies graves.

La cachexie n’est pas bien comprise, mais la perte de volume musculaire résulterait de l’inflammation associée aux tumeurs. Lorsqu’elle s’ajoute au cancer, la cachexie réduit la qualité de vie et est une cause fréquente de mort prématurée. En fait, quelque 30 % des personnes atteintes de cancer meurent par suite d’une atrophie musculaire. Des molécules pouvant déclencher les symptômes avaient été mises au jour lors de travaux précédents sur cette maladie débilitante. Plus précisément, des molécules inflammatoires comme le monoxyde d’azote avaient été incriminées. Pour la première fois, les effets anti-inflammatoires que la substance isolée des éponges marines exerce sur la cachexie ont fait l’objet d’une recherche.

L’étude, financée en partie par la Société canadienne du cancer, est publiée aujourd’hui dans la revue Nature Communications. Dirigée par le Dr Imed Gallouzi à l’Université McGill, l’étude montre qu’un composé chimique appelé patéamine A (PatA), extrait des éponges marines, peut prévenir la cachexie lorsqu’il est administré à de faibles doses chez les souris. D’autres recherches avaient révélé que la PatA était efficace pour prévenir certaines tumeurs et l’inflammation, mais l’équipe du Dr Gallouzi est la première à en confirmer le rôle d’agent anti-atrophie musculaire. Le Dr Gallouzi est professeur agrégé au département de biochimie et au Centre de recherche sur le cancer Goodman à l’Université McGill.

« Même s’il est établi depuis des dizaines d’années que la cachexie est un grave problème pour les patients atteints de cancer, aucun médicament connu ne permet de la combattre efficacement. Pour cette étude, nous avons décidé d’essayer un agent anti-inflammatoire et antitumorigène connu et d’évaluer ses effets, explique le Dr Gallouzi. Les résultats nous ont grandement surpris et ravis, car ils s’annoncent vraiment prometteurs pour les patients qui souffrent d’atrophie musculaire. »

Les résultats indiquent que de faibles doses de PatA ont non seulement empêché la perte de volume musculaire chez des souris atteintes de cancer, mais ont également freiné l’atrophie musculaire qui avait déjà été déclenchée par une série de protéines intervenant dans la réponse inflammatoire. De plus, lorsque les chercheurs ont traité les cellules musculaires des souris avec la PatA, ils ont pu bloquer la production d’iNOS, une enzyme qui augmente aussi l’inflammation. Les auteurs ont démontré qu’au cours de la production de protéines, la production d’iNOS est inhibée par l’intermédiaire de la PatA.

Aucune recherche avant celle-ci n’avait encore conduit à une option thérapeutique potentielle pour les personnes souffrant d’une cachexie induite par une tumeur. Le Dr Gallouzi espère que d’autres études aideront à faire progresser la découverte jusqu’au stade de l’essai clinique afin que le médicament extrait des éponges marines soit rendu accessible pour les patients atteints de cachexie.

« L’importante étude attire l’attention sur un médicament potentiel pour les syndromes d’atrophie musculaire qui, malheureusement, affligent tellement de personnes atteintes de cancer, dit la Dre Mary Argent-Katwala, directrice de la recherche à la Société canadienne du cancer. Les résultats de cette recherche pourraient énormément améliorer la vie des patients cachexiques. »

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340