Le gouvernement fédéral réduit de façon importante le financement de la lutte antitabac

17 avril 2012

Ottawa -

La Société canadienne du cancers’oppose fermement à la réduction importante du financement de la Stratégie fédérale de lutte contre le tabagisme (SFLT) de Santé Canada. Le gouvernement fédéral a informé la Société, de même que d’autres organisations vouées à la santé, que le budget de la SFLT sera amputé de 15 millions $. Il s’agit d’une coupure équivalant à plus du tiers (35 %) du budget annuel de 43 millions $ dont dispose la Stratégie.

« Nous sommes inquiets et extrêmement déçus de voir le gouvernement réduire de manière aussi radicale les fonds octroyés à la stratégie de lutte antitabac de Santé Canada, pourtant très fructueuse »,déclare Rob Cunningham, analyste principal des politiques à la Société canadienne du cancer. « Cette stratégie a fait ses preuves et ces restrictions vont nuire aux efforts déployés jusqu’ici pour réduire les taux de tabagisme. Considérant les effets dévastateurs de la cigarette chez les Canadiens, Santé Canada devrait faire davantage pour contrer l’usage du tabac, et non moins. »

La Stratégie fédérale de lutte contre le tabagisme est la clé du succès qu’a connu jusqu’à maintenant le Canada dans sa lutte contre le tabagisme. Il est par conséquent essentiel de continuer à en assurer le financement. La SFLTa contribué à faire passer le taux de tabagisme chez les adultes de 25 % en 1999 à 17 % en 2010,tandis que les taux chutaient de 28 % à 12 % chez les jeunes de 15 à 19 ans au cours de la même période.

Le Canada peut se permettre de continuer à investir dans la lutte contre le tabagisme, d’autant plus que la réduction de la contrebande des produits de tabac a suscité une hausse récente de 480 millions $des taxes fédérales perçues sur la vente de tabac.Le budget annuel de 43 millions $ de la Stratégie fédérale de lutte contre le tabagisme ne représente que 1,4 % du total des taxes sur le tabac qui se retrouvent annuellement dans les coffres du gouvernement fédéral. À la suite des coupures annoncées, c’est moins de 1 % (0,9 %)des revenus fédéraux provenant de la taxation des produits du tabac qui seront injectés dans la lutte au tabagisme.

« Nous nous expliquons mal que le gouvernement fédéral puisse ainsi réduire le financement de la lutte antitabac alors que les taxes sur le tabac lui rapportent des sommes beaucoup plus substantielles que par le passé, ajoute M. Cunningham.L’ampleur de la compression des dépenses est également surprenante en regard des mesures positives récemment mises en placepar le gouvernement fédéral, comme l’interdiction des cigarettes et petits cigares aromatisés de même que les mises en garde de plus grande taille sur les paquets de cigarettes. Il est regrettable que des restrictions budgétaires viennent ainsi miner les effets potentiels de ces mesures. »

Le tabagisme, principale cause de maladies évitables et de décès au Canada, emporte environ 37 000 Canadiens chaque année. À l’heure actuelle, quelque cinq millions de Canadiens sont des fumeurs et 50 % de tous les fumeurs réguliers à long terme mourront d’une maladie liée au tabagisme. La consommation de tabac entraîne pour notre système de santé des coûts en soins directs estimés à 4 milliards $ par an.

« La meilleure chose que le gouvernement puisse faire, c’est de continuer à investir dans la réduction du tabagisme. Faute de quoi, la note risque d’être très élevée pour la population canadienne, qui devra faire face à une augmentation de la mortalité et à un accroissement des coûts de santé liés au tabagisme,conclut M. Cunningham.Il est crucial de ne pas baisser la garde et de poursuivre la lutte contre le tabagisme avec la même vigueur, afin de ne pas ralentir la diminution des taux de tabagisme et de sauver davantage de vies. »

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

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