Le Canada se classe au 4e rang mondial pour les mises en garde sur les paquets de cigarettes, selon un rapport international publié par la Société canadienne du cancer

14 novembre 2012

Toronto -

Depuis que le Canada a instauré de nouvelles mises en garde occupant 75 % de la surface des paquets de cigarettes, le pays est passé du 15e rang en 2010 au 4e rang en 2012 en ce qui a trait aux messages de santé sur les emballages de produits du tabac, selon un rapport international publié aujourd’hui par la Société canadienne du cancer. Ce rapport effectue un classement de 198 pays et territoires selon la taille des mises en garde sur les paquets de cigarettes; il dresse également la liste des pays qui ont mis en œuvre des mesures imposant l’utilisation de mises en garde illustrées. Le rapport a été rendu public à l’occasion de la cinquième session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT), qui se déroule à Séoul, en Corée du Sud, du 12 au 17 novembre.

« L’ascension du Canada dans le classement mondial est très positive et nous félicitons la ministre de la Santé, l’honorable Leona Aglukkaq, d’avoir mis de l’avant ces nouvelles mises en garde, très efficaces », déclare Rob Cunningham, analyste principal des politiques à la Société canadienne du cancer.

Si M. Cunningham salue le travail accompli jusqu’à maintenant par la ministre de la Santé, il presse également le gouvernement canadien d’intervenir avec plus de vigueur pour le déploiement de la deuxième phase des nouvelles mises en garde.

« Le classement du Canada dans le monde mérite tous nos éloges, mais il reste malgré cela beaucoup à faire pour resserrer les exigences canadiennes quant aux emballages des produits du tabac », ajoute M. Cunningham.

Santé Canada avait annoncé au début de l’année 2011 que le renouvellement des messages de santé sur l’ensemble des produits se ferait en deux temps. La première phase concernait les cigarettes et les petits cigares, tandis que la deuxième portera sur tous les autres produits du tabac, comme le tabac à rouler, le tabac sans fumée, les petits cigares pesant plus de 1,4 gramme, le tabac à pipe et le tabac à pipe à eau. Plusieurs des produits dépourvus des nouvelles mises en garde sont très aromatisés; c’est souvent parce que le goût prononcé de fruit ou de bonbon de ces produits les attire que les jeunes commencent à fumer.

Le rapport de la Société, publié tous les deux ans depuis 2008, analyse et classe les mises en garde relatives à la santé qui figurent sur les paquets de cigarettes dans de nombreux pays du monde; il fait également état des développements de cet aspect important de la lutte antitabac. Les progrès les plus significatifs depuis la publication du rapport précédent ont été marqués par l’Australie, qui a adopté l’emballage neutre des produits du tabac (en vigueur chez les détaillants le 1er décembre 2012). L’Australie se classe au premier rang dans le rapport publié aujourd’hui.

« Nous demandons instamment à la ministre Aglukkaq de suivre l’exemple de l’Australie et d’aller de l’avant pour exiger l’emballage neutre au Canada », renchérit M. Cunningham.

À l’heure actuelle, 63 pays et territoires – représentant plus de 40 % de la population mondiale – ont instauré des mises en garde illustrées, comparativement aux 34 qui disposaient de telles mesures en 2010. En 2001, le Canada a été le premier pays à imposer des mises en garde illustrées, et aussi le premier à exiger que les images occupent la moitié du paquet. À l’époque, ces mesures avaient valu au Canada le premier rang mondial.

« Les mises en garde sur les emballages constituent un outil extrêmement rentable pour sensibiliser les gens aux effets du tabac sur la santé et réduire l’incidence du tabagisme, affirme M. Cunningham. Une image vaut mille mots. Une illustration frappe l’imaginaire et peut envoyer un message beaucoup plus percutant qu’un simple texte. Nous sommes très heureux des progrès réalisés à l’échelle internationale dans la mise en application de ce type de mises en garde sur les paquets de cigarettes, tout comme de l’augmentation de la taille de ces messages dans un grand nombre de pays ».

Voici d’autres éléments particulièrement intéressants dont le rapport fait mention :

  • L’Australie est désormais le pays où les mises en garde sont les plus importantes (en superficie) au monde, soit 82,5 % du paquet en moyenne (75 % à l’avant, 90 % à l’arrière), et détrône ainsi l’Uruguay, ancien détenteur du titre. L’Australie a également instauré l’emballage neutre, interdisant l’utilisation des couleurs, logos et éléments graphiques des compagnies de tabac sur la partie de l’emballage servant à l’identification de la marque.
  • On recense 47 pays et territoires où les mises en garde occupent au moins 50 % de l’ avant et de l’arrière des paquets de cigarettes, alors qu’il y en avait 32 en 2010 et 24 en 2008.
  • Dans 18 pays et territoires, les mises en garde occupent plus de 50 % de l’ avant et de l’arrière des paquets de cigarettes. Les pays qui se classent aux 10 premiers rangs pour la taille des mises en garde à l’avant et à l’arrière des paquets sont les suivants :

82,5 % Australie (75 % à l’avant, 90 % à l’arrière)

80 % Uruguay (80 %, 80 %)

80 % Sri Lanka (80 %, 80 %)

75 % Canada (75 %, 75 %)

75 % Brunei (75 %, 75 %)

65 % Maurice (60 %, 70 %)

65 % Mexique (30 %, 100 %)

60 % Équateur (60 %, 60 %)

60 % Nouvelle-Zélande (30 %, 90 %)

60 % Îles Cook (30 %, 90 %)

Le but de la CCLAT – le traité international sur le tabac – est de faire échec à l’épidémie mondiale de tabagisme. Les pays signataires de la CCLAT conviennent de mettre en place des politiques de santé visant à réduire l’usage du tabac, notamment par l’inscription de mises en garde sur les paquets de cigarettes, l’interdiction de la publicité sur les produits du tabac et la création de milieux de travail et de lieux publics intérieurs sans fumée.

Rapport des mises en garde en anglais

Rapport des mises en garde en français

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340