Un plan thérapeutique améliore le taux de survie pour les patients atteints d’un lymphome hodgkinien

16 décembre 2011

Toronto -

On a découvert, lors d'un essai clinique mené au Canada, que les patients atteints d'un lymphome hodgkinien de stade limité affichaient un taux de survie globale supérieur lorsqu'ils étaient soumis à une chimiothérapie plutôt qu'à une radiothérapie étendue. Ces résultats ont été présentés à l'occasion du congrès annuel de l'American Society of Hematology et publiés en ligne dans The New England Journal of Medicine.

À l'heure actuelle, on traite le lymphome hodgkinien de stade limité en associant radiothérapie et chimiothérapie. Bien qu'efficace pour tenir la maladie en respect, cette association médicamenteuse peut avoir des effets indésirables à long terme, notamment sur le cœur, sans compter que la radiothérapie peut provoquer d'autres cancers.

L'équipe de chercheurs a recruté 405 patients atteints de lymphome hodgkinien de stade limité (stade IA ou IIA). Après avoir été divisés selon leur profil de risque (favorable ou défavorable), les sujets ont été répartis de manière aléatoire en deux groupes : l'un a reçu la chimiothérapie ABVD et l'autre, une radiothérapie (avec ou sans chimiothérapie). L'essai a débuté en 1994, et on vient de procéder à l'analyse finale des données.

Après 12 ans, le taux de survie globale atteignait 94 % chez les patients soumis à la chimiothérapie et 87 % chez ceux qui avaient également reçu une radiothérapie. Et pourtant, le groupe sous radiothérapie avait initialement obtenu de meilleurs résultats au chapitre de l'absence de progression, c'est-à-dire de la maîtrise d’un lymphome hodgkinien au moyen du traitement de première intention, que le groupe sous chimiothérapie seule. Ce pourcentage plus élevé de survie globale chez les patients ayant reçu une chimiothérapie seule s'explique par des décès moins nombreux de causes autres que lymphome hodgkinien. Tout en reconnaissant que les protocoles actuels prévoient une radiothérapie moins étendue que celle qui a été étudiée dans le présent essai, les chercheurs concluent que ces résultats vont orienter la pratique.

« Ce sont là des questions importantes auxquelles seuls les essais cliniques peuvent répondre. Dans le cas présent, l'essai a permis de découvrir un traitement plus efficace du lymphome hodgkinien de stade limité qui, au surplus, aide à préserver la qualité de vie du patient. La Société canadienne du cancer n'est pas peu fière de soutenir ce type d'étude », affirme le Dr Michael Wosnick, vice président à la recherche de la Société canadienne du cancer et directeur scientifique de l’Institut de recherche de la Société canadienne du cancer.

Conclusion des chercheurs : cette étude montre que la chimiothérapie sans radiothérapie peut constituer une solution avantageuse dans le cas d’un lymphome hodgkinien de stade limité. Les observations faites lors de cette étude aideront médecins et patients à prendre des décisions de traitement plus éclairées en soupesant mieux les bienfaits et les risques.

Selon les Statistiques canadiennes sur le cancer, en 2011, quelque 920 Canadiens recevront un diagnostic de lymphome hodgkinien et 130 en mourront des suites de celui-ci. Le lymphome hodgkinien est une forme de cancer qui frappe un nombre disproportionné de jeunes gens. Ainsi, dans la population du présent essai, l'âge médian au moment du diagnostic était de 35 ans.

L'étude a été menée par le Groupe des essais cliniques de l'Institut national du cancer du Canada (GEC de l'INCC), financé par la Société canadienne du cancer. Le GEC de l'INCC mène, parfois en collaboration, des essais de phase I à III sur des traitements anticancéreux et des interventions de soutien à l'échelle du Canada ainsi qu'à l'étranger. Son centre névralgique se trouve à la Queen's University, Kingston, Ontario.

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340