Les défenseurs des patients souhaitent que la priorité soit accordée à l'accès abordable aux médicaments anticancéreux dans les prochaines négociations de l'accord sur les soins de santé

20 octobre 2011

Toronto -

Après des années d'inaction du gouvernement fédéral sur la question de l'accès aux médicaments anticancéreux dispendieux, la Société canadienne du cancer et le Réseau canadien de lutte contre le cancer se joindront, le 20 octobre, à d'autres ONG et associations, afin d'exhorter tous les gouvernements à prendre des mesures concernant cet enjeu crucial pour le bien des patients canadiens et de leur famille.

L'accord sur les soins de santé de 2004 promettait la création d'un régime national de couverture des médicaments onéreux pour que les patients canadiens et leur famille bénéficient des soins dont ils ont besoin, quels que soient leur lieu de résidence et leurs revenus. Cette importante initiative est restée lettre morte depuis des années et les gouvernements fédéraux, l'un après l'autre, ont laissé tomber les Canadiens.

« Il n'est pas acceptable que des patients atteints de cancer aient à se demander comment ils vont faire pour payer les médicaments dont ils ont besoin », explique Dan Demers, directeur, Questions d'intérêt public, Société canadienne du cancer. « Au Canada, les soins de santé sont fondés sur le principe de l'universalité. En ne traitant pas ce problème, comme le promettait l'accord sur les soins de santé de 2004, le gouvernement fédéral met en danger le principe même de l'universalité de ce droit. »

Puisque les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux vont se réunir dans les mois qui viennent pour entamer les discussions à propos du prochain accord sur les soins de santé, cette question devient d'une importance cruciale, disent les défenseurs des patients.

« Le processus menant à l'accord sur les soins de santé ne peut pas simplement se résumer à des discussions entre les gouvernements. Ils doivent s'efforcer d'améliorer la vie des Canadiens, et les patients doivent avoir voix au chapitre », explique Marjorie Morrison, directrice générale du Réseau canadien de lutte contre le cancer.

Afin de faire avancer cette cause auprès du gouvernement dans les prochains mois, un réseau de défenseurs des patients, d'ONG et d'entreprises se réunira demain à Ottawa pour élaborer une déclaration de principe et créer des groupes de travail. L'objectif est de préparer des recommandations détaillées en vue d'élaborer une politique et de les proposer aux gouvernements au début de 2012. Cette initiative repose sur trois sujets de préoccupation majeurs :

  • Les familles canadiennes ont besoin que des mesures soient prises - 85 % des Canadiens auraient de la difficulté à payer des médicaments anticancéreux qui sont absolument nécessaires s'ils recevaient un diagnostic de cancer demain. Ce serait 7,5 millions de familles qui pourraient avoir du mal à joindre les deux bouts afin d'acheter les médicaments dont les patients ont besoin.
  • Nous ne pouvons pas nous permettre d'échouer - Si les Canadiens ne peuvent pas payer les médicaments qu'il leur faut, leur état de santé s'aggrave et ils ont alors besoin de soins hospitaliers coûteux. Si les médicaments sont abordables, les Canadiens peuvent travailler et contribuer à notre économie. Environ 19 % des Canadiens atteints d'affections chroniques ne prennent pas leurs médicaments en raison de leur coût, et 22 % les prennent à des doses plus faibles que celles prescrites. Les patients qui prennent leurs médicaments en respectant l'ordonnance de leur médecin stimulent la production économique du Canada et contribuent à notre économie*2
  • Des soins de santé qui varient selon le code postal, ce n'est pas acceptable - Les Canadiens s'attendent à ce que leur réseau de soins de santé les soutienne quel que soit leur lieu de résidence. Pourtant, des disparités subsistent entre les provinces et entre les assureurs publics et privés. Cela mène à des situations où le patient d'une province doit payer de sa poche un médicament pour lequel un patient d'une autre province n'aura pas à le faire. En outre, les mêmes médicaments ne sont pas disponibles dans toutes les provinces. D'après un sondage mené par la Société canadienne du cancer en 2010, plus de 81 % des Canadiens seraient favorables à ce que le gouvernement fédéral intervienne, au moyen de programmes financés au niveau fédéral, pour réduire ou supprimer les différences entre provinces en matière de disponibilité et de coût des médicaments anticancéreux.

Près des trois quarts, des nouveaux médicaments anticancéreux pris à domicile coûtent plus de 20 000 $. Le coût moyen d'un seul traitement avec les nouveaux médicaments anticancéreux se chiffre à 65 000 $, un montant presque aussi élevé que le revenu annuel moyen des Canadiens.

« De toute évidence, les Canadiens sont très en faveur d'un programme national qui les aiderait à payer leurs médicaments », souligne M. Demers. « Les négociations à venir à propos de l'accord sur les soins de santé offrent une occasion unique au gouvernement de traiter enfin ce problème d'une façon efficace et d'aider ainsi les nombreux Canadiens aux prises avec un cancer. »

Le Symposium

Le symposium, intitulé, PARTAGE DE LA RESPONSABILITÉ DU FINANCEMENT DES MÉDICAMENTS ONCOLOGIQUES : Proposition d'un nouveau modèle de couverture, est organisé en partenariat entre la Société canadienne du cancer, le Réseau canadien de lutte contre le cancer et le Forum des politiques publiques. Il se situe dans le prolongement d'événements précédents qui ont réuni des représentants de tous les secteurs désireux d'avoir une compréhension commune des problèmes, tout en élaborant des stratégies et des solutions spécifiques pour combler les principales lacunes dans l'accès aux médicaments anticancéreux. Les déléguées comprennent des représentants de gouvernements, de compagnie d'assurance et de sociétés pharmaceutiques, de groupes de bénévoles et d'associations de médecins de personnel infirmier.

Réseau canadien de lutte contre le cancer (RCLC)
Le Réseau canadien de lutte contre le cancer (RCLC) est un organisme constitué en personne morale, axé sur l'action bénévole ayant pour but de veiller à ce que les intérêts des patients demeurent la grande priorité du programme canadien de lutte contre le cancer. Le RCLC a été créé pour que le point de vue des patients soit constamment une partie intégrante d'une stratégie nationale de lutte contre le cancer. Pour en savoir plus sur le RCLC, consultez son site Web à www.ccanceraction.ca, ou communiquez avec Marjorie Morrison, directrice générale. mmorrison@canceraction.ca

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340