Un essai portant sur la modification de la pratique clinique démontre qu'une radiothérapie additionnelle réduit le risque de récidive du cancer du sein

06 juin 2011

Toronto -

Selon un essai clinique mené par une équipe canadienne, une radiothérapie additionnelle améliore le taux de survie sans récidive chez les femmes atteintes d'un cancer du sein au stade précoce et réduit le risque de récidive du cancer. Ce résultat pourrait éventuellement modifier le traitement standard réservé à ce groupe de patientes. L'essai a été mené par le Groupe des essais cliniques (GEC) de l'Institut national du cancer du Canada (INCC).

L'essai a été réalisé auprès de plus de 1800 femmes ayant subi une chirurgie mammaire conservatrice (lumpectomie), suivie d'une chimiothérapie adjuvante ou d'une endocrinothérapie. Dans le cadre de l'essai, les patientes ont été traitées soit par une radiothérapie complète du sein uniquement, soit par une radiothérapie complète du sein et par une radiothérapie additionnelle des ganglions lymphatiques avoisinants, appelée irradiation lymphoïde régionale.

Après un suivi de cinq ans, une analyse intermédiaire des données a indiqué que chez les femmes ayant été traitées par une radiothérapie additionnelle, le taux de survie sans récidive s'était amélioré de plus de 30 %. Ces données comprenaient une diminution de 41 % du taux de récidive du cancer du sein et des ganglions lymphatiques et une diminution de 36 % de la récidive du cancer dans d'autres parties du corps.

Les résultats ont été présentés aujourd'hui à l'assemblée annuelle de l'American Society of Clinical Oncology.

« Dans le cas des femmes atteintes d'un cancer du sein avec ganglions positifs et qui présentent un risque de récidive, ces conclusions fournissent une nouvelle option thérapeutique intéressante, a affirmé Dre Christine Williams, directrice de la recherche à la Société canadienne du cancer. Nous croyons que cette recherche va modifier la pratique clinique et que davantage de femmes traitées pour un cancer y survivront et pourront profiter pleinement de la vie par la suite. »

Le traitement actuel pour les femmes atteintes d'un cancer du sein avec ganglions positifs consiste en une chirurgie mammaire conservatrice avec ablation des ganglions lymphatiques, suivie d'une irradiation du sein. Si le cancer d'une femme est considéré comme à risque élevé, notamment une tumeur de plus de 5 cm de diamètre ou plus de trois ganglions lymphatiques axillaires positifs (dans la région de l'aisselle), il sera souvent traité par irradiation lymphoïde régionale. Toutefois, jusqu'à présent, les bienfaits de l'ajout de ce type de traitement chez les femmes présentant de un à trois ganglions positifs n'ont pas été établis.

Cet essai fait partie de l'un des trois essais menés par le GEC de l'INCC et financés par la Société canadienne du cancer qui, cette année, a été reconnu « Le Meilleur de l'ASCO » (Best of ASCO). Les deux autres études comprennent un essai marquant sur la prévention du cancer du sein et un sur un moyen plus efficace de traiter le cancer de la prostate. Les études reconnues parmi « Le Meilleur de l'ASCO » (Best of ASCO) ont le potentiel de modifier la pratique clinique à l'échelle mondiale.

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les Canadiennes (à l'exception du cancer de la peau exluant le mélanome). En 2011, on estime que 23 400 femmes recevront un diagnostic de cancer du sein et que 5100 mourront des suites de la maladie

Le Groupe des essais cliniques de l'INCC, programme de recherche national de la Société canadienne du cancer, bénéficie d'un financement programmatique, notamment pour cet essai, de l'Institut de recherche de la Société canadienne du cancer. Un soutien additionnel pour l'essai a été fourni par le Cancer Therapy Evaluation Program (CTEP) de l’US National Cancer Institute et par l'Alliance canadienne pour la recherche sur le cancer du sein.

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340