Le cancer de l’ovaire continue de coûter la vie à de nombreuses Canadiennes

19 septembre 2011

Toronto -

Catterina McDonald était âgée de 40 ans lorsqu’elle a découvert qu’elle attendait son premier enfant, une nouvelle qui l’a ravie, car en 17 ans de mariage, elle avait été incapable de tomber enceinte. Après une grossesse sans incident, elle a donné naissance, par césarienne, à une petite fille en santé.

Six semaines plus tard, lors de sa visite post-natale chez son médecin de Saskatoon, celui-ci a dit être inquiet de la taille anormalement grosse de son utérus. Elle a donc passé une échographie dès le lendemain et celle-ci a démontré une énorme masse de 19,8 centimètres (8 pouces) de diamètre dans son abdomen, soit la grosseur d’un ballon de soccer.

Une intervention chirurgicale pour retirer la masse a eu lieu quelques jours plus tard, puis, au bout de quelques semaines, le diagnostic est tombé : une forme agressive de cancer de l’ovaire, un adénocarcinome mucineux.

Bien que le diagnostic de Catterina ait été un choc, il n’est pas rare que les symptômes du cancer de l’ovaire passent inaperçus. En fait, à un stade précoce, le cancer de l’ovaire ne présente aucun symptôme évident et il n’existe pas de test de dépistage ou d’outil fiables pour le détecter tôt.

« Ce jour-là, je me souviens être rentrée à la maison et avoir dit à ma belle-sœur, qui s’occupait de mon bébé, que j’avais le cancer de l’ovaire. C’était comme si je ne pouvais plus bouger et que je ne pouvais croire ce que je disais. »

Lorsqu’il est détecté tôt, le cancer de l’ovaire peut être traité avec succès, mais dans 75 % des cas, il est diagnostiqué à un stade avancé. Malgré les progrès des techniques chirurgicales et de la chimiothérapie, le taux de survie sur cinq ans des patients avec un cancer de l’ovaire à un stade avancé n’est que de 15 à 25 %.

« La décision la plus difficile à prendre de ma vie a été le choix entre subir une hystérectomie abdominale radicale et jouer à la roulette russe en présumant que le cancer avait été totalement enlevé lors de la première chirurgie, a-t-elle déclaré. Je désirais avoir d’autres enfants plus que tout au monde, mais je voulais également voir ma fille grandir. »

Catterina a choisi l’hystérectomie radicale et cette fois, les nouvelles ont été excellentes : le cancer a été détecté à temps. « Nous attendions le rapport de pathologie, ne sachant pas si de la chimiothérapie ou d’autres traitements suivraient, mais nous avons appris que le cancer ne s’était pas propagé au-delà de mon ovaire. »

Sept ans plus tard, Catterina est toujours en rémission, mais cette expérience a changé sa vie. « J’ai pris beaucoup de temps à faire face au traumatisme que j’avais vécu. J’avais besoin de parler à quelqu’un. J’ai alors téléphoné au programme de soutien psychosocial Cancer J‘écoute/CancerConnectionde la Société canadienne du cancer. J’ai été jumelée à une bénévole qualifiée qui avait reçu sensiblement le même diagnostic que moi et vécu une expérience similaire à la mienne. Elle m’a été d’un grand soutien. »

La fille de Catterina est maintenant âgée de sept ans. « Je profite de ma vie de maman et je célèbre la beauté de chaque journée », déclare Catterina.

Le mois de septembre est le Mois de la sensibilisation au cancer de l’ovaire

« Chaque année, le cancer de l’ovaire touche des centaines de Canadiennes et leurs familles, déclare Heather Chappel, directrice des politiques de lutte contre le cancer. Continuer à faire de la recherche et de la sensibilisation contribuera de façon majeure à la découverte de meilleures façons de détecter et de traiter cette maladie dévastatrice. »

À propos du cancer de l’ovaire

Il existe de nombreux types de cancer de l’ovaire. Alors que chaque cas est différent, le cancer de l’ovaire, à un stade précoce, présente peu de symptômes évidents. Il est souvent surnommé « la maladie qui chuchote ». Lorsque les symptômes apparaissent, ils sont souvent vagues et peuvent être confondus avec des problèmes plus courants. Les symptômes peuvent inclure :

  • inconfort, pression, douleur ou enflure au niveau de l’abdomen;
  • selles inhabituelles;
  • sensation de satiété après un repas léger;
  • indigestion ou flatulence.

Souvent, ces symptômes ne sont pas causés par le cancer, mais par d’autres problèmes de santé. Si ces symptômes deviennent plus intenses ou plus sévères, ou s’ils durent plus de deux ou trois semaines, ne les ignorez pas et consultez votre médecin sans tarder. Apprenez à connaître votre corps.

Le dépistage et la détection précoce

Il n’existe actuellement pas de test de dépistage ou d’outil de détection précoce fiables du cancer de l’ovaire.

Les statistiques du cancer de l’ovaire

On estime qu’environ 2600 Canadiennes apprendront qu’elles sont atteintes d’un cancer de l’ovaire cette année, et que 1750 en mourront. S’il est détecté tôt, le cancer de l’ovaire peut être traité avec succès, mais dans 75 % des cas, il est diagnostiqué à un stade avancé. Malgré les progrès des techniques chirurgicales et de la chimiothérapie, le taux de survie relative à cinq ans des patientes avec un cancer de l’ovaire à un stade avancé n’est que de 15 à 25 %.

Les facteurs de risque

Le cancer de l’ovaire n’est pas attribuable à une cause unique, mais certains facteurs semblent accroître le risque qu’une femme en soit atteinte :

  • l’âge – en particulier après 50 ans;
  • des antécédents personnels de cancer;
  • des antécédents familiaux de cancer de l’ovaire, du sein, du côlon, de l’utérus ou du pancréas;
  • l’absence de grossesse;
  • l’hormonothérapie substitutive (surtout à base d’œstrogènes seulement) durant une longue période;
  • l’exposition à l’amiante.

D’autres facteurs de risque possibles sont également à l’étude. Le cancer de l’ovaire peut parfois se développer en l’absence de tous ces facteurs de risque. La plupart des femmes touchées n’ont pas d’antécédents familiaux de la maladie. Par ailleurs, de nombreuses femmes présentant des facteurs de risque n’auront pas un cancer de l’ovaire.

Ce que la Société canadienne du cancer fait

La recherche

La Société canadienne du cancer verse près d’un million de dollars pour soutenir la recherche sur le cancer de l’ovaire afin de mieux le prévenir, le détecter et le traiter, notamment grâce à :

  • une étude de prévention pour examiner le rôle possible de la vitamine D, des anti-inflammatoires et de la poudre de talc dans le développement du cancer de l’ovaire;
  • une étude axée sur la façon dont un groupe de protéines appelées « protéines morphogénétiques osseuses », produites par les cellules ovariennes cancéreuses, alimentent la croissance du cancer de l’ovaire. Comprendre les changements de la molécule initiale responsable de la transformation des cellules normales de l’ovaire en cellules cancéreuses aidera à l’élaboration de nouvelles stratégies dans la prévention et la détection précoce du cancer de l’ovaire;
  • une étude pour découvrir comment les cancers de l’ovaire commencent, leur progression, les hormones qui influent sur leur taux de croissance et les nouveaux traitements qui réduisent la taille des tumeurs.

Le soutien

Si vous avez reçu un diagnostic de cancer de l’ovaire, vous avez probablement de nombreuses questions et inquiétudes. Nous offrons toute une gamme de services de soutien et d’information aux personnes touchées par le cancer, à leurs proches aidants, à leur famille et à leurs amis. Pour en apprendre davantage, communiquez avec notre Service d’information sur le cancer, un service gratuit et bilingue, au 1 888 939‑3333, du lundi au vendredi, de 9 h à 18 h.

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340