Une nouvelle subvention de recherche de la Société canadienne du cancer visera à trouver des moyens d'améliorer le traitement du neuroblastome, l'une des causes les plus fréquentes de décès par cancer chez les enfants

27 avril 2011

Toronto -

Une nouvelle étude financée par la Société canadienne du cancer portera sur le puzzle génétique d'un type de cancer s'attaquant au système nerveux des jeunes enfants et visera à trouver de nouveaux traitements potentiels pour cette maladie. Cette étude figure parmi les 52 nouveaux projets de recherche annoncés aujourd'hui par la Société et totalisant plus de 21,8 millions de dollars. Ces projets couvrent un vaste éventail de recherches sur le cancer, allant de la réduction des risques aux études génétiques en passant par la mise au point de médicaments et les soins palliatifs.

« Grâce à ces nouveaux projets, la Société canadienne du cancer continue de soutenir le milieu dynamique de la recherche qui vise à découvrir des moyens de réduire les risques de cancer, de diminuer la mortalité liée au cancer et d'améliorer la qualité de vie des personnes qui en sont atteintes », a déclaré Dre Christine Williams, directrice de la recherche de l’Institut de recherche de la Société canadienne du cancer. « Nous faisons cette annonce à l'occasion de notre premier Jour de la jonquille national pour souligner l'importance de la recherche dans la lutte contre le cancer afin de rappeler à notre mémoire les personnes qui luttent actuellement contre cette maladie. Nous encourageons les Canadiens à se joindre à nous en portant notre nouvelle épinglette jonquille. »

Rassembler les pièces du puzzle du neuroblastome
Dre Meredith Irwin, chercheuse et clinicienne à l’Hospital for Sick Children (SickKids), est à la tête de l'étude sur le neuroblastome financée par une subvention de 430 302 $. Ce cancer du système nerveux entraîne la formation de tumeurs au niveau de la moelle épinière, du thorax, de la poitrine et des glandes surrénales, et constitue la forme de cancer la plus courante chez les enfants ainsi que la cause la plus fréquente de décès par cancer chez les enfants.

Grâce à son double rôle de scientifique en laboratoire et de médecin prenant soin de ces jeunes patients et de leur famille, Dre Irwin se place dans une perspective unique.

« J'ai le sentiment de combattre la maladie de deux façons : j'aide les familles durant des périodes particulièrement éprouvantes de leur vie en leur fournissant traitement et soutien, et j'essaie d'améliorer les connaissances sur le neuroblastome et sur son traitement », a souligné Dre Irwin.

Son intérêt pour cette maladie s'explique également par sa propre lutte contre un cancer. « Mon expérience personnelle motive mon désir de répondre à ces questions biologiques fondamentales — comprendre les causes de la formation des cellules cancéreuses — pour que nous ayons une meilleure connaissance des cancers dont nos patients sont atteints et du type de traitement dont ils ont besoin. »

Dre Irwin et son équipe de recherche utiliseront deux approches pour mieux comprendre et potentiellement traiter le neuroblastome :

  • Ils étudieront les différents gènes et protéines impliqués dans la destruction des cellules neuroblastiques et essaieront de déterminer la façon d'induire la mort cellulaire.
  • Ils étudieront également les cellules neuroblastiques qui se sont propagées dans la moelle épinière et essaieront de comprendre ce qui les distingue des autres cellules neuroblastiques tumorales qui se sont étendues à d'autres régions de l'organisme. Grâce à ces renseignements, les chercheurs mettront à l'essai des médicaments actuellement utilisés pour traiter d'autres maladies afin de voir s'ils détruisent spécifiquement les cellules neuroblastiques situées dans la moelle épinière, site où les cellules cancéreuses se propagent le plus fréquemment.

« En définitive, à titre de scientifique-clinicienne je veux pouvoir avoir une conversation différente avec les enfants et leurs parents au sujet du diagnostic de neuroblastome. Si les résultats de notre recherche me permettent de dire à certains patients que nous pouvons vaincre la maladie si elle revient, ce sera la plus belle réussite de ma carrière. »

Pour obtenir une liste complète des nouvelles subventions de recherche accordées par la Société canadienne du cancer, consultez le site à l'adresse cancer.ca/Research.

Le récit d'une combattante : Leanne Waddell

Leanne Waddell n'avait que 10 mois quand elle a reçu un diagnostic de neuroblastome.

Aujourd'hui, plus de 30 ans après, Leanne sait la chance qu'elle a d'avoir survécu et d'être en mesure d'aider les autres à traverser l'épreuve du cancer.

« La lutte contre le cancer est une cause à laquelle je me suis toujours dévouée, j'y ai toujours attaché beaucoup d'importance », déclare Mme Waddell.

C'est la gardienne de Leanne qui a remarqué, un soir, que la petite avait de la difficulté à respirer lorsqu'elle était allongée, mais qu'elle respirait normalement une fois assise. Lorsque les parents de Leanne l'ont emmenée d'urgence à l'hôpital, les médecins ont trouvé une tumeur massive, environ de la taille d'un poing, autour de sa petite moelle épinière.

L'intervention chirurgicale suivie d'une radiothérapie a permis de guérir Leanne, mais les médecins avaient prévenu ses parents qu'elle ne pourrait jamais marcher en raison des lésions causées à sa colonne vertébrale. Néanmoins, Leanne leur a prouvé le contraire.

C'est ainsi qu'a commencé sa lutte personnelle contre le cancer. Elle a commencé à faire du bénévolat auprès de la Société lorsqu'elle était enfant en vendant des jonquilles avec sa mère, et continue son action bénévole maintenant qu'elle est adulte. Il y a seulement deux mois, elle est devenue gestionnaire de l'un des bureaux de la Société. Elle consacre également du temps aux patients atteints de neuroblastome et à leur famille, témoignant des nombreuses répercussions que cette maladie peut avoir sur les enfants.

Selon elle, les projets semblables à ceux de Dre Meredith Orwin sont essentiels pour faire progresser nos connaissances sur le neuroblastome. « Nous savons qu'il s'agit d'une maladie potentiellement mortelle et que les rechutes sont particulièrement dévastatrices. Il est donc important que nous la détections et la traitions de façon précoce pour essayer de prévenir les rechutes. »

L'efficacité des traitements du neuroblastome peut également varier. Les patients ne répondent pas tous aux traitements actuels, ce qui explique pourquoi la recherche est nécessaire. « La recherche est l'unique moyen de parvenir à découvrir de meilleurs traitements visant à aider davantage d'enfants. »

« Mon expérience est une source de motivation. Je m'efforce constamment de faire avancer la lutte contre cette maladie, en particulier en recueillant des fonds pour la recherche. Le moindre petit pas vers l’avant constitue un progrès. »

Faits saillants d'autres nouveaux projets de recherche de la Société canadienne du cancer
Les objectifs à long terme de la Société sont de déjouer, de dominer et de défier le cancer, et la recherche joue un rôle vital dans l'atteinte de ces objectifs. Les renseignements qui suivent ne sont que quelques exemples des nouveaux projets de recherche que nous finançons et qui contribueront à aider les Canadiens à lutter contre le cancer, et ce, tout au long de leur parcours.

Déjouer le cancer

  • Dre Angela Cheung, Toronto, 632 192 $ — La Dre Cheung étudie les effets à long terme de l’exémestane sur les os dans le cadre d'un essai clinique à grande échelle visant à évaluer l'efficacité du médicament dans la prévention du cancer du sein chez les femmes ménopausées particulièrement exposées à ce type de cancer. L'exémestane appartient à une classe de médicaments pouvant avoir un effet néfaste sur les os et cet essai fournira des renseignements cruciaux sur l'innocuité à long terme du médicament ainsi que sur les risques et les bienfaits qui lui sont associés chez ce groupe de femmes.
  • Dre Shelley Harris, Toronto, 846 000 $ —Les ignifugeants bromés constituent un groupe émergent de produits polluants de plus en plus présent dans l'environnement. À partir d'échantillons de sang et d'urine prélevés chez des femmes âgées de 18 à 44 ans, certaines atteintes de cancer et d'autres non, Dre Harris examinera si l'exposition prolongée à un type d'ignifugeant bromé, en particulier les éthers diphényliques polybromés (EDP), est associée à des risques élevés de cancer du sein.

Dominer le cancer

  • Dr Raymond Andersen, Vancouver, 420 527 $ — La plupart des médicaments les plus efficaces contre le cancer proviennent de la nature. L'étude du Dr Andersen se penche sur les océans comme source de production naturelle de substances anticancéreuses.Le but de ce projet consiste à découvrir des composés organiques qui sont présents dans les invertébrés et les micro-organismes marins afin de mettre au point de nouveaux traitements contre le cancer de la prostate au stade avancé.
  • Dr John Dick, Toronto, 432 000 $ — Le laboratoire du Dr Dick a été le premier à découvrir les cellules souches leucémiques. Il travaille maintenant à l'identification des gènes et d'autres éléments moléculaires qui déterminent comment les cellules sanguines sont programmées dans les cellules souches leucémiques. Au moyen d'essais à grande échelle sur des échantillons de sang humain, l'équipe de recherche induira la leucémie en manipulant le gène MLL et définira les effets biologiques menant au développement des cellules souches leucémiques et de la leucémie.
  • Dr Aaron Marshall, Winnipeg, 418 977 $ — L'équipe du Dr Marshall se concentre sur la compréhension des processus moléculaires qui mènent à de moins bons résultats pour les patients en permettant aux cellules leucémiques de migrer de la circulation sanguine pour se propager dans la moelle osseuse et les ganglions. Dans le cadre de cette étude, les chercheurs se concentreront sur les composants de la voie moléculaire appelés PI3K qui aident les cellules leucémiques à « faire équipe » avec d'autres cellules pour proliférer et se répandre, afin de déterminer quels patients pourraient bénéficier le plus de la chimiothérapie qui cible ce processus.
  • Dre Hanne Ostergaard, Edmonton, 432 000 $ — Certains médicaments contre le cancer qui font actuellement l'objet d'essais cliniques bloquent le fonctionnement d'une protéine appelée PYK2 qui aide les cellules cancéreuses à migrer, mais Dre Ostergaard et son équipe croient que cette protéine aide aussi les cellules tueuses naturelles de l'organisme à combattre le cancer.Cette étude fera progresser les connaissances de la protéine PYK2 et d'une autre protéine appelée paxilline dans le but de déterminer la façon d'empêcher les cellules cancéreuses de produire des métastases et de stimuler la fonction des cellules tueuses.

Défier le cancer

  • Dre Maru Barrera, Toronto, 566 969 $ — Après avoir surmonté un cancer du cerveau dans leur enfance, de jeunes survivants sont confrontés au défi supplémentaire posé par la diminution de leurs aptitudes sociales causée par des lésions cérébrales.Dre Barrera et son équipe évalueront l'incidence d'un nouveau programme qui contribuera à remédier aux déficits d'aptitudes sociales — programme qui pourra améliorer les capacités de ces jeunes à gérer leurs relations en milieu familial et en milieu scolaire.
  • Dr Ari-Nareg Meguerditchian, Montréal, 124 639 $ - La prise quotidienne d'une pilule anti-œstrogène a sensiblement amélioré les taux de survie au cancer du sein, mais de nombreuses patientes ont interrompu le traitement prématurément, en particulier des femmes de 65 ans et plus.L'étude du Dr Meguerditchian utilisera les bases de données de l'assurance médicaments du Québec pour déterminer le nombre de femmes de ce groupe d'âge qui ont pris la pilule anti-œstrogène de 1998 à 2005 et prédire le nombre de patientes les plus susceptibles d'interrompre leur traitement avant la fin du régime thérapeutique d'une durée de cinq ans afin de mieux soutenir ce groupe de patientes.

Renseignements :

Christine Harminc

Senior Manager, Communications & Media Relations

Société canadienne du cancer, Bureau national

Téléphone : 416 934-5340